Seize ans après les événements de Knysna, où l’équipe de France de football avait connu une crise majeure lors de la Coupe du monde 2010, Roselyne Bachelot, alors ministre des Sports, assume toujours ses propos acerbes tenus à l’époque. Comme le rapporte RMC Sport, elle a réaffirmé, à l’occasion de la diffusion d’un documentaire Netflix consacré à cette période trouble, qu’elle « ne regrette pas du tout » ses déclarations passées.
Le documentaire « Le bus, les Bleus en grève », sorti le 13 mai 2026, revient en détail sur les dysfonctionnements internes de l’équipe de France lors de la Coupe du monde sud-africaine. Ce projet, qui s’appuie sur des témoignages d’anciens joueurs comme Patrice Evra ou William Gallas, ainsi que sur des extraits du journal intime de l’entraîneur Raymond Domenech, a relancé les débats sur la gestion catastrophique de cette édition pour les Bleus.
Ce qu'il faut retenir
- Roselyne Bachelot, ministre des Sports en 2010, réitère son diagnostic de l’époque : « Je n’ai jamais parlé de racailles », précise-t-elle en marge de la diffusion du documentaire RMC Sport.
- En 2010, elle avait vivement critiqué la Fédération française de football (FFF) et l’équipe dirigée par Raymond Domenech, évoquant « une équipe où des caïds immatures commandent à des gamins apeurés ».
- Le documentaire Netflix inclut des extraits du journal intime de Raymond Domenech, dont la publication a suscité la polémique et provoqué une vive réaction de sa part sur les réseaux sociaux.
- Raymond Domenech a dénoncé un « film totalement à charge », estimant que son intimité avait été « violée » par la plateforme américaine.
- Le producteur du documentaire, Stephen Kamga, a rétorqué que Domenech avait lui-même fourni les 394 pages de son journal, avec un accord clair sur leur utilisation.
Des critiques virulentes envers la FFF et l’équipe de Raymond Domenech
Lors de son passage à l’Assemblée nationale en 2010, Roselyne Bachelot n’avait pas hésité à pointer du doigt les responsabilités de la Fédération française de football. Selon RMC Sport, elle avait déclaré : « Jamais le gouvernement n’aurait dû avoir à s’occuper de la Coupe du monde de football. Car c’est la responsabilité de la FFF ».
Elle avait ensuite dressé un tableau sans concession de l’équipe de France : « Je ne peux que constater, comme vous, le désastre avec une équipe de France où des caïds immatures commandent à des gamins apeurés. Un coach désemparé et sans autorité. Une fédération française de football aux abois ». Ces mots, prononcés sous le gouvernement Fillon avec Nicolas Sarkozy à la présidence, avaient marqué les esprits par leur franchise.
À l’époque, le gouvernement avait annoncé une refonte structurelle de la FFF et de l’équipe de France pour éviter qu’une telle crise ne se reproduise. Bachelot, invitée sur BFMTV le 16 mai 2026, a réaffirmé que son analyse de l’époque avait été partagée par de nombreux observateurs : « Le diagnostic que j’ai posé a été porté par l’ensemble des gens qui ont vu cette équipe ».
Raymond Domenech contre-attaque après la diffusion du documentaire
Ancien sélectionneur des Bleus, Raymond Domenech n’a pas tardé à réagir à la sortie du documentaire. Comme le rapporte RMC Sport, il a publié un message cinglant sur X (ex-Twitter), qualifiant le film de « totalement à charge et d’une partialité nauséabonde ».
Il a ajouté : « Cela raisonne comme un viol de mon âme », dénonçant une exploitation malveillante de son journal intime. Une accusation que le producteur Stephen Kamga a balayée lors de son passage dans l’After Foot sur RMC : « Il nous a remis 394 pages, je les ai toutes lues. Il savait exactement ce que l’on allait faire de ce journal ».
Roselyne Bachelot, interrogée à son tour sur RMC dans l’émission Anaïs Matin, a nuancé les propos de Domenech : « Que Raymond Domenech trouve qu’il n’a pas été bien traité, peut-être. Mais ses journaux intimes, je n’ai pas le sentiment que Netflix les a volés ».
Un documentaire qui ravive les mémoires et relance les polémiques
Seize ans après les faits, le documentaire Netflix agit comme un miroir grossissant des dysfonctionnements de l’équipe de France à Knysna. Pour les anciens joueurs et le staff technique, l’exercice est à la fois libérateur et douloureux. Patrice Evra et William Gallas, deux figures de cette période, livrent leur version des événements dans le film, offrant un éclairage complémentaire à celui de Domenech.
Les tensions autour de la gestion du groupe, les rivalités internes et l’absence de leadership clair sont autant de thèmes abordés. Le documentaire met également en lumière le rôle controversé de certains joueurs, souvent pointés du doigt pour leur attitude lors de la grève qui avait paralysé la préparation des Bleus en Afrique du Sud.
Bref, cette plongée dans les coulisses de Knysna ravive les blessures d’une époque où l’image des Bleus avait été durablement ternie. Reste que, pour Roselyne Bachelot, les critiques formulées à l’époque restent justifiées, malgré le temps écoulé.
Avec l’anniversaire des seize ans de Knysna, ce documentaire rappelle que les leçons du passé ne sont pas toujours tirées. Reste à savoir si le football français saura éviter les mêmes pièges à l’avenir.
Roselyne Bachelot avait pointé du doigt les dysfonctionnements majeurs au sein de l’équipe de France, notamment l’absence d’autorité de Raymond Domenech et les tensions internes entre joueurs expérimentés et jeunes talents. Elle avait estimé que ces problèmes relevaient de la responsabilité de la Fédération française de football (FFF), et non du gouvernement.