Lors d’un entretien accordé à RFI, France 24 et TV5 Monde en marge du sommet « Africa Forward », le président français Emmanuel Macron a affiché son opposition aux sanctions américaines visant le Rwanda, accusé par Washington de soutenir les rebelles du M23 (Mouvement du 23 mars). Une position, selon RFI, qui ne surprend pas l’entourage du président congolais Félix Tshisekedi.
Ce qu'il faut retenir
- Emmanuel Macron s’est opposé aux sanctions américaines contre le Rwanda lors d’un entretien accordé à RFI, France 24 et TV5 Monde, d’après RFI.
- Le Rwanda est accusé par les États-Unis de soutenir les rebelles du M23, un groupe armé actif dans l’est de la RDC.
- La position française en faveur du dialogue plutôt que des sanctions est jugée « logique » par l’entourage de Félix Tshisekedi.
- Le sommet Africa Forward, où cette déclaration a été faite, s’est tenu en mai 2026.
La prise de position d’Emmanuel Macron ne constitue pas une surprise pour Kinshasa. Dans un communiqué diffusé après les déclarations du chef de l’État français, un conseiller de Félix Tshisekedi a indiqué que « Paris a toujours privilégié la diplomatie régionale » plutôt que les mesures coercitives. Cette approche, rappelle-t-on, s’inscrit dans la continuité des relations franco-africaines, marquées par une volonté de stabilisation plutôt que d’isolement.
Le M23, groupe rebelle majoritairement tutsi, est actif depuis plus d’une décennie dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC). Les États-Unis ont récemment adopté une série de sanctions contre des responsables rwandais, accusés de soutenir militairement ce mouvement. Une décision qui a été perçue comme une pression accrue sur Kigali, déjà sous le feu des critiques de la communauté internationale pour son implication présumée dans le conflit.
Interrogé sur la question, Emmanuel Macron a plaidé pour un « retour au dialogue entre Kinshasa et Kigali », soulignant que les sanctions pourraient « aggraver les tensions » plutôt que de les résoudre. Une position qui contraste avec celle de Washington, mais qui s’aligne sur la politique africaine de la France, souvent perçue comme plus nuancée sur les questions de sécurité régionale.
« La solution ne passera pas par des mesures unilatérales, mais par une approche concertée avec nos partenaires africains », a déclaré le président français, selon RFI.
À Kinshasa, cette déclaration a été accueillie avec une relative indifférence. Un haut fonctionnaire du gouvernement congolais a confié à RFI que « la France a toujours eu une approche différente des États-Unis sur les crises africaines ». Une différence de méthode qui, selon lui, « ne change rien à la donne » sur le terrain, où les combats entre l’armée congolaise et le M23 se poursuivent.
Le sommet Africa Forward, organisé en mai 2026 à Paris, visait à renforcer les partenariats économiques et sécuritaires entre l’Afrique et l’Europe. Emmanuel Macron y a réaffirmé l’engagement de la France en faveur de la paix sur le continent, tout en écartant l’idée d’une ingérence directe dans les conflits internes.
En RDC, l’escalade des violences dans l’est du pays pourrait contraindre les acteurs régionaux à revoir leur stratégie. Pour l’instant, la France maintient son soutien à Félix Tshisekedi, tout en évitant une confrontation directe avec le Rwanda. Autant dire que la crise du M23 reste un dossier complexe, où les divisions internationales risquent de prolonger l’instabilité.
Washington accuse Kigali de soutenir militairement le M23, un groupe rebelle actif dans l’est de la RDC. Ces sanctions visent à faire pression sur le gouvernement rwandais pour qu’il cesse son implication présumée dans le conflit.