Alors que la République démocratique du Congo (RDC) fait face à une nouvelle épidémie de fièvre hémorragique, le virus Ebola frappe à nouveau de manière particulièrement virulente dans la province de l’Ituri, située dans le nord-est du pays. Selon Franceinfo – Santé, plus de 80 décès et 246 cas suspects ont été recensés depuis le début de l’épidémie, déclarée vendredi 9 mai 2026. Cette souche, identifiée sous le nom de Bundibugyo, se révèle d’autant plus préoccupante qu’elle ne dispose actuellement d’aucun vaccin ni traitement spécifique, rendant la prise en charge des patients particulièrement complexe.

Ce qu'il faut retenir

  • Une épidémie d’Ebola de souche Bundibugyo sévit en RDC, dans la province de l’Ituri, depuis le 9 mai 2026.
  • Le bilan provisoire s’élève à 80 morts et 246 cas suspects, selon les autorités sanitaires.
  • Aucun vaccin ni traitement spécifique n’existe pour cette souche, qui se transmet de manière très contagieuse.
  • Un premier cas a été détecté en Ouganda, frontalier de l’Ituri, entraînant le décès du patient.
  • L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a débloqué 500 000 dollars pour soutenir la riposte.
  • La dernière épidémie majeure en RDC, en août 2025, avait fait au moins 34 morts.

Une épidémie qui s’accélère et une population en alerte

Dans la province de l’Ituri, l’épidémie prend une tournure alarmante. « On est très inquiets. On voit tous les jours des gens mourir depuis une semaine. En une journée, on a enterré trois personnes », témoigne un habitant cité par Franceinfo – Santé. Les symptômes, sévères, incluent de fortes fièvres, des hémorragies et parfois des diarrhées, caractéristiques de la maladie. La province, frontalière avec l’Ouganda, est particulièrement vulnérable en raison de ses échanges transfrontaliers, souvent informels et fréquents. La découverte d’un cas en Ouganda, dont le patient est décédé, confirme la rapidité de la propagation de cette souche.

Une souche Bundibugyo sans solution thérapeutique immédiate

Le ministre congolais de la Santé, Samuel-Roger Kamba, a confirmé lors d’une conférence de presse l’absence de moyens de lutte spécifiques contre cette souche. « Contrairement à la souche que nous connaissons très bien, la souche Bundibugyo n’a pas de vaccin et il n’y a pas de traitement spécifique », a-t-il expliqué. Cette situation place les autorités sanitaires dans une course contre la montre pour contenir l’épidémie avant qu’elle ne gagne d’autres régions du pays ou ne traverse les frontières. La RDC, qui compte plus de 100 millions d’habitants, a déjà été durement touchée par des épidémies d’Ebola par le passé, avec un bilan de 15 000 morts en Afrique sur les 50 dernières années.

L’OMS mobilise des fonds d’urgence pour soutenir la RDC

Face à l’urgence, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a annoncé le déblocage immédiat d’une enveloppe de 500 000 dollars issus de son fonds d’urgence. Cette somme doit permettre de financer des mesures de prévention, de surveillance et de prise en charge des patients. Le directeur général de l’OMS a souligné l’importance d’une « collaboration étroite » avec les autorités congolaises pour limiter la propagation du virus. « Nous travaillons main dans la main avec le gouvernement congolais pour identifier rapidement les cas, isoler les malades et sensibiliser les populations », a-t-il indiqué, sans plus de précisions.

Un contexte épidémiologique déjà marqué par des crises récurrentes

Cette nouvelle flambée survient moins d’un an après la dernière épidémie majeure en RDC, qui avait fait au moins 34 morts en août 2025. Les spécialistes rappellent que le virus Ebola reste un pathogène redoutable en raison de son taux de mortalité élevé et de sa transmission rapide, notamment dans les zones où les infrastructures sanitaires sont limitées. La souche Bundibugyo, identifiée pour la première fois en Ouganda en 2007, avait déjà provoqué des épidémies en Afrique centrale, mais jamais à cette échelle en RDC. Les experts s’interrogent désormais sur les raisons de cette résurgence soudaine et sur les éventuels liens avec les mouvements de population ou les changements environnementaux.

Et maintenant ?

Les prochaines étapes dépendront en grande partie de la capacité des autorités congolaises et des partenaires internationaux à contenir la propagation du virus dans les prochaines semaines. Une mission d’évaluation conjointe entre la RDC et l’OMS est attendue dans les 48 heures pour ajuster les stratégies de réponse. Parallèlement, les équipes médicales sur le terrain multiplient les campagnes de sensibilisation, notamment dans les zones frontalières, pour éviter une extension de l’épidémie. La question d’un éventuel confinement localisé dans l’Ituri n’est pas encore à l’ordre du jour, mais reste envisagée en cas d’aggravation de la situation. Le risque d’une propagation vers les grandes villes, comme Goma ou Kisangani, reste un scénario que les experts tentent d’écarter.

Dans un pays où les ressources sanitaires sont déjà mises à rude épreuve, la lutte contre cette souche de Bundibugyo s’annonce comme un défi de taille. Les autorités appellent la population à respecter strictement les mesures d’hygiène et à signaler tout symptôme suspect aux centres de santé. Quant à la communauté internationale, elle devra maintenir son soutien financier et logistique pour éviter que cette épidémie ne devienne une nouvelle crise sanitaire régionale.