Les violences au Soudan, marquées par des affrontements continus et des frappes aériennes indiscriminées, ont plongé les camps de déplacés dans une situation humanitaire critique. Selon Le Monde, Marie-Hélène Verney, représentante du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) à Khartoum, a tiré la sonnette d’alarme sur l’aggravation des conditions de vie des populations déplacées, victimes de l’intensification des combats depuis plus de deux ans.
Ce qu'il faut retenir
- Les affrontements au Soudan « n’ont jamais vraiment cessé », avec des attaques systématiques de drones ciblant indistinctement des objectifs militaires et civils.
- Les camps de déplacés, déjà sous tension, subissent un manque criant de moyens pour faire face à l’afflux de populations fuyant les violences.
- Les frappes de drones, menées sans distinction, aggravent la précarité des civils et des infrastructures humanitaires.
- Marie-Hélène Verney, représentante du HCR, souligne l’insoutenable deterioration des conditions de vie dans ces camps.
Des violences endémiques qui s’intensifient
Depuis le début du conflit en avril 2023, le Soudan est plongé dans une crise humanitaire sans précédent. Les affrontements entre l’armée régulière et les Forces de soutien rapide (RSF) se poursuivent sans relâche, malgré les multiples tentatives de médiation internationale. « Les combats n’ont jamais vraiment cessé », a déclaré Marie-Hélène Verney dans un entretien accordé au Monde. L’usage massif de drones, qu’ils soient armés ou de surveillance, a accentué la vulnérabilité des populations civiles. Ces appareils, capables de frapper à distance, visent aussi bien des positions militaires que des zones résidentielles, aggravant le bilan humain et matériel.
Les frappes, souvent menées sans discrimination, transforment les camps de déplacés en zones à haut risque. Les infrastructures sanitaires et alimentaires, déjà fragilisées, peinent à absorber l’afflux continu de nouveaux déplacés. Selon les dernières estimations du HCR, plus de 10 millions de personnes ont été contraintes de quitter leur foyer depuis 2023, dont une grande partie s’entasse dans des camps de fortune.
Des camps de déplacés au bord de l’effondrement
Les camps de déplacés, initialement conçus comme des solutions temporaires, sont aujourd’hui saturés. Les ressources en eau potable, en nourriture et en soins médicaux s’amenuisent chaque jour, tandis que les moyens logistiques pour acheminer l’aide humanitaire se réduisent comme peau de chagrin. Marie-Hélène Verney a mis en lumière cette situation critique en ces termes : « Le manque de moyens dans les camps a rendu la vie insoutenable. » Les équipes sur place, composées majoritairement de bénévoles locaux et d’ONG, travaillent dans des conditions extrêmes, sans équipement adapté ni soutien financier suffisant.
Les rapports des Nations unies et des ONG locales s’accordent sur un constat alarmant : sans une intervention urgente et massive, des milliers de vies supplémentaires pourraient être menacées. Les maladies liées à la promiscuité et au manque d’hygiène, comme le choléra ou la malnutrition aiguë, se propagent à un rythme inquiétant. « On assiste à une dégradation rapide de la situation, et les moyens actuels sont insuffisants pour y faire face », a précisé la représentante du HCR.
L’urgence d’une réponse internationale coordonnée
Face à l’ampleur de la crise, la communauté internationale est appelée à réagir. Les appels à la trêve humanitaire, lancés à plusieurs reprises par l’ONU et l’Union africaine, restent largement ignorés. Les bailleurs de fonds, notamment européens et américains, ont pourtant mobilisé des centaines de millions de dollars en 2025 pour soutenir les opérations humanitaires. Pourtant, ces fonds parviennent difficilement aux populations les plus vulnérables, en raison des restrictions d’accès imposées par les parties belligérantes.
Les organisations humanitaires réclament un accès sans entrave aux zones de conflit pour distribuer l’aide. « Sans cette liberté de mouvement, notre capacité à sauver des vies sera encore plus limitée », a souligné Marie-Hélène Verney. Par ailleurs, les sanctions ciblées contre les responsables des violences et le gel des avoirs des factions armées pourraient, selon certains analystes, contribuer à réduire l’intensité des combats. Toutefois, ces mesures restent en suspens, faute de consensus au sein du Conseil de sécurité de l’ONU.
En conclusion, la dégradation des conditions de vie dans les camps de déplacés au Soudan reflète l’échec persistant des efforts internationaux pour mettre fin à un conflit qui dure depuis plus de trois ans. Sans une mobilisation sans précédent des États et des organisations humanitaires, des milliers de vies supplémentaires pourraient être sacrifiées.
Les frappes de drones, souvent menées sans discrimination, visent indistinctement des cibles militaires et des zones civiles. Leur précision limitée et leur usage massif transforment les camps de déplacés en zones à haut risque, aggravant la mortalité et la précarité des populations déjà fragilisées.