Dix jours après avoir été blessé lors d’une manifestation contre le projet de révision constitutionnelle en République démocratique du Congo, Delly Sesanga, figure majeure de l’opposition, maintient la pression. Le 12 juin, alors que des milliers de Congolais défilaient dans les rues pour dénoncer l’initiative du président Felix Tshisekedi, le député et président de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) a été touché par des tirs. Selon Libération, il revient sur les motivations de cette mobilisation et les nouvelles actions prévues pour bloquer le texte, qui permettrait au chef de l’État de briguer un troisième mandat.

Ce qu'il faut retenir

  • Delly Sesanga, leader de l’UDPS et président de la Commission politique de l’Assemblée nationale, a été blessé lors d’une manifestation à Kinshasa le 12 juin 2026.
  • Le projet de révision constitutionnelle en débat vise à permettre au président Felix Tshisekedi de se représenter pour un troisième mandat.
  • Malgré les intimidations et son état de santé, Sesanga annonce de nouvelles actions pour contrer cette initiative, jugée antidémocratique.
  • L’opposition craint que ce texte ne fragilise davantage les institutions congolaises, déjà fragilisées par des années de crises politiques.

Un projet constitutionnel controversé

Depuis plusieurs semaines, le débat autour de la révision de la Constitution congolaise anime la vie politique du pays. Selon Libération, l’objectif affiché par l’exécutif serait d’adapter le texte aux réalités contemporaines. Mais pour l’opposition, il s’agit surtout d’une manœuvre pour contourner la limite des deux mandats présidentiels. Felix Tshisekedi, en fonction depuis 2019, pourrait ainsi se maintenir au pouvoir jusqu’en 2031 si le texte est adopté. — Les critiques dénoncent un coup de force institutionnel, alors que la société civile et une partie de la classe politique appellent au respect des règles démocratiques.

Des violences lors des manifestations du 12 juin

La mobilisation du 12 juin à Kinshasa s’est soldée par des affrontements entre forces de l’ordre et manifestants. Delly Sesanga, présent lors de la marche, a été blessé par des tirs. Selon Libération, il aurait été touché à la jambe, nécessitant des soins médicaux. « Nous n’allons pas nous laisser intimider par la terreur », a-t-il déclaré à Libération, soulignant que cette attaque ne fera que renforcer la détermination de l’opposition. — Les autorités congolaises n’ont pas encore réagi officiellement aux accusations de violences policières portées par les organisateurs de la manifestation.

L’opposition prépare de nouvelles actions

Malgré son état de santé, Delly Sesanga a indiqué que l’opposition ne reculerait pas. «

Nous allons multiplier les initiatives pour faire entendre notre voix, que ce soit sur le plan juridique, parlementaire ou citoyen. Ce projet est une violation flagrante de la Constitution et des principes démocratiques.
» Selon lui, des recours devant la Cour constitutionnelle et des mobilisations populaires sont déjà en préparation. — L’UDPS, principale force d’opposition, appelle à une mobilisation nationale pour exiger le retrait du texte, qu’elle qualifie de « coup d’État constitutionnel ».

Et maintenant ?

Les prochaines étapes dépendront de la capacité de l’opposition à mobiliser la population et à obtenir le soutien de la communauté internationale. Un vote à l’Assemblée nationale pourrait intervenir dans les prochaines semaines, mais son calendrier reste incertain. Les observateurs s’attendent à de nouvelles tensions si le texte est maintenu, avec un risque d’escalade des violences. — La Cour constitutionnelle, saisie par plusieurs formations politiques, devrait rendre un avis dans les prochains mois, ce qui pourrait influencer le cours des événements.

Alors que la RDC s’apprête à traverser une période politique décisive, la question reste entière : la révision constitutionnelle sera-t-elle adoptée, ou les pressions de l’opposition et de la société civile parviendront-elles à faire reculer le pouvoir ?

Delly Sesanga est le président de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), le parti historique de l’opposition en RDC. Il occupe également le poste de président de la Commission politique de l’Assemblée nationale. Son rôle est central dans la coordination des actions contre le projet de révision constitutionnelle, qu’il considère comme une menace pour la démocratie congolaise.