L’enquête publique préalable à l’autorisation du projet Cigéo s’est ouverte lundi 18 mai 2026 à Bure, dans la Meuse, selon Libération. Trente ans après les premiers débats sur ce site d’enfouissement souterrain de déchets radioactifs, les tensions persistent autour de ce projet controversé.
Ce qu'il faut retenir
- Un projet vieux de trente ans : le site de Bure est conçu pour stocker 83 000 mètres cubes de déchets radioactifs de haute et moyenne activité à vie longue.
- Une enquête publique en cours : elle a débuté le 18 mai 2026 et doit permettre au gouvernement de trancher sur l’autorisation du projet.
- Un climat social tendu : les oppositions locales et nationales se sont multipliées depuis les années 1990, sans interruption.
- Un stockage souterrain prévu à 500 mètres de profondeur : le site est conçu pour isoler les déchets pendant des millénaires.
Un projet né dans les années 1990 et toujours contesté
Dès les années 1990, le projet Cigéo – Centre industriel de stockage géologique – a suscité des débats passionnés. Porté par l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra), il vise à enfouir à 500 mètres sous terre, près de Bure, des déchets nucléaires dont la radioactivité peut persister des milliers d’années. 83 000 mètres cubes de matières radioactives sont concernés, un volume qui correspond à l’équivalent de la production française actuelle sur une centaine d’années.
Selon Libération, les opposants au projet dénoncent depuis des décennies les risques de contamination des nappes phréatiques, tandis que ses défenseurs insistent sur la nécessité de gérer ces déchets sans report de responsabilité aux générations futures.
Une enquête publique sous haute tension
L’ouverture de l’enquête publique lundi 18 mai marque une étape clé. Pendant plusieurs semaines, les habitants, associations et experts pourront consulter le dossier et faire part de leurs observations. Libération souligne que le climat est particulièrement tendu, avec des mobilisations régulières contre le projet depuis des années. Les opposants organisent régulièrement des rassemblements et des blocages, tandis que les autorités locales tentent de maintenir le dialogue.
« Le projet Cigéo est une solution technique sérieuse, mais il doit être discuté de manière transparente », a déclaré un porte-parole de l’Andra. De leur côté, les associations locales rappellent que plus de 300 communes ont adopté des motions contre le projet, selon les chiffres de la coordination Stop Cigéo.
Un site conçu pour durer des millénaires
Le laboratoire souterrain de Bure, creusé à 500 mètres de profondeur, sert de base aux études géologiques. Le projet Cigéo prévoit la construction d’un réseau de galeries de plusieurs kilomètres pour y stocker les colis de déchets vitrifiés et compactés. L’objectif est de confiner ces matières radioactives pendant au moins 100 000 ans, le temps nécessaire pour que leur radioactivité diminue à un niveau considéré comme sans danger.
Pour ses promoteurs, cette solution est la seule viable pour gérer les déchets nucléaires français, dans l’attente d’éventuelles innovations futures. « Nous n’avons pas d’autre choix que d’enfouir ces déchets, faute de meilleure solution à court terme », a expliqué un expert en énergie nucléaire sous couvert d’anonymat.
Si l’enquête publique aboutit favorablement, le gouvernement devra encore obtenir l’accord de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) avant toute autorisation définitive. Un processus qui pourrait s’étendre sur plusieurs années, compte tenu des enjeux techniques et sociétaux en jeu.
Le site de Bure a été sélectionné après des études géologiques approfondies, car il repose sur une couche d’argile stable depuis des millions d’années, limitant les risques de migration des déchets radioactifs. Cette formation géologique, épaisse de plus de 130 mètres, est considérée comme imperméable, ce qui en fait un candidat idéal pour un stockage profond.