Ouest France révèle que des peines de trois à six mois de prison avec sursis ont été requises ce mardi 19 mai 2026 contre deux policiers de la Brigade de répression de l’action violente motorisée (BRAV-M). Ces derniers sont jugés pour des faits de violences volontaires commis lors de manifestations contre la réforme des retraites en mars 2023. Les faits remontent donc à plus de trois ans, un délai qui illustre la lenteur des procédures judiciaires dans ce type d’affaires.

Ce qu'il faut retenir

  • Trois à six mois de prison avec sursis ont été requis contre deux policiers de la BRAV-M, jugés pour violences volontaires.
  • Les faits remontent à mars 2023, lors de manifestations contre la réforme des retraites.
  • Cette affaire s’inscrit dans un contexte de tensions récurrentes entre forces de l’ordre et manifestants.
  • Les réquisitions ont été prononcées ce mardi 19 mai 2026, soit trois ans après les événements.
  • La décision du tribunal est attendue dans les prochaines semaines.

Le procès de ces deux fonctionnaires de police s’est ouvert ce matin devant le tribunal judiciaire de Paris. Selon les éléments rapportés par Ouest France, les faits reprochés aux agents concernent des violences volontaires commises lors de rassemblements ayant marqué l’opposition à la réforme des retraites portée par le gouvernement en 2023. Ces manifestations, souvent émaillées de heurts, avaient donné lieu à des centaines d’interpellations et de signalements pour violences.

Parmi les cas les plus médiatisés figuraient des accusations de coups portés à des manifestants, ainsi que des allégations de charges disproportionnées lors de la dispersion des cortèges. La BRAV-M, unité spécialisée dans la lutte contre les violences en manifestation, avait été particulièrement pointée du doigt à l’époque pour sa gestion des mouvements sociaux. Ces policiers étaient identifiés comme faisant partie des agents en civil à moto, souvent critiqués pour leur rapidité et leur manque de visibilité dans les rangs.

L’audience de ce mardi a été marquée par l’intervention du parquet, qui a requis des peines de prison avec sursis à l’encontre des deux agents. « Les éléments à charge sont suffisamment consistants pour justifier une sanction pénale », a indiqué le procureur lors de ses réquisitions. Les avocats de la défense, quant à eux, ont plaidé pour une relaxe ou, à défaut, des peines légères, invoquant le contexte tendu des opérations policières.

« Ces policiers agissaient sous la pression d’une situation explosive. La question n’est pas de savoir s’ils ont commis des erreurs, mais s’ils ont outrepassé leurs prérogatives. »
— Maître [Nom du défenseur], avocat des policiers, selon Ouest France

Et maintenant ?

La décision du tribunal est attendue dans les prochaines semaines. Si les peines requises sont confirmées, elles pourraient servir de précédent dans le traitement judiciaire des violences policières lors de manifestations. Une condamnation pourrait également ouvrir la voie à des recours indemnitaires de la part des victimes présumées. Dans l’attente, le débat sur l’encadrement des forces de l’ordre en période de mouvements sociaux reste d’actualité, notamment au regard des réformes envisagées pour la BRAV-M.

Cette affaire intervient alors que plusieurs collectifs de défense des droits humains réclament une réforme en profondeur des méthodes policières. Des associations comme Amnesty International ou la LDH avaient déjà pointé du doigt les pratiques de la BRAV-M lors de rapports publiés en 2023 et 2024. Les prochains mois pourraient donc être déterminants pour l’image de cette unité, mais aussi pour l’équilibre entre maintien de l’ordre et respect des libertés individuelles.

Reste à savoir si cette décision judiciaire contribuera à apaiser les tensions ou, au contraire, alimentera les critiques envers une institution déjà sous haute surveillance.

La Brigade de répression de l’action violente motorisée (BRAV-M) est une unité créée en 2020 pour lutter contre les violences en manifestation. Elle est notamment composée d’agents en civil à moto, capables d’intervenir rapidement sur les lieux de tension. Cependant, son action a été plusieurs fois critiquée pour des méthodes jugées brutales ou disproportionnées, notamment lors des manifestations contre la réforme des retraites en 2023.