Un jeu controversé proposé sur la plateforme Steam, Plantation Simulator, a fait l’objet de vives critiques en France pour son contenu jugé ouvertement raciste. Publié le 12 mai 2026, ce titre développé par FzzyBzzy plaçait le joueur dans la peau d’un propriétaire de plantation ayant pour mission de « fouetter des personnes noires pour que votre ferme reste productive ». Selon Numerama, la description du jeu mentionnait explicitement que fouetter trop les esclaves pouvait entraîner leur mort.
Dès le 21 mai 2026, la polémique a dépassé le cadre des réseaux sociaux. Anne Le Hénanff, ministre déléguée chargée de l’Intelligence artificielle et du Numérique, a publiquement dénoncé le jeu, qualifiant son contenu d’« ignoble » et d’apologie de l’esclavage. Elle a annoncé avoir saisi l’Arcom et signalé l’œuvre via Pharos, la plateforme française dédiée aux signalements de contenus illicites. « Quand des contenus aussi ignobles font l’apologie de l’esclavage et de la violence raciste, il n’y a pas d’ambiguïté : on dénonce, on signale et on saisit immédiatement les autorités compétentes », a-t-elle déclaré sur X.
Ce qu'il faut retenir
- Le jeu Plantation Simulator, publié sur Steam le 12 mai 2026, proposait d’incarner un propriétaire de plantation fouettant des esclaves noirs.
- La description initiale mentionnait que fouetter trop les esclaves pouvait causer leur mort.
- La ministre déléguée Anne Le Hénanff a dénoncé le jeu et saisi l’Arcom ainsi que la plateforme Pharos.
- Dès le 22 mai 2026, le développeur a publié un patch supprimant les éléments controversés.
- Le jeu affiche désormais des esclaves blancs, puis des jeunes femmes en bikini, et propose d’envoyer des baisers.
- À ce jour, 371 avis ont été laissés sur la page Steam, majoritairement négatifs.
Un jeu au contenu explicitement raciste avant son retrait partiel
Le 12 mai 2026, le titre Plantation Simulator est mis en ligne sur Steam sans susciter de réaction immédiate de la part de la plateforme. Pourtant, son concept et sa description laissent peu de place à l’interprétation. Le joueur incarne un propriétaire de plantation blanc dont l’objectif est de maintenir la productivité de son exploitation en fouettant des esclaves noirs. La fiche du jeu sur Steam précisait même que « si vous fouettiez trop vos esclaves, ils pouvaient mourir ».
Dès sa sortie, des joueurs et joueuses dénoncent le contenu sur les réseaux sociaux, pointant du doigt son caractère raciste et son manque de nuance historique. Selon Numerama, les captures d’écran et la vidéo de présentation circulent rapidement, alimentant la polémique. La plateforme Steam, pourtant habituée aux jeux aux mécaniques controversées, n’intervient pas immédiatement, permettant au jeu de rester accessible plusieurs jours.
La réaction politique et les signalements officiels
Le 21 mai 2026, la ministre déléguée Anne Le Hénanff prend position publiquement. Dans un message posté sur X, elle qualifie le jeu d’« ignoble » et rappelle sans ambiguïté la nécessité de lutter contre les contenus faisant l’apologie de l’esclavage ou de la violence raciste. Elle annonce avoir saisi l’Arcom, le régulateur français de l’audiovisuel et du numérique, ainsi que la plateforme Pharos, dédiée aux signalements de contenus illicites en ligne. « Aucune plateforme n’est au-dessus des lois », affirme-t-elle, soulignant l’obligation pour les acteurs du numérique de respecter le cadre juridique français.
Cette intervention marque un tournant. Le jeu, jusqu’alors peu médiatisé en dehors des cercles de joueurs, devient l’objet d’une attention politique et médiatique nationale. La pression s’accroît sur Steam, qui se retrouve sous le feu des critiques pour avoir laissé circuler un tel contenu.
Le virage soudain du développeur et les réactions des joueurs
Dès le 22 mai 2026, le développeur de Plantation Simulator, FzzyBzzy, publie une mise à jour majeure sous la référence 1.2. Dans un communiqué humoristique et provocateur, il annonce avoir « corrigé TOUS les bugs que vous nous avez signalés » et précise que les esclaves noirs ont été remplacés par des esclaves blancs. Puis, dans une seconde étape, les personnages féminins en bikini apparaissent, remplaçant définitivement toute référence à l’esclavage ou à la diversité ethnique.
La nouvelle description du jeu sur Steam affiche désormais : « Dans ce jeu, vos amies portent des bikinis et vous pouvez leur envoyer des petits bisous ». Le développeur ajoute, dans un ton ironique : « Salut les gamers ! On vous a écoutés ! [...] On a ajouté des cœurs et des petits bisous pour vos amis quand vous deviendrez le meilleur propriétaire de plantation de tous les temps ! » Cette transformation radicale divise immédiatement les joueurs. Certains laissent des avis ironiques ou sarcastiques, qualifiant le changement de « déformation de la réalité historique » ou de « suppression de toute représentation des minorités ». D’autres soulignent l’absence totale de diversité dans le nouveau contenu.
« Après sa dernière mise à jour, ce jeu déforme complètement la réalité historique. Le développeur a supprimé toute représentation des minorités. Il n’y a plus aucune diversité dans ce jeu. » — StarTroLL et Yodayblack, joueurs sur Steam
Steam face à ses responsabilités : entre manque de modération et revirement forcé
La polémique autour de Plantation Simulator soulève une question centrale : celle de la modération des contenus sur les plateformes de distribution de jeux. Selon Numerama, Steam n’a pas réagi à la publication initiale du jeu, laissant circuler un contenu potentiellement illégal. Ce n’est qu’après la saisine de l’Arcom par la ministre Le Hénanff que la plateforme semble avoir pris conscience de la gravité de la situation.
Les réactions des utilisateurs sur Steam reflètent cette ambiguïté. Sur les 371 avis déposés à ce jour, une majorité exprime une critique acerbe, soit envers le jeu original, soit envers la transformation opérée par le développeur. Certains messages relèvent clairement du review bombing, une pratique où des joueurs inondent une fiche de jeu d’avis négatifs pour protester contre son contenu. D’autres avis, plus mesurés, dénoncent l’absence de diversité ou la trivialisation de thèmes historiques lourds.
À noter également que certains commentaires actuels, même rédigés avec ironie, soulignent un manque persistant de modération sur Steam, y compris après les modifications apportées par le développeur.
En attendant, la polémique autour de Plantation Simulator rappelle avec force l’importance de la régulation des contenus en ligne et du rôle des plateformes dans la lutte contre les discours haineux et les apologies de crimes contre l’humanité.