Marine Tondelier, secrétaire nationale d’EELV, assume pleinement sa volonté de voir émerger une primaire de la gauche en vue de la présidentielle de 2027. Toutefois, elle n’écarte pas, pour autant, une candidature autonome de son parti, une option qui continue de diviser profondément les rangs écologistes. Selon Ouest France, ces tensions internes opposent désormais deux courants bien distincts : d’un côté, les partisans d’une ligne « réaliste », plus enclins à un rapprochement avec le Parti socialiste, et de l’autre, les défenseurs d’une rupture plus radicale, davantage alignés sur La France insoumise.

Ce qu'il faut retenir

  • Marine Tondelier, secrétaire nationale d’EELV, défend l’idée d’une primaire de la gauche pour 2027 mais n’exclut pas une candidature autonome des écologistes.
  • Deux courants s’affrontent au sein du parti : les « réalistes », proches du PS, et les partisans d’une ligne de rupture, plus proches de LFI.
  • Les critiques internes à l’encontre de Tondelier se multiplient, certains frondeurs risquant une exclusion.

La dirigeante écologiste a réaffirmé, lors d’un entretien à Ouest France, que son objectif prioritaire restait la construction d’une candidature commune à gauche. « Notre préférence va clairement vers une primaire qui permettrait de désigner un candidat unique pour rassembler au-delà de nos différences », a-t-elle expliqué. Pourtant, elle a pris soin de préciser qu’une candidature autonome des écologistes restait sur la table. « On ne peut exclure aucune option à ce stade », a-t-elle ajouté, soulignant que la stratégie finale dépendrait des rapports de force politiques à venir.

Cette déclaration intervient alors que les tensions au sein d’EELV s’intensifient. Les partisans d’un ancrage à gauche radicale, souvent critiques envers les compromis traditionnels, dénoncent une direction trop conciliante avec les socialistes. À l’inverse, les « réalistes » estiment qu’une alliance large est indispensable pour espérer peser dans la course présidentielle. « La question n’est pas de savoir si on fait une primaire ou pas, mais avec qui on la fait », confie un cadre du parti sous couvert d’anonymat. Autant dire que le débat agite l’ensemble des instances décisionnelles d’EELV.

Les frondeurs, parmi lesquels figurent des figures historiques du mouvement, pourraient bientôt faire les frais de cette division. Selon plusieurs sources internes rapportées par Ouest France, leur exclusion du parti n’est plus exclue si leur opposition à la ligne officielle venait à se radicaliser. « La discipline militante est un principe fondamental », a rappelé Marine Tondelier, ajoutant que « les désaccords doivent s’exprimer dans le respect des règles collectives ». Une mise en garde qui laisse peu de doute sur la fermeté de sa position.

Un parti sous tension, entre héritage et modernité

Le clivage au sein d’EELV reflète une crise plus profonde qui traverse une partie de la gauche française. D’un côté, les partisans d’un recentrage tactique, prêts à des compromis pour élargir l’audience électorale ; de l’autre, ceux qui refusent toute dilution de l’identité écologiste, quitte à rester marginaux. Bref, le parti se trouve aujourd’hui à la croisée des chemins. « On ne peut pas continuer à hésiter entre deux stratégies », analyse un ancien député écologiste. « Soit on assume notre singularité, soit on accepte de disparaître dans un rassemblement plus large. »

Les prochains mois seront déterminants. Les instances dirigeantes d’EELV doivent trancher lors d’un conseil national prévu en septembre prochain. Ce vote pourrait sceller l’orientation définitive du parti pour les mois à venir. Une décision lourde de conséquences, alors que les sondages actuels placent les écologistes entre 8 % et 10 % d’intentions de vote — un score insuffisant pour peser seul dans la présidentielle, mais potentiellement décisif dans une configuration de second tour serré.

Et maintenant ?

Le conseil national d’EELV, prévu en septembre 2026, devrait officialiser la stratégie finale du parti pour la présidentielle. Une exclusion des frondeurs pourrait être actée si ces derniers maintiennent leur opposition à la ligne officielle. Par ailleurs, les négociations pour une primaire de la gauche, si elles aboutissent, pourraient débuter d’ici la fin de l’année, avec un calendrier encore à définir. Reste à voir si les autres formations de gauche — PS, LFI, PCF — accepteront de jouer le jeu d’une alliance élargie.

Quoi qu’il en soit, Marine Tondelier et ses soutiens devront rapidement clarifier leur position. Le risque ? Voir le parti s’affaiblir davantage, ou au contraire, se radicaliser au point de perdre toute crédibilité électorale. Une équation délicate pour une formation qui, malgré ses divisions, reste un acteur clé du paysage politique français.

La secrétaire nationale d’EELV n’exclut pas cette option, mais elle la présente comme un dernier recours. Son objectif reste une primaire de la gauche pour désigner un candidat unique. Une candidature autonome ne serait envisagée qu’en cas d’échec des négociations entre les partis de gauche, selon ses déclarations rapportées par Ouest France.