Près de dix ans après sa dernière apparition dans une cage de l’UFC, Ronda Rousey fait son grand retour sur la scène du MMA ce samedi 16 mai. L’Américaine, qui fut l’une des figures les plus emblématiques de l’organisation, affronte désormais Gina Carano lors d’un événement organisé par la société MVP Promotions de Jake Paul, diffusé à l’échelle mondiale sur Netflix. Selon RMC Sport, ce combat marque un tournant dans la carrière de l’ancienne championne, mais aussi une rupture avec son ancien employeur, qu’elle n’a pas hésité à critiquer violemment ces dernières semaines.

Ce qu'il faut retenir

  • Ronda Rousey affronte Gina Carano ce samedi 16 mai lors d’un événement organisé par MVP Promotions, diffusé sur Netflix.
  • L’ancienne championne de l’UFC, invaincue à son arrivée en 2013, a été la vitrine du MMA féminin avant de s’éloigner après ses défaites contre Holly Holm et Amanda Nunes.
  • Rousey critique désormais ouvertement l’UFC, notamment son ancien système de rémunération et son manque de considération pour les combattants.
  • Hunter Campbell, Chief Business Officer de l’UFC, est directement visé par ses attaques, accusé de mépris envers les combattants et les combattantes.
  • Ce retour s’inscrit dans une dynamique plus large de contestation du monopole de l’UFC, portée par d’anciennes figures comme Francis Ngannou ou Nate Diaz.

Un retour qui dépasse le cadre sportif

Lorsque Ronda Rousey a rejoint l’UFC en 2013, elle n’était pas seulement une combattante invaincue. Elle est devenue en quelques mois l’emblème d’une nouvelle ère pour le MMA féminin. Avec six défenses de titre en moins de trois ans, elle a propulsé l’organisation dans une dimension médiatique inédite. « Elle a offert un storytelling parfait, celui d’une championne intouchable dans une division en construction », souligne RMC Sport. Son aura dépassait alors largement l’octogone : apparitions au cinéma dans Fast & Furious 7 ou Expendables 3, couverture de magazines, elle incarnait la réussite sportive et commerciale de l’UFC.

Pourtant, sa chute a été tout aussi rapide que sa montée. La défaite contre Holly Holm en novembre 2015, puis celle, expéditive, face à Amanda Nunes un an plus tard, ont brisé l’image de la combattante invincible. Son retrait du MMA a été brutal, laissant place à de nouvelles stars comme Conor McGregor. Dix ans plus tard, ce retour n’est donc pas anodin. Rousey ne revient pas seulement pour combattre : elle revient pour contester l’hégémonie de l’organisation qu’elle a contribué à bâtir.

Une critique systémique de l’UFC

Les déclarations de Ronda Rousey ces dernières semaines ne se limitent pas à la promotion de son combat. Elle s’en prend ouvertement au fonctionnement de l’UFC, qu’elle accuse de privilégier le spectacle au détriment des combattants. « L’UFC a toujours su écarter la concurrence, souvent en l’absorbant, mais aujourd’hui, Rousey en connaît tous les rouages et les failles », explique RMC Sport. Son rejet de l’organisation s’est cristallisé autour de plusieurs points : les rémunérations jugées insuffisantes, le manque de transparence dans les classements, et surtout, le traitement réservé aux athlètes une fois leur utilité commerciale épuisée.

Parmi ses cibles, Hunter Campbell, Chief Business Officer de l’UFC, occupe une place centrale. Rousey l’accuse d’avoir accueilli avec mépris son projet de combat contre Gina Carano, mais aussi de tenir des propos condescendants envers les combattantes et les combattants en général. « Elle déclare vouloir, à terme, occuper un poste à responsabilité dans le MMA », précise RMC Sport. Une ambition qui prend tout son sens dans un contexte où l’UFC fait face à des remises en cause juridiques, notamment pour son monopole sur le marché des combattants.

Un écosystème en mutation

Ce retour s’inscrit dans un paysage du MMA en pleine recomposition. Jake Paul, dont la société MVP Promotions organise l’événement, est l’un des critiques les plus virulents de l’UFC. Son ambition ? Créer une alternative crédible au géant américain. Et il n’est pas le seul à vouloir secouer le système. Francis Ngannou, ancien champion des poids lourds, a quitté l’UFC en 2023 pour lancer sa propre promotion. Nate Diaz, lui aussi, a choisi de quitter l’organisation après des années de tensions. Autant dire que l’arrivée de Rousey dans ce mouvement n’est pas un hasard.

Son combat contre Gina Carano, ancienne star de l’UFC elle aussi en délicatesse avec l’organisation, symbolise cette dynamique. « Elle a d’abord tenté de vendre ce combat à l’UFC, sans succès », rappelle RMC Sport. Face au refus de son ancien employeur, elle s’est tournée vers MVP Promotions, qui a accepté sans hésitation. Une décision qui illustre une réalité crue du sport-business : quand une star n’est plus rentable, elle peut être remplacée du jour au lendemain. Le retour de Rousey, accompagné de cette critique acerbe, en est la preuve.

« Ronda Rousey fut longtemps l’incarnation parfaite du succès UFC. La voir aujourd’hui rejoindre une structure qui ambitionne de concurrencer le leader mondial illustre une réalité brutale de cet univers : business is business. » — RMC Sport

Et maintenant ?

Ce combat pourrait marquer le début d’une nouvelle ère pour Ronda Rousey, qui a d’ores et déjà annoncé qu’il s’agirait de son dernier. Mais son ambition ne s’arrête pas là : elle évoque désormais une carrière dans la gestion du MMA, voire une prise de responsabilités au sein d’une organisation. Pour l’UFC, déjà fragilisé par des recours juridiques et une concurrence accrue, ces déclarations risquent de peser. La réponse de Dana White et de ses dirigeants sera scrutée de près, tout comme l’accueil réservé à cet événement par les fans et les médias. Une chose est sûre : ce retour n’est pas qu’un simple come-back sportif, mais bien un coup de projecteur sur les dysfonctionnements d’un système.

Reste à voir si cette critique, portée par une ancienne icône, suffira à faire bouger les lignes. L’UFC a toujours su se réinventer pour conserver son hégémonie. Mais avec des figures comme Rousey, Ngannou ou Diaz désormais en dehors de son giron, le paysage du MMA pourrait bien être en train de basculer.

Selon RMC Sport, Rousey reproche à l’UFC plusieurs éléments : des rémunérations jugées insuffisantes, un manque de transparence dans les classements, et surtout, un traitement des combattants considéré comme méprisant une fois leur utilité commerciale passée. Son retour s’inscrit dans une dynamique plus large de contestation du monopole de l’organisation.

Ce combat, organisé par MVP Promotions de Jake Paul et diffusé sur Netflix, marque le grand retour de Ronda Rousey en MMA. Il symbolise aussi une rupture avec l’UFC, qui avait refusé ce projet. Pour Gina Carano, ancienne star de l’UFC elle aussi en conflit avec l’organisation, c’est l’occasion de revenir sur le devant de la scène.