En République démocratique du Congo, le camp présidentiel a réagi avec virulence aux accusations portées par l'opposition, qui dénonce une répression de sa marche du 12 juin contre le projet de modification de la Constitution. Selon RFI, cette manifestation, organisée par la Coalition Article 64 (C64) et soutenue par des figures politiques comme Martin Fayulu, Moïse Katumbi, Delly Sesanga ou encore Matata Ponyo, s'inscrit dans un contexte de tensions autour de la réforme constitutionnelle portée par la majorité au pouvoir, alors que le deuxième mandat du président Félix Tshisekedi touche à sa fin dans deux ans.

Ce qu'il faut retenir

  • Une marche d'opposition contre le projet de réforme constitutionnelle en RDC a eu lieu le 12 juin 2026, organisée par la Coalition Article 64 (C64).
  • Cette coalition regroupe des partis politiques menés par Martin Fayulu, Moïse Katumbi, Delly Sesanga, Matata Ponyo et des mouvements citoyens.
  • Le 14 juin 2026, le parti présidentiel a accusé l'opposition d'avoir « menti » sur les circonstances de la dispersion de la manifestation.
  • Le projet de réforme constitutionnelle, porté par la majorité au pouvoir, suscite une forte opposition à deux ans de la fin du deuxième mandat de Félix Tshisekedi.

Une marche contestée et des accusations de répression

La manifestation organisée le 12 juin par la Coalition Article 64 (C64) visait à protester contre le projet de modification de la Constitution, porté par le camp présidentiel. Selon les organisateurs, la dispersion de la marche s'est accompagnée de violences et de répression de la part des forces de l'ordre. Ces allégations, qui dénoncent des « blessures » et des méthodes contestables, ont été vivement contestées par le parti présidentiel. RFI rapporte que cette confrontation illustre les tensions persistantes entre le pouvoir en place et une opposition déterminée à bloquer toute réforme constitutionnelle perçue comme un moyen de contourner les règles démocratiques.

Parmi les leaders de l'opposition impliqués dans l'organisation de cette marche figuraient des personnalités politiques de premier plan. Martin Fayulu, ancien candidat à la présidentielle, Moïse Katumbi, gouverneur de la province du Haut-Katanga, Delly Sesanga, figure de l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), ainsi que Matata Ponyo, ancien Premier ministre, ont tous joué un rôle actif dans la mobilisation. Leur coalition, la C64, s'appuie également sur des mouvements citoyens pour amplifier son message de contestation.

Le parti présidentiel dément les allégations de l'opposition

Lors d'une réunion politique organisée le 14 juin au siège du parti présidentiel, les responsables ont rejeté en bloc les accusations portées par l'opposition. Selon eux, les déclarations sur les circonstances de la dispersion de la marche du 12 juin relèvent d'une « désinformation » visant à discréditer le régime de Félix Tshisekedi. Le chef du parti présidentiel a ainsi affirmé que les blessures évoquées par les organisateurs de la manifestation n'avaient pas été constatées, et que les forces de l'ordre avaient agi dans le strict respect des procédures.

Cette réponse musclée du camp présidentiel s'inscrit dans une stratégie plus large de défense de sa réforme constitutionnelle. Le projet, qui pourrait permettre de prolonger ou de modifier les conditions d'application des mandats présidentiels, est perçu par l'opposition comme une tentative de contourner la limite constitutionnelle des deux mandats. À deux ans de la fin du mandat de Félix Tshisekedi, prévu pour 2028, la question de la succession et des règles électorales devient un sujet de débat national brûlant.

Et maintenant ?

La tension entre le pouvoir et l'opposition pourrait s'aggraver dans les semaines à venir, alors que le débat sur la réforme constitutionnelle reste en suspens. Une nouvelle mobilisation de la C64 est-elle à prévoir ? Le gouvernement devrait-il revoir sa copie pour apaiser les tensions ? Autant de questions qui restent en suspens, alors que la date butoir de 2028 se rapproche. Une décision sur la réforme pourrait être annoncée d'ici la fin de l'année, en fonction des rapports de force politiques et des consultations en cours.

Pour l'opposition, la bataille juridique et politique ne fait que commencer. La C64 pourrait multiplier les initiatives pour bloquer le projet, tandis que le parti présidentiel, déterminé à faire passer sa réforme, pourrait durcir le ton. La question de la crédibilité des institutions et du respect de l'État de droit reste au cœur du débat, alors que la RDC s'apprête à vivre une période électorale décisive dans les années à venir.