Le patron de Renault, François Provost, a demandé jeudi à l'Union européenne de geler pendant une décennie la réglementation automobile en vigueur, afin de permettre au constructeur de concentrer ses efforts sur la baisse des prix des véhicules électriques et l'électrification de son offre. Une proposition formulée lors d'une conférence à Londres, selon BFM Business.
Lors de l'événement « Future of the Car », organisé par le Financial Times, François Provost a plaidé pour un gel des normes environnementales et techniques applicables aujourd'hui aux modèles comme la Renault 5 ou la Clio. « Ce que je propose à l'UE (...) c'est que nous prenions la réglementation telle qu'elle est aujourd'hui, celle qui s'applique à la R5, à la Clio, et que nous la gelions pendant 10 ans », a-t-il déclaré en anglais.
Ce qu'il faut retenir
- Proposition phare : François Provost, PDG de Renault, demande à l'UE de geler pendant dix ans les normes automobiles actuelles pour relancer le marché des petites voitures électriques.
- Objectif principal : Permettre aux ingénieurs de Renault de se consacrer à la réduction des coûts et à l'électrification, sans être contraints par un « tsunami de réglementations ».
- Contexte concurrentiel : Le marché européen des véhicules électriques est dopé par la concurrence accrue des constructeurs chinois, notamment sur les modèles compacts.
- Chiffres clés : Les ventes de voitures électriques neuves en France ont progressé de 48 % sur les quatre premiers mois de 2026, tirées par la Renault 5 et les marques asiatiques.
- Position de Renault : Le groupe affiche un chiffre d'affaires en hausse de 7,3 % au premier trimestre 2026, porté par la demande en modèles électriques.
Un gel réglementaire pour réorienter les ressources industrielles
François Provost justifie sa demande par la nécessité de libérer des ressources techniques et financières, aujourd'hui mobilisées par l'adaptation permanente aux nouvelles réglementations européennes. « Croyez-moi, tous nos ingénieurs, qui aujourd'hui font face à un tsunami de réglementations européennes, pourront consacrer du temps et des ressources à faire baisser les prix » et se concentrer « sur l'électrification », a-t-il souligné.
Cette proposition s'inscrit dans une stratégie plus large visant à redynamiser le marché des véhicules électriques compacts, cœur de cible du marché européen. « Cela permettra assurément de relancer le marché européen, car le cœur du marché européen, ce sont les voitures compactes », a-t-il ajouté. Le patron de Renault insiste par ailleurs sur le fait qu'il ne s'agit pas de réduire le niveau des normes, mais simplement de les « geler » pour une période de dix ans.
La Commission européenne déjà encline à soutenir cette approche
La demande de Renault intervient dans un contexte où la Commission européenne a elle-même évoqué, dans son plan de soutien au secteur automobile présenté en décembre 2025, la possibilité de créer une nouvelle catégorie de petits véhicules électriques, dite « M1e ». Bruxelles envisage notamment de limiter l'introduction de nouvelles obligations réglementaires pendant dix ans pour soutenir cette filière.
« Je soutiens la proposition de la Commission », a déclaré François Provost, confirmant ainsi son alignement avec la stratégie européenne. Cette convergence entre le constructeur français et l'exécutif bruxellois pourrait faciliter la mise en œuvre de mesures concrètes dans les mois à venir.
Un marché électrique européen sous pression chinoise
Les chiffres publiés début mai par la Plateforme automobile (PFA) montrent une progression marquée des ventes de véhicules électriques en France : +48 % sur les quatre premiers mois de 2026. Cette dynamique est notamment portée par la Renault 5, modèle phare du constructeur, mais aussi par l'essor des marques chinoises, qui renforcent leur présence sur le marché européen.
Cette concurrence accrue met en lumière la nécessité, pour les constructeurs européens, de proposer des véhicules électriques à des prix compétitifs. Renault, qui a enregistré une hausse de son chiffre d'affaires de 7,3 % au premier trimestre 2026 — grâce notamment à ses modèles électriques — mise sur cette stratégie pour maintenir sa position face à la concurrence asiatique.
La question de l'équilibre entre innovation réglementaire et compétitivité industrielle reste donc au cœur des débats, alors que le marché automobile européen tente de concilier transition écologique et pression concurrentielle.
Le PDG de Renault, François Provost, estime que le « tsunami de réglementations » actuelles mobilise trop de ressources techniques et financières, empêchant le constructeur de se concentrer pleinement sur la réduction des coûts des véhicules électriques et leur électrification. Un gel permettrait, selon lui, de relancer le marché des petites voitures électriques, cœur de cible en Europe.
La Commission européenne a déjà évoqué, dans son plan de soutien au secteur automobile de décembre 2025, la possibilité de créer une catégorie « M1e » pour les petits véhicules électriques, avec un gel des obligations réglementaires pendant dix ans. François Provost a d'ailleurs déclaré : « Je soutiens la proposition de la Commission ».