Le réseau ferroviaire français subit de plein fouet les effets de la canicule historique qui frappe le pays, a reconnu dimanche 21 juin 2026 le PDG de la SNCF, Jean Castex. S’exprimant devant la presse, il a souligné que les infrastructures, notamment les rails et les caténaires, étaient « fortement affectées » par les températures élevées. Malgré les perturbations, l’entreprise affirme avoir « à peu près maintenu » son plan de transport, tout en procédant à des suppressions préventives de trains sur certaines lignes.

Ce qu'il faut retenir

  • 3 500 agents mobilisés jour et nuit pour surveiller le réseau ferroviaire, selon Jean Castex.
  • Deux incidents graves liés à la chaleur signalés depuis le début de l’épisode caniculaire : l’un à Paris (gare de l’Est) et l’autre près de Toulouse.
  • 71 trains Intercités supprimés préventivement sur les lignes équipées de rames Corail.
  • Les rails et caténaires particulièrement vulnérables aux températures élevées, pouvant entraîner des dilatations ou des relâchements.
  • La climatisation des trains mise à rude épreuve, nécessitant des vérifications et réparations quotidiennes, voire nocturnes.

Un réseau ferroviaire sous tension face à la chaleur

Jean Castex a détaillé les fragilités du réseau ferroviaire en période de canicule. « C’est un réseau à l’extérieur et beaucoup de ses éléments supportent mal les fortes températures », a-t-il expliqué. Il a notamment évoqué le risque de dilatation des rails, qui peuvent se déformer sous l’effet de la chaleur, ainsi que celui des caténaires, ces câbles électriques aériens pouvant se relâcher et être endommagés par le passage des trains. « Deux graves incidents de ce type sont d’ailleurs survenus depuis le début de l’épisode caniculaire », a-t-il rappelé, citant un incident à la gare de l’Est à Paris jeudi 18 juin et un autre près de Toulouse-Matabiau samedi 20 juin.

Face à cette situation, la SNCF a mis en place un dispositif de surveillance renforcé. Plus de 3 500 agents sont mobilisés en permanence pour inspecter les rails, les caténaires et la signalisation, y compris pendant la nuit. Leur mission : détecter tout signe de faiblesse et intervenir en urgence si nécessaire. « Nous avons à peu près maintenu notre plan de transport », s’est félicité Jean Castex, tout en précisant que 71 trains Intercités avaient été supprimés préventivement sur les lignes empruntées par les anciennes rames Corail, jugées plus sensibles à la chaleur.

La climatisation des trains, un enjeu majeur pour le confort des voyageurs

Outre les infrastructures, c’est aussi le matériel roulant qui est mis à l’épreuve. Jean Castex a salué le travail des équipes des technicentres, chargées de vérifier et de réparer en urgence les systèmes de climatisation des trains. « Tous les jours, et souvent toutes les nuits, nous vérifions et réparons la climatisation pour qu’elle soit la plus robuste possible », a-t-il indiqué. La canicule, qui a déjà entraîné des températures dépassant les 38°C dans certaines régions, met en effet les systèmes de refroidissement sous forte pression, au risque de rendre les trajets inconfortables pour les voyageurs.

Le patron de la SNCF a tenu à rendre hommage au travail des agents, souvent épuisés par ces conditions extrêmes. « Je pense en particulier à ceux qui sont dans nos technicentres et qui s’occupent du matériel roulant », a-t-il souligné. « Tous les jours, et souvent toutes les nuits, nous vérifions et réparons la climatisation pour qu’elle soit la plus robuste possible. »

Une mobilisation exceptionnelle pour limiter les perturbations

Malgré les difficultés, la SNCF affirme avoir limité au maximum les annulations de trains. Pour Jean Castex, cette canicule historique représente un défi logistique et technique majeur. « Nous avons fait le choix de maintenir autant que possible notre plan de transport, tout en prenant des mesures préventives pour éviter les incidents », a-t-il déclaré. Cependant, la situation reste sous haute surveillance, avec des équipes prêtes à intervenir à tout moment en cas de problème technique lié à la chaleur.

La canicule actuelle s’inscrit dans un contexte plus large de changement climatique, avec des épisodes de chaleur de plus en plus fréquents et intenses. Pour la SNCF, cela signifie adapter en permanence ses infrastructures et ses procédures pour faire face à ces nouveaux défis. « C’est un réseau à l’extérieur, et beaucoup de ses éléments supportent mal les fortes températures », a rappelé le PDG, soulignant l’importance d’anticiper ces phénomènes.

Et maintenant ?

La canicule devrait persister encore plusieurs jours dans certaines régions, ce qui pourrait prolonger les tensions sur le réseau ferroviaire. La SNCF a d’ores et déjà annoncé qu’elle maintiendrait ses dispositifs de surveillance renforcée, avec des équipes mobilisées jour et nuit. Pour les voyageurs, il est conseillé de vérifier l’état de leur train avant leur départ, certains services pouvant être modifiés en fonction des conditions météo. La situation reste évolutive, et d’autres suppressions ou retards ne sont pas exclus si la chaleur persiste.

Cette canicule rappelle aussi l’urgence d’adapter les infrastructures aux nouvelles réalités climatiques. Pour la SNCF, l’enjeu est double : garantir la sécurité des voyageurs et maintenir un service aussi proche que possible de la normale, malgré des conditions météorologiques de plus en plus extrêmes.

Les rails, généralement en acier, se dilatent sous l’effet de la chaleur, ce qui peut entraîner des déformations ou des ruptures. Les caténaires, ces câbles électriques aériens qui alimentent les trains en énergie, peuvent se relâcher et être endommagés par le passage des trains, risquant de provoquer des interruptions de courant ou des courts-circuits. Ces phénomènes sont amplifiés lorsque les températures dépassent les 35°C, comme c’est le cas actuellement.