Le parquet de l’Oise a demandé, jeudi 10 juin 2026, la réclusion criminelle à perpétuité contre Delphine Pinto, 48 ans, reconnue comme présumée commanditaire du meurtre de son époux, Jean-Christophe Piel, un kinésithérapeute de 41 ans, abattu d’une balle dans la tête en août 2021 alors qu’il jardinaient devant son domicile à Creil. Selon Le Figaro, l’avocat général a souligné l’absence totale de remise en question des accusés, dont la culpabilité ne serait « pas qu’une hypothèse » mais « la clé » pour expliquer ce crime.

Ce qu'il faut retenir

  • Perpétuité requise pour Delphine Pinto et le tireur présumé, accusés de meurtre en bande organisée.
  • Jean-Christophe Piel, 41 ans, a été assassiné en août 2021 devant son domicile à Creil (Oise).
  • L’avocat général a dénoncé les dizaines de contradictions dans les versions des cinq accusés et demandé le retrait de l’autorité parentale de Delphine Pinto sur leurs deux filles.
  • Pinto a reconnu avoir souhaité la mort de son mari, mais nie l’avoir commandité, tout en évoquant une protection pour ses enfants.
  • Quatre autres personnes sont également poursuivies : un intermédiaire présumé, le fournisseur de l’arme, et le fils adulte de Pinto.

Un meurtre commandité après des années de tensions familiales

Le 29 mai 2026, Delphine Pinto comparaît devant la Cour d’assises de l’Oise pour répondre de sa participation présumée à l’assassinat de Jean-Christophe Piel, survenu cinq ans plus tôt. Selon les éléments du dossier, elle aurait sollicité un homme via son amant pour organiser le meurtre de son époux, en instance de divorce après vingt ans de mariage. Les investigations ont révélé que Pinto avait évoqué à plusieurs reprises, avant le drame, son souhait de voir Piel disparaître, notamment pour protéger leurs deux filles communes, alors âgées de 10 et 12 ans.

Le parquet s’appuie sur les déclarations de l’amant de Pinto, qui aurait servi d’intermédiaire, ainsi que sur les témoignages du tireur présumé, déjà condamné à plusieurs reprises pour trafic de stupéfiants et délits routiers. Ce dernier aurait reçu la somme de 15 000 euros pour exécuter le contrat. Pinto, interrogée par la Cour, a reconnu avoir « souhaité sa mort » à plusieurs reprises, mais nie catégoriquement avoir participé à l’organisation du crime : « Je n’ai jamais payé qui que ce soit ou demandé à qui que ce soit de tuer M. Piel », a-t-elle affirmé.

Des accusations de manipulation et de mensonges répétés

L’avocat général a dressé un portrait accablant de Delphine Pinto, dénonçant ses « mensonges et sa simulation, une constante » dans sa vie. Il a notamment évoqué l’accusation d’agressions sexuelles incestueuses portée par Pinto contre Piel en 2019, alors que ce dernier bénéficiait d’une ordonnance de non-lieu une semaine avant sa mort. Deux des trois autres enfants de Pinto, adoptés par Piel, avaient également porté plainte pour agressions sexuelles, des faits prescrits depuis. Murielle Bellier, avocate des proches de Piel, a qualifié de « mensonge ignoble » la manipulation de Pinto auprès de ses enfants, allant jusqu’à leur faire croire que son fils, atteint d’une maladie du dos, allait mourir de façon imminente.

Ces éléments ont renforcé la thèse du parquet selon laquelle Pinto aurait orchestré un réseau pour éliminer Piel, dont elle voulait se débarrasser après des années de conflits conjugaux et judiciaires. Les contradictions dans les versions des accusés, qualifiées de « dizaines d’évolutions » par l’avocat général, ont été pointées du doigt pour étayer la culpabilité des prévenus. « À eux cinq, ils ont tout dit et son contraire. La vérité, elle, n’a qu’une version », a-t-il martelé devant la Cour, alors que les cinq accusés réagissaient avec stupeur dans leur box.

