Les usagers du métro parisien pourront bientôt régler leurs trajets directement par carte bancaire, sans avoir à acheter de titre de transport préalable. Cette innovation, appelée « open payment », sera déployée de manière progressive à partir de juillet 2027 sur les lignes les plus fréquentées par les touristes, comme le rapporte BFM Business. Une avancée qui s’inscrit dans la modernisation des solutions de paiement du réseau francilien, après l’abandon du ticket en carton au profit des pass Navigo Easy et Liberté+.
Ce qu'il faut retenir
- Un surcoût de 0,80 € sera appliqué à chaque trajet en métro, RER ou train, portant le prix d’un billet unitaire à 3,35 € (tarifs 2026) ;
- Les correspondances ne seront pas incluses dans ce mode de paiement ;
- Le déploiement débutera par la ligne 1 en juillet 2027, puis s’étendra aux lignes 4, 14, 15 et 18 d’ici fin 2027 ;
- L’investissement total pour les bornes dédiées atteint 140 millions d’euros, avec une première installation dès juin 2026 à la sortie de l’aéroport d’Orly ;
- Les recettes supplémentaires estimées à 45 millions d’euros par an permettront de financer ce dispositif sans coût supplémentaire pour les contribuables franciliens.
Une solution inspirée des modèles européens pour simplifier l’accès au réseau
Cette nouvelle option de paiement s’adresse principalement aux touristes et aux usagers occasionnels, qui représentent une part significative des déplacements quotidiens en Île-de-France. Selon les chiffres d’Île-de-France Mobilités (IDFM), près de 500 000 touristes empruntent chaque jour le réseau, et 48 % d’entre eux achètent leurs titres aux distributeurs ou aux guichets à leur arrivée. Une étude interne révèle que 37 % des touristes privilégient ces solutions, faute de pouvoir anticiper leur trajet. « La validation par carte bancaire permettra aux usagers occasionnels, tels que les touristes, de voyager en règle sur le réseau Île-de-France Mobilités », souligne l’autorité organisatrice dans un communiqué.
Valérie Pécresse, présidente d’IDFM, a salué cette évolution comme une adaptation aux standards internationaux : « On va rajouter la carte bancaire à nos solutions de paiement parce que c’est devenu le standard dans d’autres capitales. » Cette mesure s’ajoute aux dispositifs existants depuis 2019, prioritairement destinés aux Franciliens, qui représentent 95 % des déplacements quotidiens dans la région.
Un déploiement étalé sur plusieurs années et un budget colossal
Le chantier, d’une ampleur inédite, nécessite l’installation de nouvelles bornes dédiées à travers le réseau. L’investissement s’élève à 140 millions d’euros, un montant justifié par la complexité technique du projet. Le marché public pour ces équipements n’a pas encore été attribué, mais les premières installations sont déjà programmées : dès le 30 juin 2026, les usagers pourront valider leur trajet par carte bancaire à la sortie de l’aéroport d’Orly (ligne 14) ; à partir du 8 juillet 2026, cette option sera également disponible sur le funiculaire de Montmartre.
Le calendrier prévisionnel prévoit ensuite un déploiement par vagues :
- Juillet 2027 pour la ligne 1, l’une des plus touristiques ;
- D’ici fin 2027 pour les lignes 4, 14, 15 et 18 ;
- Fin 2028 pour les lignes 7 et 12 ;
- Une couverture complète du réseau ferré d’ici 2030.
Un tarif majoré pour financer l’innovation sans alourdir la charge des contribuables
Contrairement à certaines capitales européennes où le « open payment » est gratuit, Île-de-France Mobilités a choisi d’appliquer un surcoût de 0,80 € par trajet. « Pour que cela coûte zéro euro aux contribuables franciliens, il faut qu’on trouve 45 millions d’euros de recettes supplémentaires », a expliqué Valérie Pécresse. Ce choix permet de financer l’infrastructure sans recourir à des fonds publics supplémentaires. Pour un trajet vers un aéroport, le prix total atteindra ainsi 14,80 €, soit le tarif actuel majoré du surcoût. Autant dire que les correspondances ne seront pas incluses dans ce système : chaque validation sera comptabilisée comme un trajet individuel.
Cette mesure s’inscrit dans une logique de modernisation du réseau, mais elle suscite des interrogations quant à son impact sur le pouvoir d’achat des usagers occasionnels. Pour les Franciliens équipés d’un abonnement mensuel ou annuel, rien ne change : le « open payment » reste une option complémentaire, réservée aux voyageurs ponctuels.
Valérie Pécresse a d’ores et déjà défendu ce modèle, estimant qu’il s’agit d’une « solution supplémentaire » pour répondre aux besoins des voyageurs occasionnels. « Il s'agit d'une solution supplémentaire, qui s'ajoute à l'ensemble des solutions mises en place par Île-de-France Mobilités depuis 2019, en priorité à destination des Franciliens, qui représentent 95% des déplacements quotidiens », a-t-elle rappelé. Une approche qui, si elle se confirme, pourrait inspirer d’autres régions en France.
Ce surcoût, estimé à 45 millions d’euros par an, permet de financer l’installation des bornes et l’infrastructure nécessaire au « open payment » sans recourir à des fonds publics supplémentaires. Selon Valérie Pécresse, présidente d’IDFM, cette solution évite d’alourdir la charge des contribuables franciliens tout en modernisant le réseau.