D'après Le Monde, le gouvernement israélien restreint l’accès des journalistes étrangers en Cisjordanie, comme en témoigne l’expulsion récente de la reporter Alice Froussard, contrainte de quitter le territoire israélien alors qu’elle se rendait en Cisjordanie pour le compte de RFI.

Ce qu'il faut retenir

  • La journaliste Alice Froussard a été expulsée d’Israël alors qu’elle se rendait en Cisjordanie pour couvrir une actualité locale pour RFI.
  • Son expulsion s’inscrit dans un contexte de restrictions accrues imposées aux médias étrangers en Cisjordanie.
  • De nombreuses sociétés de journalistes dénoncent cette mesure, la qualifiant d’entrave à la liberté de la presse.
  • Cette décision intervient après des tensions similaires observées lors du conflit à Gaza, selon les observateurs.

Une expulsion aux motifs flous

Selon les informations rapportées par Le Monde, Alice Froussard s’est vue notifier son expulsion le 12 juin 2026, alors qu’elle se trouvait au point de contrôle d’entrée en Cisjordanie. RFI a confirmé que la journaliste avait été empêchée de poursuivre sa mission, sans justification claire de la part des autorités israéliennes. Le Monde précise que cette mesure a été prise dans un délai très court, laissant peu de temps à la consœur pour contester la décision.

Dans un communiqué, RFI a souligné que cette expulsion constituait une « entrave directe au travail des journalistes étrangers » en Cisjordanie. La radio publique française a rappelé que les restrictions administratives imposées aux reporters étrangers se multiplient depuis plusieurs mois, compliquant leur accès aux territoires palestiniens.

Un climat de méfiance envers les médias

Cette affaire s’ajoute à une série de mesures restrictives ciblant les journalistes étrangers en Israël et dans les territoires occupés. Selon Le Monde, plusieurs reporters ont été refoulés ces derniers mois, notamment lors de déplacements en Cisjordanie ou dans la bande de Gaza. Les autorités israéliennes invoquent généralement des « raisons de sécurité » pour justifier ces décisions, sans fournir de détails concrets.

La situation rappelle celle observée lors du conflit à Gaza en 2023-2024, où l’accès des médias internationaux avait été fortement limité. Le Monde indique que des associations de défense de la liberté de la presse, dont Reporters sans frontières et la Fédération internationale des journalistes, ont déjà alerté sur la dégradation des conditions de travail des journalistes dans la région.

Les sociétés de journalistes montent au créneau

Dans une tribune publiée ce 19 juin 2026, une quarantaine de sociétés de journalistes, dont l’Association de la presse étrangère en Israël (AJE) et le Syndicat national des journalistes (SNJ), dénoncent l’expulsion de Alice Froussard. Elles rappellent que cette mesure « porte atteinte au droit fondamental d’informer » et exigent des clarifications des autorités israéliennes.

Les signataires de la tribune, relayée par Le Monde, soulignent que les entraves à la presse étrangère « ne sont pas isolées » et s’inscrivent dans une stratégie plus large de contrôle de l’information. Elles appellent à une enquête indépendante sur les restrictions imposées aux journalistes en Cisjordanie et à Gaza.

« L’expulsion d’Alice Froussard est symptomatique d’un climat de défiance envers les médias étrangers, où chaque déplacement devient un parcours du combattant. »
— Extrait de la tribune des sociétés de journalistes, 19 juin 2026

Et maintenant ?

Pour les prochaines semaines, plusieurs organisations de défense des droits de l’homme et de la liberté de la presse devraient porter plainte auprès des instances internationales, comme le Haut-Commissariat aux droits de l’homme de l’ONU. Une audience est prévue devant le Parlement européen le 25 juin 2026 pour examiner l’impact des restrictions imposées aux journalistes en Israël et en Palestine. Les autorités israéliennes n’ont pas encore réagi publiquement à ces critiques.

Cette affaire met en lumière les difficultés croissantes rencontrées par les médias étrangers pour couvrir les conflits et les tensions dans les territoires occupés. Alors que les tensions persistent, la question de l’accès à l’information reste plus que jamais au cœur des débats.

Selon RFI et Le Monde, les autorités israéliennes n’ont pas fourni de motif précis pour justifier l’expulsion de la journaliste. La décision a été notifiée in extremis, sans possibilité de recours immédiat.