Le gouvernement soudanais a annoncé, mardi 5 mai 2026, le rappel immédiat de son ambassadeur en Éthiopie, une décision qui illustre l’escalade des tensions entre les deux pays voisins. Cette mesure, prise après des tirs de drones attribués à des forces éthiopiennes, intervient dans un contexte déjà marqué par des accusations mutuelles de soutien à des groupes armés hostiles. Selon Le Monde, l’incident survient alors que les relations diplomatiques entre Khartoum et Addis-Abeba sont au plus bas, avec des échanges de reproches publics devenus quotidiens.

Ce qu'il faut retenir

  • Le Soudan rappelle son ambassadeur en Éthiopie le 5 mai 2026 après des tirs de drones imputés à Addis-Abeba.
  • Les deux pays s’accusent mutuellement de soutenir des groupes armés hostiles.
  • Cette décision creuse davantage un fossé diplomatique déjà profond entre les deux nations.
  • Les tensions entre Khartoum et Addis-Abeba durent depuis plusieurs mois, avec des échanges d’accusations publiques.

Une escalade après des frappes de drones

L’annonce du rappel de l’ambassadeur soudanais à Addis-Abeba fait suite à ce que Khartoum présente comme des attaques de drones menées depuis le territoire éthiopien. Selon les autorités de Khartoum, ces frappes auraient visé des positions militaires ou des infrastructures stratégiques, bien que les détails précis n’aient pas été rendus publics. D’après Le Monde, le ministère soudanais des Affaires étrangères a qualifié ces actes de « violations graves de la souveraineté » et a convoqué l’ambassadeur éthiopien pour protester officiellement.

De son côté, Addis-Abeba n’a pas réagi publiquement dans l’immédiat, mais des sources diplomatiques citées par Le Monde évoquent une possible confusion sur l’origine des drones, sans pour autant nier toute implication éthiopienne. « Nous suivons la situation avec une grande attention », a indiqué un responsable sous couvert d’anonymat, tout en refusant de confirmer ou d’infirmer les allégations soudanaises.

Des tensions historiques entre Khartoum et Addis-Abeba

Cette crise s’inscrit dans un contexte de rivalités régionales persistantes. Depuis plusieurs années, le Soudan et l’Éthiopie s’affrontent sur des questions frontalières, mais aussi sur le soutien présumé à des groupes armés actifs dans leurs territoires respectifs. Le conflit autour de la région du Nil Bleu, riche en ressources, et les différends sur le partage des eaux du fleuve ont déjà provoqué des tensions diplomatiques par le passé.

Bref, ces accusations croisées de soutien aux rebelles ne sont pas nouvelles. En 2025, Khartoum avait déjà dénoncé des livraisons d’armes à des milices par l’Éthiopie, tandis qu’Addis-Abeba accusait le Soudan d’abriter des combattants du Front de libération du peuple du Tigré (FLPT), un groupe en conflit avec le gouvernement éthiopien. Les deux pays avaient alors échangé des notes verbales à l’ONU, sans que la situation ne s’améliore.

Un rappel d’ambassadeur aux conséquences immédiates

Le rappel de l’ambassadeur soudanais est un geste symbolique fort, mais ses conséquences pratiques pourraient être limitées à court terme. Les relations diplomatiques entre les deux pays sont déjà réduites à leur minimum, avec des échanges de représentants au niveau des chargés d’affaires. Selon des analystes régionaux cités par Le Monde, cette décision vise davantage à envoyer un message politique qu’à provoquer une rupture totale des liens.

Pourtant, côté soudanais, on insiste sur la gravité de l’acte. « Cette escalade est inacceptable », a déclaré un porte-parole du gouvernement de Khartoum, soulignant que le pays ne tolérerait aucune violation de sa souveraineté. De son côté, l’Éthiopie, déjà engagée dans un conflit interne dans le Tigré, pourrait voir dans cette crise une opportunité de renforcer sa position en négociation.

Et maintenant ?

Dans les prochains jours, la communauté internationale pourrait tenter une médiation pour éviter une escalade militaire. L’Union africaine, qui suit de près la situation, a déjà appelé à la retenue. Une réunion du Conseil de paix et de sécurité de l’UA, prévue pour le 10 mai, pourrait aborder cette crise. Pour autant, les positions des deux pays restent éloignées, et une solution rapide semble peu probable.

Les prochaines étapes dépendront en grande partie de la réponse éthiopienne. Si Addis-Abeba confirme ou nie officiellement son implication dans les attaques de drones, la situation pourrait évoluer. Dans le cas contraire, le rappel de l’ambassadeur pourrait n’être que la première étape d’une dégradation plus large.

D’après les autorités soudanaises, les drones auraient décollé depuis des bases situées en Éthiopie et visé des cibles stratégiques au Soudan. Le gouvernement de Khartoum évoque des « preuves » de cette implication, sans les détailler publiquement, selon Le Monde.