Onze jours après le scrutin du 7 juin, le Pérou ne connaît toujours pas l’identité de son prochain président. La commission électorale (Jurado Nacional de Elecciones, JNE) poursuit le dépouillement des votes du second tour, mais les résultats définitifs se font attendre. D’après Le Monde, c’est la candidate de droite, Keiko Fujimori, qui devance actuellement son adversaire de gauche, Roberto Sánchez, avec une avance encore indéterminée. Ce retard alimente les tensions entre les deux camps, le candidat malheureux dénonçant un manque de transparence dans le processus de comptage.
Ce qu'il faut retenir
- Onze jours après le vote, les résultats du second tour de la présidentielle péruvienne restent en suspens
- Keiko Fujimori, candidate de droite, mène actuellement le dépouillement selon les données disponibles
- Roberto Sánchez, son adversaire de gauche, dénonce des irrégularités dans le comptage des voix
- La commission électorale (JNE) n’a pas encore proclamé de vainqueur
- Les deux candidats s’affrontent depuis le 7 juin, date du second tour
Un dépouillement en suspens depuis près de deux semaines
Le Pérou attend toujours la proclamation des résultats définitifs du second tour de l’élection présidentielle, organisé le 7 juin. Selon Le Monde, le Jury national des élections (JNE) poursuit l’examen des bulletins, mais aucun calendrier précis n’a été communiqué. Les observateurs soulignent que les délais habituels sont dépassés, sans que les autorités n’apportent d’explications détaillées. Cette situation crée une incertitude politique dans un pays déjà marqué par une forte polarisation.
Les deux candidats, Keiko Fujimori et Roberto Sánchez, ont chacun revendiqué la victoire à plusieurs reprises depuis le scrutin. Fujimori, figure historique de la droite péruvienne, mise sur une avance étroite mais suffisante pour emporter le scrutin. Son adversaire, représentant la gauche modérée, accuse quant à lui l’équipe de Fujimori de chercher à manipuler le processus en sa faveur.
Roberto Sánchez dénonce un « manque de transparence »
C’est sur ce terrain que Roberto Sánchez, candidat du parti Pérou libre, a concentré ses critiques. Dans une déclaration relayée par Le Monde, il a affirmé : « Le processus manque cruellement de transparence. Nous avons des preuves de votes non comptabilisés et de bourrages d’urnes dans plusieurs régions ». Ces allégations, bien que non étayées publiquement, alimentent les suspicions des partisans de Sánchez, qui exigent un recomptage intégral des voix.
Du côté de Keiko Fujimori, on minimise ces accusations. Sa campagne a souligné à plusieurs reprises que les retards étaient « techniques » et liés à la complexité du dépouillement, notamment dans les zones rurales où l’accès est difficile. « Chaque vote compte, et nous respectons scrupuleusement les règles électorales », a déclaré un porte-parole de la candidate, cité par Le Monde.
Un contexte politique déjà tendu
Cette élection s’inscrit dans un climat politique particulièrement crispé au Pérou. Le premier tour, organisé en avril, avait déjà été marqué par des accusations de fraude de la part de plusieurs candidats éliminés. Depuis, les divisions entre la gauche et la droite se sont creusées, avec des manifestations sporadiques dans la capitale, Lima. Les observateurs internationaux, dont l’Organisation des États américains (OEA), appellent à la patience et à la confiance dans les institutions.
Pourtant, la patience commence à s’épuiser. Les Péruviens, déjà habitués à une instabilité politique chronique, voient dans ce nouveau contretemps une preuve supplémentaire de la fragilité de leurs institutions. Les réseaux sociaux bruissent de rumeurs et de théories du complot, tandis que les deux camps s’accusent mutuellement de vouloir instrumentaliser le processus.
En cas de victoire confirmée de Keiko Fujimori, celle-ci devra composer avec une Assemblée nationale fragmentée, où son parti ne détient pas la majorité absolue. Roberto Sánchez, lui, a déjà prévenu qu’il ne reconnaîtrait pas un résultat « entaché d’irrégularités ». Autant dire que la prochaine étape s’annonce tout aussi complexe que le dépouillement en cours.