Sur les steppes arides de la région de Zaporijjia, l’armée ukrainienne mène une contre-offensive discrète mais déterminée contre les forces russes, dans l’un des secteurs les plus disputés du front sud. Selon Le Figaro, le 225e régiment d’assaut ukrainien, unité d’élite connue pour avoir mené l’incursion vers Koursk en 2024, tente de reprendre l’initiative depuis le mois de février. Les combats s’intensifient, notamment autour de la ville de Houliaïpole, à la frontière des oblasts de Zaporijjia et de Dnipro, où drones et véhicules blindés s’affrontent dans un ballet meurtrier.
Ce qu'il faut retenir
- Le 225e régiment d’assaut ukrainien, unité ayant mené une incursion en Russie en 2024, tente de reprendre l’initiative dans la région de Zaporijjia depuis février 2026.
- Les combats se concentrent autour de Houliaïpole, ville située à la jonction des oblasts de Zaporijjia et de Dnipro, l’un des secteurs les plus disputés du front sud.
- Les forces ukrainiennes doivent faire face à une « kill zone » où les drones russes et ukrainiens s’affrontent en permanence, rendant chaque déplacement périlleux.
- Les véhicules blindés ukrainiens, comme celui du lieutenant Oleksii, doivent slalomer à plus de 130 km/h pour éviter les frappes de drones, dans un environnement saturé d’engins télécommandés.
Une course contre la montre dans la « kill zone »
Le lieutenant Oleksii et son copilote Artem évoluent dans un environnement où chaque seconde compte. Au volant d’un 4x4 blindé, ils filent à plus de 130 km/h sur des routes défoncées, évitant les crevasses et les cratères laissés par les obus. « On est déjà dans la kill zone. Il faut pas traîner ici », lance Artem, les mains crispées sur un détecteur de drones dont les antennes sont déployées en permanence. Les bips intermittents de l’appareil signalent la présence de drones dans un rayon de 10 kilomètres, un périmètre où chaque engin, russe ou ukrainien, peut être une menace.
Cette zone, située entre les steppes et les faubourgs d’Houliaïpole, est devenue un terrain de chasse pour les drones. Les forces russes et ukrainiennes s’y livrent une guerre technologique, où la rapidité de réaction et la précision des frappes font la différence. Oleksii, dont le régiment a été repéré pour ses actions audacieuses, sait que chaque sortie peut être la dernière : « Il n’y a pas de place pour l’erreur ici. Un seul drone russe, et c’est la fin. »
Houliaïpole, ville symbole de la résistance ukrainienne
La ville d’Houliaïpole, carrefour stratégique entre les régions de Zaporijjia et de Dnipro, est devenue l’un des épicentres des combats dans le sud de l’Ukraine. Depuis février 2026, les forces ukrainiennes du 225e régiment d’assaut y ont repris l’initiative après des mois de recul. Selon les analystes militaires cités par Le Figaro, cette contre-offensive s’inscrit dans une dynamique plus large visant à désorganiser les lignes russes et à reprendre le contrôle de territoires clés.
Les combats y sont particulièrement intenses en raison de la configuration du terrain. Les abords d’Houliaïpole mêlent zones industrielles abandonnées et espaces ruraux, offrant des cachettes idéales pour les drones et les tireurs d’élite. Les forces ukrainiennes doivent donc opérer avec une extrême prudence, en combinant mouvements rapides et reconnaissance aérienne. « Ici, ce n’est pas la distance qui compte, mais le nombre de morts », résume un soldat sous couvert d’anonymat, soulignant la brutalité des engagements dans cette région.
Les drones, armes maîtresses d’une guerre asymétrique
Dans cette bataille, les drones jouent un rôle central. Ils servent autant à la reconnaissance qu’à la frappe, permettant de cibler les positions ennemies avec une précision inégalée. Les soldats ukrainiens, comme Artem avec son détecteur, doivent constamment surveiller l’espace aérien pour éviter les frappes surprises. Les drones russes, souvent armés de charges explosives, sont particulièrement redoutés : « Quand on entend le bourdonnement, c’est déjà trop tard », confie un autre membre du régiment.
La guerre en Ukraine a vu l’émergence de tactiques où les drones, petits et maniables, surpassent parfois les moyens conventionnels. Leur utilisation massive a transformé le champ de bataille en un espace où la technologie prime sur le nombre. Pour le 225e régiment, l’enjeu est double : non seulement survivre dans cette « kill zone », mais aussi infliger des pertes suffisantes pour ébranler les lignes russes. « On ne compte plus les kilomètres, mais les morts. Chaque drone abattu, chaque position perdue, ça se paie en vies », explique un officier du régiment.
Les prochaines étapes dépendront en grande partie de la capacité des deux belligérants à maintenir leur logistique et à innover tactiquement. Pour l’instant, une chose est sûre : dans cette région, chaque mètre carré conquis ou perdu se paie au prix fort. « Ici, on ne gagne pas des batailles, on survit », conclut un soldat du 225e régiment.
La « kill zone » désigne une zone géographique où les forces ennemies se livrent à une guerre d’usure, avec des tirs constants et des frappes de drones ou d’artillerie. Dans ce secteur, toute présence prolongée est considérée comme extrêmement dangereuse en raison du risque élevé d’être ciblé.