Des peines requises allant jusqu’à la perpétuité

Jeudi, l’avocat général a requis une réclusion criminelle à perpétuité contre Delphine Pinto et le tireur présumé, assortie d’une peine de sûreté de 22 ans. Il a également demandé le retrait de l’autorité parentale de Pinto sur ses deux filles, arguant que « derrière Jean-Christophe Piel, combien d’autres vies ont été détruites par cette femme ? ». Pour l’amant de Pinto, considéré comme l’intermédiaire, 18 ans de réclusion ont été requis. Le fournisseur de l’arme, un homme de 52 ans, a écopé d’une peine de 14 ans, tandis que le fils adulte de Pinto, né d’une précédente union et informé des projets criminels, a été réclamé à cinq ans de prison, dont un avec sursis.

Ces réquisitions ont été écoutées avec attention par les proches de Piel, nombreux à siéger parmi les parties civiles. Parmi eux, son frère a déclaré : « Nous attendons justice depuis cinq ans. Aujourd’hui, le parquet a reconnu la dimension préméditée de ce crime. » Les audiences se poursuivent jusqu’au 15 juin 2026, avec l’audition des témoins et des experts avant les plaidoiries et le verdict.

Et maintenant ?

La Cour d’assises de l’Oise devrait rendre son verdict d’ici la fin du mois de juin 2026. Si les peines requises sont confirmées, Pinto et ses complices encourront des décennies de prison, avec une possible perpétuité réelle pour les deux principaux accusés. Par ailleurs, la mère de l’une des filles de Pinto a annoncé porter plainte contre l’État pour « faute lourde » dans la gestion de l’affaire, notamment en raison des dysfonctionnements dans l’instruction des plaintes pour agressions sexuelles. Les prochaines étapes judiciaires pourraient donc inclure des recours supplémentaires, tant de la part des parties civiles que des accusés.

Un contexte familial et judiciaire déjà lourd

L’affaire Pinto-Piel s’inscrit dans un contexte de tensions familiales et judiciaires particulièrement complexes. Entre 2010 et 2019, Jean-Christophe Piel avait été accusé par Delphine Pinto d’agressions sexuelles incestueuses sur l’une de leurs filles, ainsi que par deux de ses beaux-enfants, des faits pour lesquels il avait bénéficié d’un non-lieu en 2021. Pourtant, ces accusations avaient suffi à alimenter une haine tenace entre les époux, jusqu’à basculer dans l’irréparable. Par ailleurs, Pinto elle-même fait l’objet d’une enquête pour des faits similaires impliquant d’autres victimes, dont certaines mineures à l’époque des agressions présumées, entre 2010 et 2019. Treize autres victimes potentielles, dont les faits sont prescrits, ont également été jointes au dossier.

Ces éléments ajoutent une dimension supplémentaire à l’affaire, déjà qualifiée de « glaçante » par plusieurs observateurs. La défense de Pinto, qui plaide l’absence de préméditation et de participation directe au meurtre, devra convaincre la Cour en s’appuyant sur des preuves tangibles, alors que le parquet mise sur les incohérences des accusés pour étayer sa thèse d’un réseau criminel organisé.

Selon Le Figaro, l’avocat général a considéré que sa culpabilité était « la clé » pour expliquer le meurtre de Jean-Christophe Piel. Il a souligné l’absence totale de remise en question de Pinto, ses mensonges répétés, et la préméditation démontrée par l’organisation du crime via un réseau de complices, justifiant ainsi une peine maximale.

Les audiences se poursuivent jusqu’au 15 juin 2026 à la Cour d’assises de l’Oise, avec l’audition des témoins et des experts. Le verdict est attendu d’ici la fin du mois. Par ailleurs, la mère de l’une des filles de Pinto a annoncé porter plainte contre l’État pour « faute lourde », ce qui pourrait entraîner de nouveaux recours.