Un grave accident impliquant une adolescente usagère des Vélo’v a relancé le débat sur l’aménagement du Chemin neuf, une montée entièrement dédiée aux cyclistes depuis 2024 à Lyon. Selon Le Figaro, la nouvelle présidente de la métropole lyonnaise, Véronique Sarselli (LR), envisage désormais la réouverture partielle de cet axe aux véhicules automobiles, malgré l’opposition des défenseurs des mobilités douces et des riverains. Cette proposition s’inscrit dans une série d’ajustements des politiques cyclables menées par l’ancienne majorité écologiste, désormais contestées par la droite métropolitaine.

Ce qu'il faut retenir

  • Un tronçon cyclable en pente à 14 %, situé dans le 5e arrondissement de Lyon, a été le théâtre d’un accident grave impliquant une adolescente en Vélo’v le mois dernier.
  • La présidente de la métropole, Véronique Sarselli (LR), propose de rouvrir partiellement le Chemin neuf aux voitures, une mesure soutenue par certains élus locaux comme Thomas Rudigoz (centriste).
  • Des aménagements de sécurisation ont été annoncés, dont des panneaux de signalisation renforcés et des contrôles policiers, mais l’opposition des associations cyclistes et écologistes reste forte.
  • La ville de Lyon et la métropole étudient d’autres mesures, comme l’installation de bandes rugueuses ou de glissières, ainsi qu’une campagne de sensibilisation pour les 110 000 usagers Vélo’v.
  • Cette décision s’inscrit dans une stratégie plus large de la droite métropolitaine, qui souhaite réviser certains aménagements cyclables jugés « inefficaces », comme la rue Grenette en presqu’île.

Un accident et un virage dangereux à l’origine du débat

Le Chemin neuf, intégrée à la voie lyonnaise 12 – un réseau de pistes cyclables sécurisées porté par l’ancienne majorité écologiste –, est un axe en forte pente où circulent quotidiennement quelque 2 000 cyclistes. L’accident du mois dernier, impliquant une adolescente en Vélo’v, a révélé les risques liés à un virage serré en bas de la montée, un point souvent mal négocié par les usagers peu expérimentés. Pour y remédier, Véronique Sarselli s’est rendue sur place mercredi pour présenter des mesures correctives, dont l’ajout de panneaux signalant les 14 % de déclivité et un virage dangereux.

La présidente de la métropole n’a pas caché son mécontentement face à l’absence de sécurisation antérieure, déclarant : « Je suis stupéfaite que cette sécurisation n’ait pas été faite et qu’elle n’ait jamais été demandée par le maire de Lyon » (Grégory Doucet, écologiste, NDLR). Une déclaration qui a suscité une réponse immédiate de l’adjoint écologiste aux mobilités, Laurent Bosetti, pour qui ces aménagements « ont été demandés » par la municipalité.

Réouverture aux voitures : une mesure clivante

L’hypothèse d’une réouverture partielle du Chemin neuf aux véhicules automobiles divise profondément les acteurs locaux. Thomas Rudigoz, centriste et redevenu maire du 5e arrondissement, a salué les mesures annoncées et n’exclut pas d’aller plus loin en installant un radar pédagogique ou des panneaux de protection pour les piétons. Il réclame surtout la réouverture de l’axe « dans le sens de la descente », une proposition qui s’inscrit dans le programme de son mouvement, Grand Cœur Lyonnais, dont est issue Véronique Sarselli.

Cependant, cette perspective est vivement combattue par les associations de cyclistes et les écologistes. L’association Saint-Just Respire s’appuie sur les données de radars pédagogiques pour affirmer que « les voitures ne font pas ralentir, c’est exactement l’inverse ». Selon elle, la restriction aux seuls vélos, piétons et riverains a permis de réduire la vitesse moyenne et l’accidentologie. La municipalité écologiste, de son côté, estime qu’une réouverture « nuit à la sécurité des cyclistes et des piétons » et a lancé une campagne de tractage hostile à cette mesure.

Des aménagements et une communication renforcés pour apaiser les tensions

Pour tenter de concilier les points de vue, une réunion a été organisée entre la ville de Lyon, la métropole et l’exploitant des Vélo’v, JCDecaux. Plusieurs pistes ont été évoquées, dont l’installation de bandes rugueuses ou d’une glissière pour renforcer la sécurité. Surtout, un volet de sensibilisation va être déployé : une communication ciblée, incluant des messages de prévention, sera affichée dans les 110 000 stations Vélo’v situées à proximité de la montée du Chemin neuf dans les prochains mois.

Du côté policier, la métropole a annoncé le déploiement de la police municipale pour des contrôles de vitesse visant à sensibiliser les cyclistes. Une initiative que Laurent Bosetti justifie par la nécessité de « sensibiliser nos amis cyclistes », tout en rappelant que ces aménagements ont été « demandés » par la municipalité. Une réponse qui illustre la ligne de fracture entre la nouvelle majorité métropolitaine et la ville de Lyon, toujours dirigée par les écologistes.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines pourraient être décisives pour l’avenir du Chemin neuf. Une décision officielle sur sa réouverture partielle aux voitures devrait être prise d’ici l’été, après une phase de concertation avec les riverains et les associations. D’ici là, les opposants à cette mesure préparent déjà de nouvelles actions, tandis que la droite métropolitaine maintient sa volonté d’ajuster certains aménagements cyclables jugés contraignants. Une chose est sûre : le débat sur la place de la voiture dans les politiques de mobilité lyonnaises reste plus que jamais d’actualité.

Cette réouverture s’inscrit en effet dans une dynamique plus large, portée par la droite métropolitaine. À l’image de la rue Grenette en presqu’île, entièrement dédiée aux bus et cyclistes depuis 2025, plusieurs axes pourraient être réaménagés pour fluidifier la circulation automobile. Reste à savoir si ces ajustements parviendront à concilier sécurité, mobilité et acceptabilité sociale.

Contexte : la voie lyonnaise 12, un projet phare de l’ère écologiste

Le Chemin neuf fait partie de la voie lyonnaise 12, un réseau de pistes cyclables sécurisées porté par l’ancienne majorité écologiste à la métropole. Ce projet, controversé dès son lancement, visait à créer un maillage cyclable continu dans la ville. Avec l’arrivée de la droite aux commandes de la métropole en 2026, plusieurs tronçons de ce réseau font l’objet de révisions, au nom de l’efficacité et de la fluidité du trafic. Si la voie lyonnaise 12 ne sera pas entièrement supprimée, des ajustements sont envisagés sur des points précis, comme le Chemin neuf ou la rue Grenette.

Ces modifications s’inscrivent dans une stratégie globale de la nouvelle majorité, qui souhaite rééquilibrer les politiques de mobilité en faveur des véhicules individuels, tout en maintenant un réseau cyclable structurant. Un équilibre délicat, alors que Lyon mise sur le vélo comme mode de transport incontournable pour l’avenir.

La nouvelle présidente de la métropole, Véronique Sarselli (LR), propose cette mesure pour fluidifier la circulation automobile dans ce secteur et répondre à des demandes locales. Elle s’inscrit dans une série d’ajustements des politiques cyclables menées par l’ancienne majorité écologiste, désormais contestées par la droite métropolitaine.

Parmi les mesures annoncées figurent l’ajout de panneaux signalant les 14 % de déclivité et un virage dangereux, l’installation de bandes rugueuses ou d’une glissière, ainsi que des contrôles de vitesse par la police municipale. Une campagne de sensibilisation pour les 110 000 usagers Vélo’v est également prévue.