Moins d’une semaine après avoir réalisé la plus importante introduction en Bourse (IPO) de l’histoire, SpaceX, le groupe spatial et d’intelligence artificielle d’Elon Musk, a obtenu une notation « investment grade » de la part des trois principales agences de notation financière. Selon Euronews FR, Moody’s, Fitch et S&P Global ont attribué à SpaceX des notes situées dans la catégorie des obligations jugées sûres, une première pour l’entreprise qui a longtemps fonctionné comme un acteur privé du secteur aérospatial.

Ce qu'il faut retenir

  • SpaceX a levé 85,7 milliards de dollars lors de son IPO la semaine dernière, la plus importante de l’histoire.
  • Les agences Moody’s, Fitch et S&P Global ont attribué à l’entreprise une note « investment grade », avec des perspectives stables.
  • Starlink, le réseau de satellites Internet d’SpaceX, est devenu le principal générateur de flux de trésorerie du groupe.
  • L’action de SpaceX a reculé de plus de 18 % après avoir atteint un sommet historique de 225,6 dollars.
  • Malgré cette baisse, l’entreprise reste l’une des plus valorisées au monde, classée au sixième rang des sociétés cotées.

Une étape historique pour SpaceX, passée en catégorie « investment grade »

Pour la première fois de son histoire, SpaceX a obtenu une notation « investment grade » de la part des trois grandes agences de notation financière. Selon Euronews FR, Moody’s a attribué à l’entreprise une note Baa1, Fitch une note BBB+ et S&P Global une note BBB, toutes assorties d’une perspective stable. Cette classification permet à SpaceX d’accéder à des financements à moindre coût, ce qui pourrait faciliter une expansion accélérée de ses activités.

Ces notations surviennent moins d’une semaine après l’introduction en Bourse record du groupe, qui a levé 85,7 milliards de dollars (73,8 milliards d’euros). Il s’agit de la plus importante IPO de l’histoire, dépassant largement les précédents records. Cette opération a valu à SpaceX une valorisation temporaire de plus de 3 000 milliards de dollars, la propulsant brièvement au quatrième rang des entreprises les plus valorisées au monde, derrière Microsoft.

Starlink, nouveau moteur financier de SpaceX, mais des risques persistent

Selon Moody’s, Starlink, le réseau de satellites Internet en orbite basse, est devenu le principal générateur de flux de trésorerie de SpaceX. L’agence souligne que ce segment a permis à l’entreprise de réduire sa dépendance aux revenus plus cycliques des lancements orbitaux, tout en améliorant ses marges. Début juin, Starlink comptait déjà 12 millions d’abonnés, un chiffre qui devrait continuer à croître rapidement.

Cependant, les agences de notation ont également pointé plusieurs risques majeurs. Moody’s met en garde contre les exigences financières élevées liées au développement des activités d’intelligence artificielle de SpaceX, un secteur marqué par une forte intensité capitalistique et des flux de trésorerie négatifs. L’agence souligne aussi la dépendance critique de l’entreprise au véhicule Starship V3, dont des retards ou des échecs techniques pourraient freiner la croissance à long terme.

Des risques de gouvernance et une valorisation sous pression

Moody’s et les autres agences ont également souligné les risques liés à la gouvernance de SpaceX, notamment en raison de la structure contrôlée de l’entreprise et de la concentration des droits de vote. Ces éléments limitent la capacité de supervision indépendante du conseil d’administration et rendent l’entreprise fortement dépendante de la vision stratégique d’Elon Musk. Ce dernier a réagi sur les réseaux sociaux en déclarant : « Pour être honnête, la note de crédit de Tesla est ridiculement basse. »

Sur le plan boursier, l’euphorie initiale s’est rapidement dissipée. L’action de SpaceX, qui avait atteint un sommet de 225,6 dollars mardi, a clôturé jeudi à 185 dollars, soit une baisse de plus de 18 %. En séance, le titre est même tombé jusqu’à 172 dollars avant de se reprendre partiellement. Les investisseurs s’interrogent désormais sur la soutenabilité d’une valorisation aussi élevée, d’autant que SpaceX a rétrogradé au sixième rang des entreprises les plus valorisées au monde.

Des perspectives de croissance solides, mais des défis à relever

Malgré ces incertitudes, les agences de notation anticipent une forte croissance du chiffre d’affaires et des résultats pour SpaceX jusqu’en 2028. Cette dynamique serait portée par Starlink, dont la base d’abonnés devrait continuer à s’étendre, ainsi que par les premiers contrats de puissance de calcul conclus avec des géants comme Anthropic et Google. Ces accords, d’une valeur combinée de 75 milliards de dollars, illustrent le potentiel de l’entreprise dans le secteur de l’intelligence artificielle.

Fitch, de son côté, met en avant la position dominante de SpaceX dans les lancements commerciaux, où l’entreprise a placé plus de 80 % de la masse mondiale en orbite depuis 2023. S&P Global, tout en reconnaissant la solidité des activités de lancement et de connectivité, souligne les risques liés à l’IA et aux importants besoins en capital du groupe.

Et maintenant ?

La prochaine étape pour SpaceX consistera à concrétiser les anticipations de croissance portées par Starlink et ses activités d’IA. Les investisseurs surveilleront de près l’évolution des marges, la gestion des risques financiers et la capacité de l’entreprise à diversifier ses sources de revenus. Une attention particulière sera également portée à la performance du véhicule Starship V3, dont le succès technique sera déterminant pour la crédibilité à long terme du groupe.

Si les notations « investment grade » ouvrent de nouvelles perspectives de financement, la capacité de SpaceX à justifier sa valorisation actuelle dépendra de sa capacité à transformer ses promesses en résultats tangibles. La semaine à venir sera cruciale pour observer la réaction des marchés et des régulateurs face à cette entreprise désormais sous les projecteurs.

Une notation « investment grade » permet à SpaceX d’accéder à des financements à moindre coût sur les marchés obligataires. Cela facilite le recours à l’endettement pour financer son expansion, notamment dans les secteurs coûteux comme l’intelligence artificielle et les lanceurs spatiaux. Selon les agences, cette classification reflète la solidité de ses activités principales, comme Starlink, tout en soulignant les risques liés à ses investissements futurs.