Six allocataires du revenu de solidarité active (RSA), la CGT et la Confédération paysanne ont porté plainte contre Maël de Calan devant le tribunal de Brest. Selon Le Monde - Politique, ils dénoncent une « traque aux précaires » à travers sa politique de contrôle renforcé des bénéficiaires du RSA. Accusé de mener un « procès politique », le président du conseil départemental du Finistère, figure montante de la droite bretonne, assume pleinement ses choix : en trois ans, le nombre d’allocataires est passé de 18 000 à 13 500, soit une baisse de plus de 25 %.
Ce qu'il faut retenir
- Six allocataires du RSA, la CGT et la Confédération paysanne ont saisi la justice pour « harcèlement » contre la politique de contrôle de Maël de Calan.
- Le président du Finistère est accusé de mener une « traque aux précaires » et un « procès politique ».
- Maël de Calan revendique une baisse de 4 500 bénéficiaires du RSA entre 2023 et 2026, passant de 18 000 à 13 500.
- L’audience s’est tenue devant le tribunal judiciaire de Brest, sans que les plaignants ne soient identifiés publiquement.
Une politique de contrôle contestée par les associations et syndicats
Les plaignants, soutenus par la CGT et la Confédération paysanne, estiment que les contrôles systématiques menés par le département du Finistère visent à sanctionner les bénéficiaires plutôt qu’à les accompagner. Ils dénoncent des méthodes intrusives et une logique de suspicion généralisée. « Ces contrôles, présentés comme une mesure de lutte contre la fraude, se transforment en véritable traque », a affirmé un représentant de la CGT lors de l’audience. Selon eux, cette politique stigmatise les personnes en situation de précarité et aggrave leur exclusion.
De son côté, Maël de Calan, qui a fait de la lutte contre le « travail au noir » et les abus du RSA un axe central de son mandat, rejette catégoriquement ces accusations. « Nous ne traquons personne. Nous appliquons la loi et nous veillons à ce que les fonds publics soient utilisés à bon escient », a-t-il déclaré devant les magistrats. Pour étayer sa défense, il a souligné que la baisse du nombre de bénéficiaires s’inscrivait dans une volonté de « responsabilisation » des allocataires.
Le Finistère sous le feu des critiques de la gauche et des associations
Cette affaire s’inscrit dans un contexte de tensions accrues autour des politiques sociales en France. Le Rassemblement National, dont Maël de Calan est proche, défend une ligne dure sur les questions de protection sociale, tandis que la gauche et les associations dénoncent une « précarisation organisée ». « On assiste à une instrumentalisation politique du RSA pour stigmatiser les plus fragiles », a réagi un porte-parole de la Confédération paysanne. Dans le Finistère, département rural où le chômage reste structurellement élevé, cette politique divise : si certains saluent une gestion « rigoureuse », d’autres y voient une « machine à exclure ».
Le tribunal de Brest doit désormais statuer sur la recevabilité des plaintes. Les associations et syndicats, qui ont saisi la justice pour « harcèlement » et « discrimination », réclament l’annulation des contrôles jugés abusifs et des excuses publiques. Maël de Calan, lui, mise sur le soutien de son électorat et des instances départementales pour poursuivre sa politique.
« Nous ne sommes pas dans un procès politique, mais dans un débat sur l’utilisation des deniers publics. La fraude existe, et elle doit être combattue. »
— Maël de Calan, président du conseil départemental du Finistère, devant le tribunal de Brest
Quoi qu’il en soit, cette affaire pourrait influencer les débats sur la réforme du RSA, déjà évoquée au niveau national. La droite bretonne, elle, compte bien faire de cette politique un argument électoral en vue des prochaines échéances départementales et régionales.