Une avancée médicale majeure pourrait bouleverser la lutte contre le VIH. Le Lenacapavir, un traitement préventif injectable administré seulement deux fois par an, affiche une efficacité de plus de 99 % contre le virus du sida, selon France 24. Après des années de recherches et d’essais cliniques, ce médicament, soutenu par le Global Fund et le PEPFAR, vient d’être homologué et entre désormais dans une phase de déploiement à l’échelle mondiale.

Ce qu’il faut retenir

  • Efficacité record : plus de 99 % de protection contre le VIH grâce au Lenacapavir.
  • Fréquence d’administration : une injection tous les six mois, contre une prise quotidienne pour les traitements existants.
  • Soutien international : le médicament est porté par le Global Fund et le PEPFAR (President’s Emergency Plan for AIDS Relief).
  • Homologation récente : le traitement a obtenu son autorisation après des années de tests et d’évaluations.
  • Déploiement en cours : une mise à disposition progressive à l’échelle mondiale est prévue dans les mois à venir.

Ce traitement préventif, appelé prophylaxie pré-exposition (PrEP), marque un tournant dans la stratégie de prévention du VIH. Jusqu’à présent, les méthodes existantes reposaient principalement sur la prise quotidienne de comprimés, une contrainte qui limitait leur adoption, notamment dans les populations les plus vulnérables. Avec le Lenacapavir, les autorités sanitaires disposent désormais d’une alternative plus simple et potentiellement plus accessible.

Les essais cliniques, menés sur plusieurs continents, ont confirmé son efficacité chez les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes, les femmes et les personnes transgenres, trois groupes particulièrement exposés au risque d’infection. « Les résultats sont exceptionnels, a déclaré le Dr. Anthony Fauci, ancien directeur de l’Institut national des allergies et maladies infectieuses (NIAID) aux États-Unis. « Une injection tous les six mois offre une protection quasi totale, ce qui pourrait changer la donne dans la prévention du VIH », a-t-il ajouté.

Le soutien du Global Fund, organisation internationale dédiée à la lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, et du PEPFAR, programme américain d’urgence contre le sida lancé en 2003, témoigne de l’importance accordée à cette innovation. Ces deux structures financent déjà une partie des coûts liés à l’acquisition et à la distribution du Lenacapavir dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, où l’épidémie reste la plus active.

Pour les experts, l’arrivée de ce traitement ne signifie pas la fin des autres méthodes de prévention, mais bien un complément essentiel. « Le Lenacapavir ne remplace pas le préservatif ou les autres outils de prévention, rappelle le Dr. Quarraisha Abdool Karim, épidémiologiste sud-africaine et co-directrice du Centre for the AIDS Programme of Research in South Africa (CAPRISA). « Il offre une option supplémentaire, surtout pour ceux qui ont du mal à suivre un traitement quotidien ».

Et maintenant ?

La prochaine étape consistera à organiser la logistique de distribution du Lenacapavir, notamment dans les pays d’Afrique subsaharienne, qui concentrent près de 70 % des nouvelles infections à VIH dans le monde. Une première livraison pilote est attendue d’ici la fin de l’année 2026 dans plusieurs pays partenaires, avant un déploiement plus large en 2027. Les autorités sanitaires devront également évaluer son coût à long terme et son intégration dans les politiques publiques de santé.

Par ailleurs, les chercheurs continuent d’étudier l’efficacité du traitement sur d’autres populations, comme les adolescents ou les personnes en situation de vulnérabilité économique. Les résultats définitifs de ces études devraient être publiés d’ici 2028, selon les prévisions de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).

Enfin, la question de l’acceptation par les patients et des éventuels effets secondaires à long terme reste à surveiller. Jusqu’ici, les essais n’ont révélé que des effets indésirables mineurs, comparables à ceux observés avec d’autres traitements injectables.

À ce jour, le Lenacapavir n’a pas encore reçu d’autorisation de mise sur le marché en Europe, mais les discussions sont en cours avec l’Agence européenne du médicament (EMA). Une demande d’homologation a été déposée aux États-Unis auprès de la Food and Drug Administration (FDA), avec une réponse attendue d’ici la fin de l’année 2026.

Le Lenacapavir sera prioritairement destiné aux personnes à haut risque d’infection par le VIH, notamment les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes, les travailleurs et travailleuses du sexe, et les couples sérodiscordants (où l’un des partenaires est séropositif et l’autre non). L’accès dépendra des politiques nationales de santé et des recommandations de l’OMS.