Quatre syndicats représentant les psychiatres du secteur public ont annoncé, ce lundi 15 juin, leur intention de déclencher une grève à partir de la mi-septembre. Cette mobilisation fait suite à leur dénonciation des « promesses vagues » et des « mesures cosmétiques ou irréalisables » présentées par le gouvernement lors d’une réunion interministérielle début juin, consacrée à la santé mentale comme « grande cause nationale ».
Ce qu’il faut retenir
- Quatre syndicats principaux – l’Intersyndicale de la Défense de la Psychiatrie Publique (IDEPP), le Syndicat des Psychiatres d’Exercice Public (SPEP), le Syndicat des Psychiatres des Hôpitaux (SPH) et l’Union syndicale de la Psychiatrie (USP) – appellent à une grève à partir de la mi-septembre.
- Ils dénoncent le manque de mesures concrètes et d’enveloppes budgétaires supplémentaires, malgré des retards accumulés dans le secteur.
- Le gouvernement a annoncé début juin deux mesures, dont un « coupe-file » pour les élèves en détresse psychique, mais sans moyens supplémentaires alloués.
- Les syndicats réclament notamment l’augmentation des capacités d’hospitalisation, la revalorisation des rémunérations et la fin des pratiques de contention d’ici 2030.
Selon Franceinfo - Santé, les syndicats de psychiatres du secteur public se disent « consternés » par les réponses du gouvernement, qu’ils qualifient d’« inconsistantes » face à la crise structurelle de la psychiatrie publique. Dans un communiqué publié lundi, ils ont intitulé leur appel : « Stop au mépris et à la maltraitance de la psychiatrie publique ».
Parmi les organisations signataires figurent l’Intersyndicale de la Défense de la Psychiatrie Publique (IDEPP), le Syndicat des Psychiatres d’Exercice Public (SPEP), le Syndicat des Psychiatres des Hôpitaux (SPH) et l’Union syndicale de la Psychiatrie (USP). Ces syndicats critiquent vivement le déroulement d’une réunion interministérielle sur la santé mentale, organisée début juin et présentée comme une « grande cause nationale ».
« On attendait un projet ambitieux, structuré, une méthode, un échéancier, une perspective d’envergure », ont-ils souligné dans leur communiqué, avant d’ajouter : « On a trouvé de la communication, des promesses vagues, des mesures cosmétiques ou irréalisables, sans moyens supplémentaires ». Les responsables syndicaux rappellent avoir rencontré « au moins cinq ou six ministres en quatre ans » et avoir déposé des propositions restées sans suite.
« La psychiatrie n’a pas besoin de communication ni de caresses, mais de mesures concrètes et pluriannuelles pour rattraper les retards qui se cumulent d’année en année, ainsi que de moyens conséquents pour faire face aux missions qui se multiplient. »
– Communiqué des syndicats de psychiatres
Les syndicats exigent notamment l’augmentation des capacités d’hospitalisation, un renforcement de l’accueil en centres médico-psychologiques (CMP) sans hébergement, ainsi qu’une revalorisation des ressources allouées aux structures et des rémunérations des professionnels. « À défaut, et devant ce silence assourdissant, nous lançons un mouvement de mobilisation et de grève de tous les psychiatres publics à partir de mi-septembre », ont-ils prévenu.
Le 2 juin dernier, le gouvernement a annoncé deux mesures dans le cadre de cette « grande cause nationale ». Parmi elles, un « coupe-file » destiné à orienter en moins de 48 heures les élèves repérés par l’Éducation nationale comme étant en état de détresse psychique vers un suivi adapté. Stephanie Rist, ministre de la Santé, a précisé que les professionnels de santé devraient « s’organiser entre eux » pour « libérer des créneaux » et répondre à ces urgences. Une seconde annonce concernait la fin, d’ici 2030, des pratiques de contention dans les établissements psychiatriques.
Pour les syndicats, ces mesures restent insuffisantes. Ils estiment que le gouvernement n’a pas répondu à l’urgence structurelle du secteur, marquée par des retards accumulés depuis des années et un manque criant de moyens humains et financiers. « Les promesses restent sans lendemain », a dénoncé l’un des porte-parole de l’IDEPP, qui rappelle que les professionnels du public sont soumis à des conditions de travail de plus en plus difficiles, avec des effectifs souvent insuffisants pour répondre à la demande.
Cette annonce survient dans un contexte où la santé mentale est au cœur des débats politiques, après plusieurs années marquées par la crise sanitaire et ses conséquences sur la santé psychique des Français. Les syndicats espèrent que leur mouvement de grève saura alerter l’opinion publique et les décideurs sur l’urgence d’agir.
Les syndicats réclament principalement une augmentation des capacités d’hospitalisation, un renforcement des centres médico-psychologiques (CMP) sans hébergement, une revalorisation des ressources et des rémunérations, ainsi que des moyens financiers supplémentaires pour le secteur. Ils demandent également des mesures concrètes pour mettre fin aux pratiques de contention d’ici 2030.
Le gouvernement a annoncé début juin deux mesures, dont un « coupe-file » pour les élèves en détresse psychique et la fin programmée des contentions en psychiatrie d’ici 2030. Cependant, les syndicats estiment que ces annonces sont insuffisantes et manquent de moyens concrets pour être appliquées.