Alors que les Français s’apprêtent à remplir leur déclaration d’impôt sur le revenu pour 2025, les dernières statistiques de la direction générale des Finances publiques (DGFiP) révèlent une concentration géographique marquée des ménages aux revenus les plus élevés. Selon Capital, seulement 4 % des foyers fiscaux déclarent des revenus annuels dépassant les 100 000 euros, mais cette proportion atteint plus de 25 % dans certaines communes.

Ce qu'il faut retenir

  • 1,4 million de foyers fiscaux déclarent des revenus supérieurs à 100 000 euros par an en France, soit 4 % des 41,6 millions de foyers imposables.
  • Parmi eux, 18 000 foyers déclarent plus d’un million d’euros de revenus annuels.
  • Neuf villes sur quinze où plus d’un quart des ménages dépassent ce seuil se situent en Île-de-France.
  • Saint-Nom-la-Bretèche (Yvelines) arrive en tête avec 34 % de foyers concernés, devant Neuilly-sur-Seine (30 %).
  • La classe moyenne, avec des revenus entre 15 000 et 50 000 euros, reste majoritaire et représente plus de la moitié des foyers fiscaux.

Ces données, portant sur les revenus 2024 déclarés en 2025, confirment une réalité déjà connue : la richesse en France se concentre fortement dans certaines zones géographiques. La DGFiP détaille ainsi les quinze communes où la part des ménages déclarant plus de 100 000 euros de revenus annuels dépasse les 25 %.

Sans surprise, l’Île-de-France domine largement ce classement. Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine), avec 30 % de foyers concernés, se classe juste derrière Saint-Nom-la-Bretèche (Yvelines), qui culmine à 34 %. Dans les Yvelines, quatre autres communes figurent dans ce top 15 : Feucherolles (31 %), L’Étang-la-Ville (27 %), Mareil-Marly (27 %) et Le Vésinet (27 %). Les VIIe et VIIIe arrondissements de Paris ainsi que Vaucresson (Hauts-de-Seine) complètent cette liste avec 26 % de foyers déclarant plus de 100 000 euros de revenus.

Hors de la région parisienne, Veyrier-du-Lac (Haute-Savoie) se distingue en occupant la quatrième place avec 30 % de foyers concernés. Cette commune, située en bordure du lac d’Annecy, confirme l’attrait des zones touristiques pour les hauts revenus. D’autres villes, comme Échenevex (Ain) et Archamps (Haute-Savoie), toutes deux frontalières avec la Suisse, figurent également dans ce classement avec respectivement 27 % et 27 % de ménages déclarant plus de 100 000 euros. Sergy (Ain), elle aussi proche de la Suisse, atteint 25 %.

Côté Rhône, Saint-Didier-au-Mont-d’Or, en banlieue nord de Lyon, compte 26 % de foyers concernés. Cette diversité géographique illustre l’influence des pôles économiques majeurs — Paris, Genève, Lyon — sur la concentration des hauts revenus.

Une classe moyenne toujours majoritaire, mais des écarts persistants

Si les foyers déclarant plus de 100 000 euros représentent une minorité, la majorité des Français appartiennent à la classe moyenne. Selon Capital, plus de la moitié des foyers fiscaux déclarent des revenus annuels compris entre 15 000 et 50 000 euros. En élargissant la fourchette à 20 000-100 000 euros, ce chiffre reste identique, confirmant la domination de cette tranche de revenus dans le paysage fiscal français.

À l’autre extrémité de l’échelle, les foyers aux revenus les plus modestes — moins de 12 000 euros de revenu fiscal de référence — représentent un quart de la population, soit 9,6 millions de foyers. Autant dire que près d’un Français sur quatre vit avec moins de 1 000 euros par mois. Un contraste saisissant avec les 18 000 foyers déclarant plus d’un million d’euros, et les 700 ménages dépassant les neuf millions d’euros annuels.

Ces disparités soulèvent des questions sur la fiscalité et la redistribution en France. Les données de la DGFiP mettent en lumière un système où les hauts revenus se regroupent dans des zones spécifiques, souvent en périphérie des grandes métropoles ou près des frontières internationales, où le coût de la vie et les opportunités professionnelles sont plus élevés.

Les frontières et les pôles économiques, vecteurs de concentration des richesses

La proximité avec la Suisse, en particulier, semble jouer un rôle clé dans l’attractivité de certaines communes. Échenevex, Archamps et Sergy, toutes trois situées à proximité de Genève, figurent dans le top 15 des villes où plus d’un quart des ménages déclarent des revenus supérieurs à 100 000 euros. Cette tendance s’explique par la présence de nombreux frontaliers travaillant dans des secteurs à haute rémunération, comme la finance ou les technologies.

De même, l’influence de Lyon se fait sentir avec Saint-Didier-au-Mont-d’Or, une commune résidentielle prisée des cadres et des professions libérales. Ces dynamiques locales reflètent une réalité économique où les opportunités professionnelles et les choix de résidence se concentrent autour des grands pôles urbains et transfrontaliers.

À l’inverse, les zones rurales ou les petites villes, même dynamiques, peinent à attirer des ménages aux revenus aussi élevés. Cette concentration géographique des richesses pose la question de l’équilibre territorial et des politiques publiques visant à réduire les inégalités entre les territoires.

Et maintenant ?

Les prochaines publications de la DGFiP, notamment lors de la mise à jour des données fiscales pour 2026, pourraient révéler une évolution de ces tendances. Avec la poursuite de la digitalisation des déclarations et l’introduction de nouvelles mesures fiscales, les ménages aisés pourraient ajuster leurs stratégies de déclaration. Par ailleurs, les débats sur la fiscalité des très hauts revenus, notamment dans le cadre des négociations budgétaires, pourraient impacter le classement des villes les plus riches d’ici l’année prochaine.

Pour l’heure, ces chiffres rappellent que la richesse en France reste très inégalement répartie, tant sur le plan individuel que géographique. Si les grandes métropoles et les zones frontalières attirent les foyers les plus aisés, la majorité des Français continuent de se situer dans la classe moyenne, avec des revenus bien en deçà des seuils les plus élevés.

Hors de l’Île-de-France, les communes concernées sont Veyrier-du-Lac (Haute-Savoie, 30 %), Échenevex (Ain, 27 %), Archamps (Haute-Savoie, 27 %), Sergy (Ain, 25 %) et Saint-Didier-au-Mont-d’Or (Rhône, 26 %).