La République démocratique du Congo (RDC) fait face à sa 17e épidémie d’Ebola, officiellement déclarée par les autorités le 15 mai 2026. Selon Franceinfo - Santé, la maladie a déjà causé 139 morts et recensé plus de 600 cas suspects, principalement dans la province de l’Ituri, au nord-est du pays. Face à cette urgence sanitaire, les autorités sanitaires ont activé une alerte internationale via l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), dimanche dernier. Pour toucher la population, la sensibilisation passe désormais par les médias traditionnels comme la radio, mais aussi par les réseaux sociaux, qui gagnent en influence auprès des jeunes générations.
Ce qu'il faut retenir
- 139 morts et 600 cas suspects depuis le début de l’épidémie en RDC, déclarée le 15 mai 2026.
- L’alerte sanitaire internationale a été déclenchée par l’OMS le dimanche 19 mai 2026.
- 71 % des Congolais écoutent la radio, mais les réseaux sociaux, en forte croissance, deviennent un outil clé de sensibilisation.
- TikTok a enregistré une hausse de 51 % d’utilisateurs en 2024 en RDC, selon Médecins sans frontières (MSF).
- Les gestes barrières, notamment lors des enterrements, restent un défi majeur face à la propagation du virus.
Une épidémie aux enjeux sanitaires et sociaux
L’épidémie d’Ebola en RDC s’étend principalement dans la province de l’Ituri, une région du nord-est du pays marquée par des défis logistiques et une faible couverture sanitaire. Plus de 139 décès et 600 cas suspects ont été recensés depuis l’officialisation de l’épidémie, il y a une semaine. Les autorités locales, soutenues par des organisations internationales, tentent de contenir la propagation en renforçant les mesures préventives, notamment dans la ville de Goma. Cependant, la méfiance d’une partie de la population et les rumeurs compliquent les efforts de lutte contre la maladie, selon les retours des acteurs de terrain.
L’OMS a déclenché une alerte sanitaire internationale dimanche 19 mai 2026, en réponse à la gravité de la situation. Cette mesure vise à mobiliser des ressources supplémentaires et à coordonner les interventions entre les différents acteurs humanitaires. Pourtant, dans certaines zones, comme Goma, les habitants expriment un sentiment d’isolement et craignent de ne pas recevoir l’aide nécessaire en temps utile, comme le rapportait récemment Franceinfo - Santé.
La radio, pilier traditionnel, et les réseaux sociaux, nouvelle arme de sensibilisation
En RDC, la radio reste le média le plus utilisé pour s’informer, avec 71 % de la population qui l’écoute régulièrement. Dans les villages, les radios communautaires jouent un rôle clé en diffusant des messages en langues locales, adaptés aux réalités des communautés. Ces stations sont souvent les premières sources d’information sur les gestes barrières et les symptômes de la maladie, permettant une sensibilisation ciblée et accessible. Cependant, leur portée reste limitée aux zones desservies par les ondes hertziennes.
C’est là que les réseaux sociaux prennent le relais. Avec une croissance fulgurante, ils touchent désormais une audience plus jeune et urbaine. TikTok, en particulier, a vu son nombre d’utilisateurs en RDC augmenter de 51 % en 2024, selon les données de Médecins sans frontières. Des personnalités locales, comme le médecin vulgarisateur Dr. Claude, utilisent cette plateforme pour partager des conseils médicaux et rappeler les risques liés aux enterrements, point crucial de transmission du virus. Ses vidéos, visionnées par des centaines de milliers de personnes, illustrent l’efficacité de ces nouveaux canaux pour diffuser des informations vitales.
Une mobilisation multisectorielle contre la désinformation
Face à chaque nouvelle épidémie d’Ebola en RDC, la désinformation constitue un obstacle majeur à la lutte contre la maladie. Les fausses rumeurs sur les modes de transmission ou l’efficacité des traitements se propagent rapidement, alimentant la méfiance envers les autorités sanitaires. Pour contrer ce phénomène, les organisations comme l’OMS et Médecins sans frontières (MSF) misent sur les réseaux sociaux pour diffuser des messages clairs et vérifiés. Des visuels explicatifs, des vidéos de sensibilisation et des lives avec des experts sont partagés quotidiennement sur Instagram, Facebook et TikTok.
Dr. Maxime Tsongo, coordinateur médical de MSF à Kinshasa, souligne l’importance de ces outils : « Pour des spots sur les chaînes radio ou à la télévision, il y a des horaires fixes pour les diffuser. Mais sur les réseaux sociaux, l’information circule instantanément. On ne peut plus ignorer ce canal. » Il ajoute que ces plateformes permettent également de cibler des messages spécifiques, comme les jeunes ou les communautés rurales, en utilisant des formats adaptés à chaque audience. Une stratégie qui s’avère indispensable dans un pays où l’accès à l’information reste inégal.
« Les réseaux sociaux ont pris une place majeure dans la transmission et le partage d’informations. Aujourd’hui, on ne peut plus s’en passer. »
— Dr. Maxime Tsongo, coordinateur médical de MSF en RDC
Les enterrements, point de tension dans la lutte contre Ebola
L’un des défis persistants dans la lutte contre Ebola en RDC concerne les pratiques funéraires. Les cérémonies d’enterrement, où les familles et les proches sont en contact direct avec le défunt, sont un vecteur majeur de transmission du virus. Les autorités sanitaires, appuyées par des associations locales, tentent de sensibiliser la population aux risques encourus lors de ces rassemblements. Des figures comme Dr. Claude, qui cumule des centaines de milliers de vues sur TikTok, insistent sur l’importance des gestes barrières même dans ces moments de deuil.
Parmi les initiatives récentes, on note aussi l’implication d’artistes et d’écrivains. À Goma, le musicien Bernard Magumba, connu sous le pseudonyme « Bfm », a publié une vidéo pour appeler ses fans à prendre l’épidémie au sérieux. De son côté, l’écrivaine Myra Dunoyer Vahighene, dont le frère est décédé d’Ebola en 2019, utilise sa notoriété pour partager des témoignages et des conseils. Ces mobilisations montrent comment la société civile s’empare du sujet pour compléter les efforts des autorités sanitaires.
La situation reste fragile, mais l’utilisation des réseaux sociaux offre une lueur d’espoir. En combinant tradition et modernité, les autorités et la société civile tentent de briser le cycle de la désinformation et de sauver des vies. Reste à voir si cette approche innovante suffira à endiguer l’épidémie dans un contexte où les ressources et la confiance des populations sont limitées.
Ils permettent de toucher rapidement une audience jeune et urbaine, moins réceptive aux médias traditionnels comme la radio. De plus, leur viralité aide à contrer les fausses informations qui se propagent lors des épidémies. Enfin, les plateformes comme TikTok ou Instagram offrent des formats adaptés pour expliquer les gestes barrières de manière accessible.