C’est avec émotion que Yannick Bestaven, skipper français et vainqueur du Vendée Globe, a rendu hommage à son ami Charlie Dalin, décédé dans la nuit de mercredi à jeudi 11 juin 2026 à l’âge de 42 ans, des suites d’un cancer. « On garde le souvenir d’un grand marin, d’une grande personnalité du monde de la voile, d’un sportif, d’un ingénieur, d’un architecte naval avec beaucoup d’humilité et d’un concurrent hors pair et très dangereux sur l’eau », a-t-il déclaré lors de son passage sur Franceinfo – Sport.

Ce qu'il faut retenir

  • Charlie Dalin, vainqueur du Vendée Globe 2024/2025, s’est éteint à 42 ans des suites d’un cancer.
  • Il avait remporté l’épreuve en janvier 2025 en battant le record de l’histoire avec un temps de 64 jours, 19 heures, 22 minutes et 54 secondes.
  • Le navigateur avait révélé publiquement son cancer en octobre 2025, après sa victoire.
  • Yannick Bestaven souligne son « humilité » et son « esprit de compétiteur redoutable » sur l’eau.
  • Le skipper a laissé une empreinte durable dans l’histoire de la voile par son innovation, tant à terre qu’en mer.

Un palmarès marqué par l’audace et la persévérance

Charlie Dalin restera dans l’histoire comme le premier skipper à franchir la ligne d’arrivée du Vendée Globe 2024/2025 en 64 jours, 19 heures et 22 minutes, pulvérisant ainsi le précédent record établi par Armel Le Cléac’h en 2017. Sa victoire, acquise dans des conditions météo exigeantes, avait été saluée pour sa maîtrise technique et sa gestion stratégique de course. Pourtant, ce succès s’est doublé d’une révélation inattendue : Dalin avait appris peu avant son départ qu’il était atteint d’un cancer. « On était quelques-uns à être au courant avant le départ que Charlie partait avec ce cancer », a expliqué Yannick Bestaven. « Ça lui a certainement donné beaucoup de force dans ce qu’il a fait. Gagner un Vendée Globe est déjà difficile, mais le faire avec une maladie qui a dû entraîner beaucoup de fatigue, c’était une performance hors norme. »

Une personnalité alliant technique et humanité

Au-delà de ses exploits sportifs, Charlie Dalin était reconnu pour son approche méthodique et innovante de la voile. Ingénieur de formation et architecte naval, il avait su marier performance et réflexion stratégique, aussi bien dans la conception de ses bateaux que dans la gestion de ses courses. Yannick Bestaven insiste sur cette double casquette : « Il fait partie de ces grands marins, de ces grands noms de la voile qui ont su innover et gagner des courses, aussi bien à terre qu’en mer. » Son humilité, souvent soulignée par ses pairs, contrastait avec son ambition sur l’eau, où il était perçu comme un adversaire redoutable. « Un concurrent hors pair et très dangereux sur l’eau », résume Bestaven.

Sa disparition brutale prive la communauté nautique d’une figure charismatique, dont l’héritage dépasse le simple cadre sportif. Comme l’a rappelé Yannick Bestaven, « il restera une légende ».

Un cancer révélé après la victoire

Charlie Dalin avait choisi de ne pas médiatiser sa maladie pendant la course, préférant se concentrer sur son objectif sportif. Ce n’est qu’en octobre 2025, quelques mois après son triomphe au Vendée Globe, qu’il avait rendu public son diagnostic. Dans une interview accordée à Franceinfo – Sport, il avait alors évoqué le soutien de ses proches et des professionnels de santé, sans jamais laisser transparaître la gravité de sa situation. « Les médecins m’ont dit que c’était possible », avait-il déclaré, illustrant ainsi son état d’esprit combatif. Cette révélation avait suscité une vague d’émotion dans le milieu, où beaucoup ignoraient l’épreuve qu’il traversait en secret.

Pour ses proches, cette annonce avait renforcé l’admiration pour son courage. Sa femme et son fils, aujourd’hui endeuillés, perdent un mari et un père dont le parcours force le respect. Yannick Bestaven, visiblement ému, a tenu à leur adresser une pensée : « J’ai une pensée pour tous ses proches, sa femme et son fils. C’est dur de le voir nous quitter ainsi. »

Et maintenant ?

La disparition de Charlie Dalin soulève des questions sur l’avenir du Vendée Globe et sur la manière dont le milieu de la voile va honorer sa mémoire. Plusieurs compétitions à venir, notamment l’édition 2028 du tour du monde en solitaire, pourraient rendre hommage à son héritage, que ce soit par des hommages symboliques ou des initiatives en sa mémoire. Reste à voir si des organisateurs ou des partenaires envisageront des actions concrètes pour perpétuer son nom.

Charlie Dalin laisse derrière lui un héritage technique et humain qui inspirera sans doute les générations futures de navigateurs. Son parcours rappelle aussi l’importance de la résilience, un thème qui résonne particulièrement dans un sport aussi exigeant que la course au large.

Charlie Dalin a établi un nouveau record de l’épreuve en terminant le Vendée Globe 2024/2025 en 64 jours, 19 heures, 22 minutes et 54 secondes, améliorant ainsi de près de deux jours le précédent record détenu par Armel Le Cléac’h depuis 2017.