Seize militants écologistes comparaîtront prochainement devant la justice après une action spectaculaire menée le 14 mai, jour de l'Ascension, contre le projet de déviation de Saint-Péray en périphérie de Valence. Selon Reporterre, les opposants se sont suspendus à un pont autoroutier et ont également bloqué une voie ferrée pour dénoncer ce qu'ils qualifient de « passage en force » des autorités locales.

Ce qu'il faut retenir

  • Seize militants interpellés lors d'actions simultanées le 14 mai 2026 contre le projet de déviation de Saint-Péray
  • Une partie des opposants s'est suspendue au pont Mistral surplombant l'autoroute A7, tandis que d'autres bloquaient une voie ferrée
  • Les militants dénoncent un « passage en force » dans la mise en œuvre du projet routier

Une mobilisation coordonnée contre un projet controversé

Le jeudi 14 mai 2026, à l'occasion du jour férié de l'Ascension, des opposants au projet de déviation de Saint-Péray ont organisé une série d'actions directes pour marquer leur opposition. Selon les informations rapportées par Reporterre, seize personnes ont été interpellées par les forces de l'ordre. Parmi les initiatives menées, l'une des plus marquantes a consisté à se suspendre au pont Mistral, qui enjambe l'autoroute A7. Cette structure routière, située en périphérie de Valence, est au cœur d'un projet contesté pour son impact environnemental et son utilité contestée.

Dans le même temps, d'autres militants ont bloqué une voie ferrée à proximité, perturbant temporairement le trafic ferroviaire local. Ces actions visaient à attirer l'attention sur ce que les opposants qualifient de « passage en force » des autorités, alors que le projet avance malgré les critiques persistantes des associations écologistes et des riverains.

Des méthodes d'opposition radicales mais ciblées

L'un des slogans repris par les militants lors de cette mobilisation était « On fait pas l'pont ! », une référence directe à la fois au pont Mistral et au refus de voir ce projet aboutir. Selon Reporterre, cette phrase a été scandée lors des interventions des opposants, qui ont choisi de marquer les esprits par des actions à haute visibilité. Les autorités, de leur côté, ont qualifié ces méthodes d'illégales et ont procédé aux interpellations nécessaires pour rétablir la circulation.

Le choix de s'en prendre à une infrastructure routière majeure comme l'A7 s'explique par l'importance symbolique de ce projet. La déviation de Saint-Péray est en effet présentée par ses défenseurs comme un moyen de fluidifier le trafic entre Valence et ses environs, mais elle est vivement critiquée pour son coût environnemental et son manque de concertation avec les habitants. Les opposants, eux, y voient une nouvelle illustration de l'incapacité des pouvoirs publics à intégrer les enjeux écologiques dans les projets d'aménagement.

« On fait pas l'pont ! » — Slogan scandé par les militants lors de leur action du 14 mai 2026 contre la déviation de Saint-Péray

Des suites judiciaires attendues pour les militants interpellés

Les seize personnes interpellées lors de cette journée d'action risquent désormais des poursuites judiciaires pour entrave à la circulation, occupation illicite d'un lieu public et éventuellement pour d'autres chefs d'accusation. Selon Reporterre, les militants concernés ont déjà annoncé leur intention de contester ces procédures, qu'ils considèrent comme une tentative de museler la contestation. Les associations locales, de leur côté, ont dénoncé une répression disproportionnée face à des actions menées dans un cadre pacifique.

Cette mobilisation s'inscrit dans un mouvement plus large de résistance contre les grands projets routiers en France, qui se multiplient malgré les engagements climatiques du gouvernement. Les opposants à la déviation de Saint-Péray promettent déjà de nouvelles actions pour faire entendre leur voix, alors que le calendrier du projet reste flou. Les prochaines étapes administratives et judiciaires pourraient, en effet, donner lieu à de nouveaux débats sur la légitimité de ce type d'infrastructures.

Et maintenant ?

Les seize militants interpellés lors des actions du 14 mai devraient être convoqués devant le tribunal dans les prochaines semaines. Une audience de jugement pourrait être organisée d'ici l'été, selon les sources judiciaires locales. Par ailleurs, les associations opposées au projet continuent de réunir des soutiens pour tenter d'influer sur les décisions en cours. Une réunion publique est notamment prévue à Valence le 25 mai 2026 pour faire un point sur l'avancée des recours juridiques et les mobilisations à venir. Le devenir de la déviation de Saint-Péray reste donc incertain, mais les prochaines semaines pourraient être déterminantes pour l'avenir du projet.

En attendant, les militants maintiennent leur opposition, convaincus que la pression médiatique et judiciaire pourrait encore faire évoluer le dossier. Reste à voir si les autorités locales accepteront de revoir leur copie, ou si le projet suivra son cours malgré les contestations.

Les opposants dénoncent notamment la destruction de zones naturelles et la perturbation de la biodiversité locale. Ils critiquent également l'absence de concertation avec les habitants et les associations environnementales avant le lancement du projet. Selon eux, ce type de déviation routière contribue à l'étalement urbain et à l'augmentation du trafic automobile, en contradiction avec les objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre.