Selon Futura Sciences, la Nasa a revu sa feuille de route pour le programme Artemis, repoussant l’alunissage habité à fin 2028 au lieu de 2026. Une décision qui place deux entreprises privées, SpaceX et Blue Origin, dans une compétition serrée pour développer des atterrisseurs lunaires opérationnels dès 2027.

Ce qu'il faut retenir

  • La Nasa a décalé l’alunissage d’Artemis III à fin 2028, transformant cette mission en répétition générale en orbite terrestre fin 2027.
  • SpaceX et Blue Origin doivent qualifier leurs atterrisseurs lunaires dans les 18 prochains mois pour répondre aux exigences de la Nasa.
  • Le Starship HLS de SpaceX mise sur la puissance et la réutilisabilité, tandis que Blue Origin avance par étapes avec son Blue Moon Mk1 puis Mk2.
  • Le succès du Starship V3 de SpaceX et l’alunissage du Blue Moon Mk1 d’ici fin 2026 seront déterminants pour l’attribution des missions suivantes.
  • La Chine pourrait devancer les États-Unis sur la Lune, avec un alunissage prévu dès 2029, renforçant la pression sur Washington.

Un calendrier lunaire bouleversé

Le retour des astronautes américains sur la Lune, initialement prévu en 2026, a été reporté à fin 2028 par la Nasa. Cette décision, prise sous l’impulsion de Jared Isaacman, nouveau directeur de l’agence, vise à adopter une approche plus réaliste et progressive. Artemis III, qui devait marquer le premier alunissage depuis Apollo 17, sera désormais une mission de test en orbite terrestre fin 2027, sur le modèle d’Apollo 9 en 1969. Un choix qui s’inscrit dans un contexte géopolitique tendu, où les États-Unis cherchent à devancer la Chine, dont le programme lunaire Chang’e avance méthodiquement.

Selon Futura Sciences, cette révision du calendrier offre une opportunité à Blue Origin. Si SpaceX ne livre pas son atterrisseur à temps, l’entreprise de Jeff Bezos pourrait prendre le relais dès Artemis III ou IV. Une perspective qui ajoute une pression supplémentaire sur les deux acteurs privés.

Deux stratégies radicalement différentes

SpaceX mise sur le Starship HLS, une version adaptée de son lanceur géant Starship, conçue pour être réutilisable, ravitaillée en orbite et capable d’emporter d’importantes charges vers la Lune. Cette architecture repose sur des technologies inédites, comme le ravitaillement orbital à grande échelle, un défi technique majeur. Sur son site, l’entreprise revendique avoir franchi 49 étapes clés de développement, incluant des tests de systèmes de support de vie, des démonstrations de moteurs Raptor et des essais d’ascenseurs lunaires. Pourtant, des obstacles subsistent, notamment la cadence de lancement requise et la validation du Starship V3, dont le vol inaugural est attendu dans les prochaines semaines.

Blue Origin, sélectionné par la Nasa en 2022, adopte une approche radicalement opposée avec son Blue Moon. L’entreprise de Jeff Bezos privilégie une progression par étapes : un atterrisseur cargo sans équipage (Blue Moon Mk1) d’abord, suivi d’une version habitée (Blue Moon Mk2). Un test crucial est prévu d’ici la fin de l’année pour valider l’atterrissage lunaire. Cependant, des retards techniques, comme l’anomalie détectée sur le lanceur New Glenn lors de son dernier vol, menacent ce calendrier.

Transparence vs opacité : deux philosophies en compétition

La communication de SpaceX et Blue Origin reflète leurs différences stratégiques. SpaceX cultive une transparence quasi totale, avec des diffusions en direct, des mises à jour régulières et l’assomption publique de ses échecs. Cette approche permet une évaluation externe plus aisée de l’avancement du projet. À l’inverse, Blue Origin adopte une politique de communication discrète, distillant ses informations au compte-gouttes. Si cette discrétion s’explique par une volonté de protéger ses secrets industriels, elle complique l’appréciation réelle de ses retards, notamment sur les systèmes de maintien de vie des astronautes.

Comme le souligne Futura Sciences, cette opacité rend difficile toute estimation précise des chances de Blue Origin à tenir les délais imposés par la Nasa. Un handicap supplémentaire dans une compétition où chaque mois compte.

« La Nasa a clairement indiqué qu’elle volerait avec l’atterrisseur prêt en premier. La course est donc officiellement lancée entre les deux entreprises. »

— Jared Isaacman, directeur de la Nasa

Un enjeu géostratégique bien au-delà de la science

Le retour sur la Lune dépasse désormais le cadre de l’exploration scientifique. Il s’agit pour les États-Unis de réaffirmer leur leadership face à une Chine en pleine ascension spatiale. Pékin prévoit un alunissage habité dès 2029 et vise une présence permanente sur la Lune d’ici 2030-2035. Cette rivalité s’inscrit dans un contexte mondial multipolaire, où l’espace redevient un terrain d’affrontement indirect, symbolisé par la course aux ressources lunaires – eau glacée, hélium-3 ou terres rares – et à la définition des futures infrastructures orbitales.

La Nasa, sous l’impulsion de l’administration Trump, a été chargée de garantir l’arrivée des Américains sur la Lune avant les Chinois. Une mission qui pourrait s’avérer complexe, compte tenu des retards persistants des programmes privés américains. Le Comité consultatif sur la sécurité aérospatiale de la Nasa a d’ailleurs récemment tiré la sonnette d’alarme, évoquant des reports possibles de plusieurs années pour Artemis III.

Et maintenant ?

D’ici la fin 2026, deux événements pourraient redessiner le paysage de la course lunaire : le vol inaugural du Starship V3 de SpaceX, et l’alunissage du Blue Moon Mk1 de Blue Origin. Ces tests détermineront lequel des deux atterrisseurs sera retenu pour Artemis III, prévue en orbite terrestre fin 2027. Si SpaceX parvient à surmonter ses défis techniques, notamment le ravitaillement orbital, l’entreprise pourrait conserver l’avantage. À l’inverse, un succès de Blue Origin ouvrirait la voie à une collaboration accrue avec la Nasa, voire à une révision en profondeur des rôles attribués aux acteurs privés.

Dans tous les cas, la pression reste maximale. Les États-Unis doivent impérativement aligner leurs technologies sur les ambitions chinoises, sous peine de voir s’effriter leur domination historique dans l’espace. Une course où chaque détail technique et chaque retard comptent désormais double.

Selon Futura Sciences, la Nasa a adopté une approche plus prudente après des retards persistants dans le développement des atterrisseurs lunaires privés. Cette révision permet de transformer Artemis III en une mission de test en orbite terrestre fin 2027, sur le modèle d’Apollo 9, avant de tenter un alunissage habité à fin 2028.

Pour SpaceX, le ravitaillement orbital à grande échelle et la cadence de lancement élevée du Starship HLS constituent les principaux obstacles. Blue Origin doit quant à elle résoudre les problèmes techniques liés à son lanceur New Glenn et valider les systèmes de maintien de vie pour ses futurs astronautes.