Selon Euronews FR, l’Ouzbékistan mise sur ses 31 zones économiques spéciales pour booster sa production industrielle et attirer les capitaux étrangers. Avec une croissance de 42,7 % de la production industrielle dans ces zones sur les neuf premiers mois de 2025, le pays se positionne comme un hub logistique et manufacturier clé entre l’Europe, l’Asie et le Moyen-Orient.
Ce qu'il faut retenir
- La production industrielle dans les zones économiques spéciales a atteint 3,12 milliards d’euros entre janvier et septembre 2025, soit une hausse de 42,7 % en glissement annuel.
- Les investissements directs étrangers progressent de 20 à 25 % par an, portés par des projets logistiques et industriels d’envergure.
- La zone de Navoi concentre à elle seule 90 projets pour une valeur totale de 2,2 milliards d’euros, employant plus de 8 000 personnes.
- À Tachkent, 71 entreprises étrangères sont déjà implantées, principalement chinoises et russes, avec 112 nouveaux projets en cours.
- Le centre commercial international de Termez, ouvert en août 2024, accueille 255 entrepreneurs, dont une majorité afghane, et génère 1 300 emplois.
Un réseau de zones économiques en pleine expansion
Depuis plusieurs années, l’Ouzbékistan a fait des zones économiques spéciales un levier stratégique pour moderniser son économie et attirer les investisseurs internationaux. Selon les dernières données officielles, 31 zones économiques franches sont aujourd’hui opérationnelles dans le pays, auxquelles s’ajoutent des centaines de sites industriels et technoparcs de plus petite taille. Leur objectif ? Transformer le pays en un carrefour industriel et logistique entre trois continents.
La production industrielle dans ces zones a atteint 3,12 milliards d’euros entre janvier et septembre 2025, marquant une progression de 42,7 % par rapport à la même période en 2024. Cette performance s’accompagne d’une hausse des investissements directs étrangers, estimés en progression annuelle de 20 à 25 %, selon les chiffres communiqués par le ministère des Investissements, de l’Industrie et du Commerce.
Des infrastructures adaptées à la demande des industriels
Les autorités ouzbèkes ont identifié plusieurs axes prioritaires pour répondre aux attentes des investisseurs. Sahib Saifnazarov, directeur du département des zones économiques franches au ministère, souligne que la demande porte désormais autant sur les infrastructures classiques que sur les énergies vertes. « L’attention ne porte plus seulement sur les infrastructures, mais aussi sur les énergies renouvelables », déclare-t-il. « Un autre axe important consiste à faire participer des entreprises étrangères expérimentées à la gestion de ces zones ».
Cette stratégie s’appuie sur un double objectif : renforcer l’attractivité du pays et diversifier les secteurs d’activité. Les zones économiques spéciales se spécialisent ainsi dans la logistique, la production destinée à l’exportation et le commerce régional, trois domaines où la demande internationale reste soutenue.
Navoi, un pôle industriel et logistique en pleine mutation
Parmi les zones les plus dynamiques du pays, Navoi s’impose comme un modèle de développement intégré. Selon Ma’murjon Murodullayev, directeur adjoint de l’administration de la zone, 90 projets y sont aujourd’hui implantés, représentant un investissement total de 2,2 milliards d’euros. Parmi eux, 73 projets sont déjà opérationnels et emploient plus de 8 000 personnes.
Les perspectives pour les années à venir restent ambitieuses : 18 nouveaux projets sont prévus d’ici 2029, qui devraient générer près de 2 000 emplois supplémentaires. En 2025, la zone a exporté pour 132 millions d’euros de produits vers la CEI, l’Europe et la Chine. Les autorités anticipent une hausse des exportations à plus de 141 millions d’euros en 2026.
Navoi, futur hub de transit eurasiatique
Au-delà de la production industrielle, Navoi ambitionne de devenir un hub multimodal capable de rivaliser avec les grands pôles logistiques d’Asie centrale. Alisher Klichov, directeur de l’aéroport international de Navoi, confirme cette orientation : « Notre objectif stratégique est de créer à Navoi un hub de transit eurasiatique central, capable de rivaliser avec les grands hubs des Émirats arabes unis, du Kazakhstan et du Caucase ».
Pour y parvenir, plusieurs infrastructures sont en cours de développement : un nouveau terminal cargo, des installations dédiées aux envois express et un centre de maintenance et de peinture d’aéronefs, dont la mise en service est prévue d’ici 2029. Ces projets visent à accompagner l’augmentation du trafic de fret et du transit, dans un contexte où les volumes de marchandises entre l’Europe et l’Asie ne cessent de croître.
Tachkent, une destination prisée des investisseurs asiatiques
La région de Tachkent concentre une partie importante de l’activité industrielle étrangère en Ouzbékistan. Selon Eldor Ko’chimov, spécialiste principal de l’administration de la zone, 71 entreprises étrangères y sont déjà installées, avec une forte représentation des investisseurs chinois (31 projets) et russes (14 projets). D’autres partenariats sont en discussion avec des acteurs japonais et sud-coréens.
Depuis la création de la zone en 2012, 119 entreprises ont été mises en service pour un montant total de 1,3 milliard d’euros. Aujourd’hui, 112 projets supplémentaires sont en cours de développement, représentant un investissement d’environ 1,2 milliard de dollars. À terme, ces projets devraient créer plus de 11 000 emplois. La production industrielle de la zone atteint 870 millions d’euros, et ses produits sont exportés vers près de 30 pays.
Parmi les investisseurs en activité figure Showaib Mirzoi, dont l’entreprise développe un important projet de production de boissons à Angren. « Nous prévoyons d’investir environ 112 millions d’euros, et ce montant devrait encore augmenter », explique-t-il. « Nous avons l’intention d’ajouter des lignes PET, des lignes verre, une production de gaz CO₂ et des unités d’emballage plastique ». Mirzoi justifie ce choix par les perspectives de croissance du marché ouzbèk et la stabilité des infrastructures locales.
Termez, une porte d’entrée vers l’Afghanistan et l’Asie du Sud
Plus au sud, près de la frontière afghane, Termez émerge comme un nouveau centre commercial et logistique. Ouvert en août 2024, le centre commercial international accueille aujourd’hui 255 entrepreneurs, dont 129 Afghans, et a déjà généré 1 300 emplois.
Ce site bénéficie d’un emplacement stratégique pour les échanges transfrontaliers. « Notre centre bénéficie d’une localisation très pratique pour transporter des marchandises à travers l’Afghanistan vers d’autres pays », souligne Mirkhamid Mirpolatov, directeur du centre. « L’intérêt des entreprises internationales augmente chaque jour ».
Parmi les entreprises présentes figure Shamsiddin Taganov, un entrepreneur qui exporte des produits de confiserie vers l’Afghanistan. « Nous exportons principalement des bonbons, du chocolat, des biscuits et des produits similaires fabriqués en Ouzbékistan », précise-t-il. « Les centres logistiques nous aident à organiser les livraisons à Kaboul et à Mazar-i-Charif ». Il ajoute que les incitations fiscales et le soutien logistique ont facilité l’accès aux marchés voisins.
Avec une croissance industrielle soutenue et un positionnement géographique avantageux, l’Ouzbékistan confirme son rôle de plateforme incontournable pour les échanges entre l’Europe, l’Asie et le Moyen-Orient. Les prochains mois seront décisifs pour évaluer la capacité du pays à transformer cette attractivité en développement économique durable.
Les secteurs les plus porteurs sont la logistique, la production destinée à l’exportation et le commerce régional. Les entreprises internationales sont particulièrement intéressées par les infrastructures de transport, les projets d’énergies renouvelables et les partenariats avec des gestionnaires expérimentés.
Plusieurs projets d’infrastructures sont prévus d’ici 2029 : un nouveau terminal cargo, des installations pour les envois express et un centre de maintenance et de peinture d’aéronefs. Ces réalisations visent à augmenter les capacités de fret et à positionner Navoi comme un concurrent des hubs majeurs d’Asie centrale.