Les Colombiens se rendent aux urnes ce dimanche 21 juin 2026 pour le second tour de l’élection présidentielle, opposant le candidat d’extrême droite Abelardo de la Espriella au progressiste Iván Cepeda, figure alliée du premier gouvernement de gauche du pays. Comme le rapporte France 24, ce scrutin déterminera si la Colombie engage un virage politique radical ou maintient sa trajectoire actuelle, alors que le pays fait face à une résurgence inquiétante de la violence.
Ce duel électoral s’inscrit dans un contexte marqué par des tensions sociales persistantes et une escalade des affrontements armés entre groupes illégaux et forces de l’ordre. Selon France 24, les deux candidats incarnent des visions radicalement opposées de la Colombie, tant sur le plan économique que sécuritaire, ce qui rend ce second tour particulièrement scruté par les observateurs internationaux.
Ce qu'il faut retenir
- Les Colombiens votent ce dimanche 21 juin 2026 pour le second tour de la présidentielle.
- Le scrutin oppose Iván Cepeda, progressiste et allié du premier gouvernement de gauche, à Abelardo de la Espriella, candidat d’extrême droite.
- Ce duel déterminera l’orientation politique et sécuritaire de la Colombie dans les années à venir.
- Le pays fait face à une résurgence de la violence, avec des affrontements entre groupes armés et forces de l’ordre.
- Les deux candidats proposent des programmes radicalement opposés sur les plans économique et social.
Un duel aux enjeux nationaux et internationaux
Ce second tour s’annonce comme l’un des plus disputés de l’histoire récente de la Colombie. D’un côté, Iván Cepeda, 54 ans, député et militant historique des droits humains, incarne la continuité des réformes progressistes initiées lors du premier mandat de gauche. De l’autre, Abelardo de la Espriella, avocat controversé et figure montante de l’extrême droite, promet un durcissement des politiques sécuritaires et un recentrage économique sur les secteurs traditionnels. Selon France 24, les sondages de sortie des urnes pourraient donner un avantage serré à l’un ou l’autre candidat, reflétant une société colombienne profondément divisée.
« Ce vote n’est pas seulement une élection présidentielle, c’est un choix de société », a déclaré un analyste politique de Bogotá cité par France 24. « Les Colombiens doivent trancher entre deux projets de pays radicalement différents, alors que le pays peine à se relever des violences des décennies passées. » La participation, déjà en baisse lors du premier tour en mai, sera un indicateur clé de la légitimité du futur président.
Une Colombie sous tension : violence et insécurité au cœur de la campagne
La campagne électorale s’est déroulée dans un climat de tension extrême, marqué par des assassinats ciblés de candidats locaux et des attaques attribuées à des groupes armés dissidents des FARC ou à des cartels de la drogue. Comme le souligne France 24, au moins 120 dirigeants sociaux et candidats locaux ont été tués depuis le début de l’année 2026, selon les chiffres de l’ONG Indepaz. Ces violences ont contraint les autorités à déployer des milliers de militaires dans les zones rurales, où l’influence des groupes illégaux reste prépondérante.
Les deux candidats ont fait de la sécurité une priorité de leur programme. Abelardo de la Espriella propose le rétablissement de l’ordre par des mesures répressives, tandis qu’Iván Cepeda mise sur une approche combinant négociations avec les groupes armés et investissements sociaux dans les territoires les plus touchés. « La Colombie ne peut plus se permettre d’alterner entre la répression aveugle et l’abandon des populations », a expliqué Cepeda lors d’un meeting à Medellín, selon France 24.
Les programmes économiques : un clivage radical
Sur le plan économique, les propositions des deux candidats divergent autant que leurs visions politiques. Abelardo de la Espriella prône une libéralisation accrue du secteur minier et énergétique, avec un soutien renforcé aux industries extractives, tandis qu’Iván Cepeda défend un modèle axé sur la redistribution des richesses et la lutte contre les inégalités, notamment via une réforme fiscale progressive. « L’enjeu est de savoir si la Colombie veut miser sur un modèle extractiviste, souvent associé à la corruption, ou sur un développement inclusif », analyse un économiste de l’université nationale de Colombie, cité par France 24.
Les débats sur la paix avec les groupes armés, la réforme agraire et les relations avec les États-Unis et la Chine ont également rythmé la campagne. Alors que de la Espriella promet un alignement strict sur Washington, Cepeda souhaite une politique étrangère plus autonome, notamment sur les questions commerciales et environnementales.
Ce second tour intervient après un premier tour marqué par une abstention record, avec seulement 45 % de participation. La faible mobilisation électorale reflète, selon les observateurs, une lassitude de la population face à un processus démocratique qu’elle juge parfois inefficace. Pourtant, les enjeux de ce scrutin restent colossaux : il s’agit ni plus ni moins de définir l’avenir d’un pays encore marqué par des décennies de conflit armé et d’inégalités sociales.
Les groupes armés, notamment les dissidences des FARC et les cartels de la drogue, ont multiplié les actes de violence pendant la campagne, visant des candidats locaux et des bureaux de vote. Leur influence pourrait peser sur la participation et la sécurité des résultats, selon France 24.
Après la présidentielle, les Colombiens sont appelés aux urnes en octobre 2026 pour les élections régionales et municipales, un scrutin qui pourrait être marqué par une forte abstention et des violences préélectorales.