Les pêcheurs corses ont paralysé ce mardi les six principaux ports de l’île pour dénoncer l’envolée des prix du carburant, bien plus élevés qu’en métropole. Selon BFM Business, cette mobilisation, menée par le jeune syndicat pour la défense des pêcheurs corses, vise à alerter sur une « spirale mortifère » et à exiger un rééquilibrage tarifaire urgent.
Ce qu'il faut retenir
- Blocage des ports d’Ajaccio, Bastia, Propriano, L’Île-Rousse, Bonifacio et Porto-Vecchio par des dizaines de bateaux de pêche.
- Les pêcheurs dénoncent un écart de 45 à 50 centimes par litre entre les prix en Corse et ceux pratiqués sur le continent.
- Un cargo de Corsica Linea, bloqué dans la baie d’Ajaccio, transportait vivres et passagers entre Marseille et la Corse.
- Le syndicat a menacé de maintenir le blocage « le temps qu’il faudra » si aucun accord n’est trouvé avec le gouvernement.
- Une mobilisation initialement prévue avec l’Occitanie et la PACA a été reportée pour privilégier les négociations.
Une mobilisation massive et coordonnée
Dès l’aube, des dizaines de bateaux de pêche se sont positionnés aux entrées des six ports stratégiques de Corse, empêchant toute navigation. Joseph Sanna, porte-parole du syndicat pour la défense des pêcheurs corses, a justifié cette action par la nécessité d’agir face à une hausse des coûts « insoutenable ». « Notre but est de mettre fin à cette spirale mortifère de cette augmentation du gasoil », a-t-il déclaré à la presse locale.
Parmi les navires immobilisés, un cargo de la compagnie maritime Corsica Linea a été contraint de stopper sa route dans la baie d’Ajaccio. Le bateau, en provenance de Marseille, transportait passagers et marchandises, illustrant l’impact immédiat de ce blocage sur les liaisons maritimes entre l’île et le continent.
Un différentiel de prix jugé « inacceptable »
Le cœur du conflit réside dans l’écart de prix entre le carburant en Corse et celui vendu sur le continent. Les pêcheurs dénoncent une différence de 45 à 50 centimes par litre, un montant qui, selon eux, menace directement leur compétitivité. « Surtout maintenant, on va mettre les pieds dans le plat une fois pour toutes : il faut rétablir la situation entre la Corse et le continent. Les pêcheurs continentaux, eux, sont à 45 voire 50 centimes moins chers que nous », a lancé Joseph Sanna, rappelant que cette mobilisation doit aboutir à un « protocole d’accord » sous peine de voir le mouvement s’étendre.
Cette situation s’inscrit dans un contexte plus large de tensions sur les prix des carburants en France, aggravé par la guerre au Moyen-Orient et les perturbations des chaînes d’approvisionnement. Les professionnels du secteur maritime en Corse pointent du doigt une fiscalité spécifique à l’île, bien que les détails des mécanismes de taxation locaux n’aient pas été précisés dans les échanges publics.
Un mouvement qui s’inscrit dans une dynamique régionale
Initialement, les pêcheurs méditerranéens – incluant ceux de Corse, d’Occitanie et de PACA – avaient envisagé une mobilisation conjointe début avril. Finalement, le Comité régional des Pêches Maritimes et des Élevages Marins (CRPMEM) Occitanie, représenté par son président Bernard Perez, avait choisi de « privilégier les négociations avec le gouvernement français » dans « l’intérêt général ».
Cependant, le syndicat corse a décidé de maintenir le blocage, estimant que la situation en Corse nécessitait une réponse immédiate. « À partir d’aujourd’hui, soit on trouve une solution, soit on continue le blocage le temps qu’il faudra », a martelé Joseph Sanna, soulignant la détermination de sa profession à faire entendre sa voix.
Des répercussions économiques et logistiques
Le blocage des ports a des conséquences directes sur l’économie locale. Outre l’immobilisation du cargo de Corsica Linea, les professionnels craignent un impact sur l’approvisionnement en produits frais et en marchandises, essentiels pour une île comme la Corse. Les pêcheurs, eux, subissent une hausse de leurs coûts de production, mettant en péril la rentabilité de leurs activités.
Les autorités locales n’ont pas encore réagi officiellement à cette mobilisation. Interrogé par BFM Business, un responsable de la préfecture maritime de Méditerranée a indiqué que les services de l’État « suivent la situation de près » sans pour autant évoquer des mesures immédiates.
Cette crise illustre les tensions persistantes autour du pouvoir d’achat des professionnels du secteur maritime en France, alors que le gouvernement mise sur des aides ciblées plutôt que sur un blocage généralisé des prix, comme le suggère la proposition italienne.
Reste à voir si cette mobilisation portera ses fruits ou si elle s’inscrira dans la durée, au risque de paralyser davantage l’économie insulaire.
Les professionnels du secteur maritime en Corse dénoncent une fiscalité locale et des coûts logistiques spécifiques qui rendent le carburant plus cher. Aucune explication officielle n’a été donnée par les autorités, mais les pêcheurs pointent un différentiel de 45 à 50 centimes par litre, un écart jugé « inacceptable » dans un contexte de crise.
Une réunion est prévue demain 8 avril à Ajaccio entre les représentants des pêcheurs et le gouvernement. Le syndicat corse a menacé de maintenir le blocage « le temps qu’il faudra » si aucun accord n’est trouvé. Les autorités n’ont pas encore annoncé de mesures concrètes.
