À 55 ans, Richard Fournier incarne l’esprit d’entreprise à la française. Fils et petit-fils de commerçants, cet autodidacte a transformé une série d’initiatives audacieuses en un véritable empire du chocolat, comme le rapporte Capital.

Son parcours, jalonné de rebondissements et d’audaces, illustre une philosophie simple : « Toujours oser pour ne pas être frustré de ne pas avoir essayé ». Un mantra qui l’a conduit du Guatemala à la création des épiceries fines Le Comptoir de Mathilde, aujourd’hui présentes dans 152 magasins en France et affichant un chiffre d’affaires de 45 millions d’euros.

Ce qu'il faut retenir

  • Richard Fournier, 55 ans, est un entrepreneur autodidacte issu d’une famille de commerçants.
  • Il a débuté en vendant des chaussettes et polos au lycée à Saint-Étienne avant d’obtenir un bac G2 (gestion).
  • Son parcours inclut la vente de broderies, la fabrication de pierres ponces parfumées au Guatemala, puis la reprise et la création de PME dans les parfums d’intérieur.
  • En 2007, il lance Le Comptoir de Mathilde, aujourd’hui présent dans 152 boutiques, principalement en franchise, avec un chiffre d’affaires de 45 millions d’euros.
  • Il a récemment racheté les marques de confiserie Maison de la Chatine et la Cure Gourmande.
  • Son site de production est basé à Camaret-sur-Aigues, dans le Vaucluse.

Un héritage familial et une jeunesse entrepreneuriale

Richard Fournier a grandi dans l’univers du commerce. Son père et son grand-père étaient commerçants, une tradition qu’il a embrassée dès son plus jeune âge. « Vivant à Saint-Étienne, je vendais au lycée des chaussettes et des polos rapportés de Troyes grâce à des copains qui avaient le permis », raconte-t-il. Malgré une scolarité marquée par un bac G2 en gestion — obtenu pour faire plaisir à ses parents —, il n’a jamais envisagé une carrière classique. Son diplôme en poche, il se lance dans une série de projets variés, allant de la vente de broderies sur les marchés à la fabrication de pierres ponces parfumées… au Guatemala, où il a vécu une partie de sa vie.

Cette expérience centro-américaine a forgé son caractère et son approche entrepreneuriale. « C’est un vrai camelot, qui assume vouloir « toujours oser pour ne pas être frustré de ne pas avoir essayé » », souligne Capital. Une philosophie qui guide chacune de ses initiatives, aussi improbables soient-elles.

De la parfumerie d’intérieur au chocolat : une success story

De retour en France, Richard Fournier reprend une PME spécialisée dans les parfums d’intérieur, avant d’en créer une autre. Après avoir revendu ces deux entreprises, il se tourne vers un nouveau défi : le secteur de l’épicerie fine. En 2007, il lance Le Comptoir de Mathilde, baptisé en hommage à sa grand-mère. Ce projet, initialement modeste, connaît un succès rapide. Les boutiques, souvent exploitées en franchise, se multiplient à travers le pays.

Aujourd’hui, le réseau compte 152 magasins, répartis principalement en France. Le groupe dispose également d’un site de production situé à Camaret-sur-Aigues, dans le Vaucluse, où sont élaborés ses produits phares. En 2026, l’entreprise affiche un chiffre d’affaires de 45 millions d’euros, un résultat qui dépasse largement les attentes initiales de son fondateur.

« Les phases de structuration ont été délicates, car je voulais tout contrôler », explique Richard Fournier. « Si j’avais fait des études, cela aurait peut-être été différent... » Malgré ces défis, il a su s’entourer et structurer son entreprise pour en faire un acteur reconnu du marché de l’épicerie fine et du chocolat.

L’expansion par le rachat : une stratégie de croissance

Pour consolider sa position, Richard Fournier a récemment élargi son portefeuille en rachetant deux marques emblématiques du secteur de la confiserie : Maison de la Chatine et la Cure Gourmande. Ces acquisitions s’inscrivent dans une logique d’expansion et de diversification, permettant au groupe de couvrir un marché plus large, des produits d’épicerie fine aux confiseries traditionnelles.

« Bon sang ne saurait mentir », souligne-t-il, faisant référence à l’héritage entrepreneurial familial qui guide ses choix. Ces rachats s’ajoutent à une stratégie de croissance externe, après des années de développement organique. Le groupe mise désormais sur la synergie entre ses différentes marques pour renforcer sa présence sur le marché français.

Un modèle économique basé sur la franchise et la production locale

Le modèle économique de Le Comptoir de Mathilde repose sur un double pilier : un réseau dense de franchises et une production centralisée. Les boutiques, souvent situées dans des centres-villes ou des zones commerciales, bénéficient d’une notoriété forte et d’une offre variée, centrée sur le chocolat et les produits gourmands. La production, quant à elle, est assurée par le site de Camaret-sur-Aigues, où sont fabriqués les produits vendus en magasin.

Cette organisation permet au groupe de garantir une qualité constante tout en maîtrisant ses coûts. Elle reflète également la vision de Richard Fournier : « Je voulais tout contrôler », précise-t-il. Une approche qui, bien que exigeante, a contribué à la pérennité de l’entreprise.

Et maintenant ?

Avec 152 magasins et un chiffre d’affaires en croissance, le groupe Le Comptoir de Mathilde devrait poursuivre son expansion, notamment via de nouveaux rachats ou l’ouverture de points de vente supplémentaires. Les prochaines années seront probablement marquées par une consolidation de sa position sur le marché du chocolat et de l’épicerie fine, ainsi que par le développement de sa production locale. À suivre, notamment avec l’intégration des marques rachetées et leur intégration dans le réseau existant.

Son fondateur, Richard Fournier, semble déterminé à poursuivre cette aventure entrepreneuriale, fidèle à sa devise : « Toujours oser ».

Richard Fournier n’a pas communiqué de noms précis, mais a indiqué que le groupe restait à l’affût de nouvelles opportunités pour renforcer son portefeuille. Les critères de sélection incluent une marque historique, une clientèle fidèle et un positionnement complémentaire à l’offre actuelle.

Le groupe n’a pas dévoilé de chiffre officiel pour les prochaines années. Cependant, avec un rythme moyen de 10 à 15 ouvertures par an, l’objectif pourrait être de dépasser les 160 magasins d’ici 2027, selon les opportunités de franchise disponibles.