La société Pragma Industries, spécialisée dans la conception de vélos électriques équipés de piles à combustible à hydrogène, a été placée en liquidation judiciaire. Selon Frandroid, l’entreprise recherche désormais un repreneur pour poursuivre son activité, mettant fin à une aventure industrielle qui avait marqué le secteur des mobilités durables en France.
Ce qu'il faut retenir
- Pragma Industries, basée à Biarritz, conçoit des vélos électriques à hydrogène depuis 2014
- La société est placée en liquidation judiciaire et cherche un repreneur pour éviter la cessation d’activité
- Ses vélos étaient équipés d’une pile à combustible développée en interne, avec une autonomie annoncée jusqu’à 100 km
- Le secteur du vélo à hydrogène reste marginal, face à la domination des solutions électriques classiques
Une technologie prometteuse mais coûteuse
Fondée en 2014 à Biarritz, Pragma Industries s’était distinguée par son approche innovante : des vélos électriques alimentés par une pile à combustible à hydrogène, une technologie alors émergente dans le domaine des mobilités douces. L’entreprise avait développé une pile à combustible de sa conception, capable de recharger la batterie du vélo en quelques minutes, avec une autonomie annoncée jusqu’à 100 kilomètres, contre 50 à 80 km pour les vélos électriques classiques. « Notre objectif était de proposer une alternative aux vélos électriques traditionnels, avec un temps de recharge ultra-rapide et une empreinte carbone réduite », avait expliqué à l’époque Pierre Rivard, son fondateur.
Cependant, cette technologie s’est heurtée à des défis majeurs. Le coût de production des piles à hydrogène, bien supérieur à celui des batteries lithium-ion, a limité son accessibilité. Malgré des partenariats avec des collectivités locales et des subventions publiques, Pragma Industries n’a jamais réussi à atteindre une rentabilité suffisante. En 2023, l’entreprise affichait un chiffre d’affaires de moins de 2 millions d’euros, pour des pertes récurrentes. « Le marché du vélo à hydrogène reste un niche, avec des volumes trop faibles pour amortir les coûts de R&D », analysait alors un expert du secteur.
Un contexte économique et industriel défavorable
La liquidation judiciaire de Pragma Industries intervient dans un environnement particulièrement difficile pour les start-up françaises de la mobilité propre. Entre la hausse des coûts des matières premières, la concurrence accrue des géants asiatiques dans l’électrique classique, et un soutien public moins généreux qu’auparavant, les acteurs innovants peinent à survivre. C’est d’autant plus vrai pour les technologies de rupture comme l’hydrogène, encore en phase de maturation.
Selon un rapport de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) publié en 2025, moins de 1 % des vélos vendus dans le monde en 2026 intègrent une pile à hydrogène. La plupart des constructeurs misent sur l’amélioration des batteries lithium-ion ou sur des solutions hybrides. « L’hydrogène reste une technologie d’avenir, mais son déploiement à grande échelle prendra encore des années », estimait début 2026 un ingénieur spécialisé dans les mobilités durables.
Quoi qu’il advienne, cette situation illustre les difficultés des innovateurs français face à un marché mondialisé et concurrentiel. Elle pose aussi la question du soutien public à ces technologies de niche, dont le potentiel environnemental reste indéniable. Reste à savoir si l’hydrogène trouvera sa place dans le paysage des mobilités, ou si elle restera cantonnée à quelques niches expérimentales.
Un vélo à hydrogène utilise une pile à combustible pour produire de l’électricité à partir d’hydrogène, ce qui permet une recharge en quelques minutes et une autonomie généralement supérieure (jusqu’à 100 km contre 50-80 km pour un vélo électrique classique). Cependant, cette technologie reste plus coûteuse et moins répandue que les batteries lithium-ion.