Selon BFM Business, les effectifs de pharmaciens en activité en France continuent de progresser, mais cette hausse ne compense pas le déclin marqué du nombre d’officines, notamment dans les zones urbaines. Les chiffres, actualisés par l’Ordre national des pharmaciens au 1er janvier 2026, révèlent une situation contrastée : d’un côté, une croissance modérée des professionnels de santé, de l’autre, une fermeture accrue de pharmacies de ville.

Ce qu’il faut retenir

  • 75 744 pharmaciens inscrits à l’Ordre au 1er janvier 2026, en hausse de 0,9 % sur un an et de 3,2 % depuis 2016.
  • 19 381 officines encore en activité, soit un recul de 1,3 % sur un an et de 10,2 % depuis 2015.
  • Le maillage territorial se fragilise, avec des écarts marqués entre départements, comme l’Ain (22 officines pour 100 000 habitants) et le Cantal (43,8 pour 100 000 habitants).
  • Une réforme de la formation des futurs pharmaciens entrera en vigueur en septembre 2026 pour adapter l’offre aux besoins de la population vieillissante.
  • Un arrêté du 7 mai 2026 définit les seuils minimaux d’étudiants à former, marquant une première étape pour renforcer les effectifs.

Des effectifs en hausse, mais une désertification pharmaceutique persistante

Au 1er janvier 2026, l’Ordre national des pharmaciens recense 75 744 pharmaciens inscrits, un chiffre en progression de 0,9 % par rapport à 2025 et de 3,2 % sur dix ans. Pourtant, cette croissance des professionnels ne suffit pas à enrayer le recul du nombre d’officines. Selon les données compilées par BFM Business, la France ne comptait plus que 19 381 pharmacies en activité à la même date, un chiffre en baisse de 1,3 % sur un an et de 10,2 % depuis 2015. Autrement dit, près d’une officine sur dix a fermé ses portes en une décennie.

Ce phénomène s’explique en partie par la désertification médicale. Sans médecins en nombre suffisant pour rédiger des prescriptions, les pharmacies peinent à maintenir leur rentabilité. Certaines communes, privées de leur unique officine, voient ainsi s’aggraver leur isolement en matière d’accès aux soins. « La pharmacie représente souvent le premier point d’entrée dans le système de santé, d’autant que les délais pour consulter un médecin généraliste ou se rendre aux urgences s’allongent », rappellent les professionnels du secteur.

Un maillage territorial de plus en plus inégal

La répartition des officines sur le territoire national devient de plus en plus inégale. Certains départements, comme le Cantal, affichent une densité bien supérieure à la moyenne : 43,8 officines pour 100 000 habitants, contre seulement 22 pour 100 000 habitants dans l’Ain. Ces disparités reflètent à la fois les dynamiques démographiques et les disparités dans l’accès aux soins. « Le désert pharmaceutique n’est pas un phénomène uniforme. Il touche davantage les zones rurales et périurbaines, où les distances à parcourir pour trouver une pharmacie s’allongent », explique un porte-parole de l’Ordre.

Face à cette situation, certaines officines choisissent de se regrouper au sein d’une même commune pour atteindre une « taille critique », c’est-à-dire un seuil de rentabilité minimal. Une stratégie qui permet à certaines de survivre, mais qui ne résout pas le problème structurel de l’accès aux médicaments dans les territoires les plus isolés.

Une réforme de la formation pour tenter de redresser la barre

Le ministère de la Santé suit de près ces évolutions, d’autant qu’un arrêté publié le 7 mai 2026 pose désormais le cadre de la définition des seuils minimaux d’étudiants à former en pharmacie. « Il s’agit d’un premier signal encourageant en faveur du renforcement de la formation », souligne l’Ordre national des pharmaciens dans un communiqué. Cette mesure s’inscrit dans une logique de mieux répondre aux besoins d’une population vieillissante, dont les besoins en médicaments et en accompagnement pharmaceutique ne cessent de croître.

Par ailleurs, une réforme du parcours d’études des futurs pharmaciens entrera en vigueur dès septembre 2026. Son objectif : simplifier le cursus pour attirer davantage de candidats et adapter leur formation aux réalités du terrain. « L’enjeu est double : attirer de nouveaux talents et leur donner les outils pour exercer dans des zones où l’offre de soins est insuffisante », précise un responsable du ministère.

Et maintenant ?

La question reste entière : ces mesures suffiront-elles à inverser la tendance ? D’ici à 2030, les projections tablent sur une poursuite de la baisse du nombre d’officines, sauf à ce que les pouvoirs publics interviennent de manière plus volontariste. Une piste évoquée serait d’inciter financièrement les pharmaciens à s’installer dans les déserts pharmaceutiques, ou encore de repenser l’aménagement du territoire pour éviter la concentration des services de santé dans les grandes villes. Reste à voir si les prochaines années verront émerger des solutions concrètes.

En attendant, la désertification pharmaceutique s’ajoute à celle des médecins généralistes et des spécialistes, creusant un peu plus les inégalités territoriales en matière de santé. Un défi de taille pour les autorités, alors que la population française continue de vieillir et que ses besoins en soins ne cessent de s’accroître.

La baisse du nombre d’officines s’explique principalement par la désertification médicale. Sans prescriptions suffisantes, les pharmacies peinent à rester rentables, surtout dans les zones où la densité médicale est faible. Par ailleurs, la concentration des officines dans les grandes villes et la concurrence des grandes surfaces spécialisées jouent aussi un rôle dans cette tendance.

Les disparités sont marquées entre départements. Par exemple, l’Ain ne compte que 22 officines pour 100 000 habitants, contre 43,8 dans le Cantal. Les zones rurales et périurbaines sont les plus touchées, avec des distances accrues pour accéder à une pharmacie, ce qui aggrave l’isolement des populations concernées.