Selon RFI, les autorités tchadiennes contestent le tracé retenu par le Cameroun pour la future ligne ferroviaire devant relier Douala à N’Djamena en passant par le nord du pays. La présidence camerounaise a pourtant validé ce tracé la semaine dernière, mais Ndjamena estime que cette décision n’est pas définitive et réclame une concertation bilatérale.

Ce qu'il faut retenir

  • Le tracé retenu par le Cameroun traverse l’intégralité du Grand Nord du pays avant de rejoindre N’Djamena
  • La présidence camerounaise a acté ce linéaire il y a une semaine
  • Le Tchad conteste cette option et demande une négociation entre les deux États
  • Les deux pays doivent à terme relier leurs réseaux ferroviaires

Un projet d’intégration régionale sous tension

Ce désaccord illustre les défis logistiques et politiques liés à l’ambition d’un corridor ferroviaire transfrontalier entre le Cameroun et le Tchad. L’objectif affiché est de renforcer les échanges économiques et les transports de marchandises entre les deux pays, en s’appuyant sur le port de Douala comme hub principal. Cependant, le tracé retenu par Yaoundé — qui privilégie une traversée extensive du Grand Nord camerounais — ne fait pas l’unanimité à Ndjamena.

« Le choix du tracé n’est pas acté », a rappelé un responsable tchadien cité par RFI, soulignant que cette question nécessite un dialogue entre les parties. Pour Yaoundé, ce tracé a pourtant été validé en bonne et due forme, signe d’une divergence de vues sur la méthode comme sur la substance.

Des intérêts stratégiques en jeu

Le futur train, présenté comme un « intégrateur » par les autorités camerounaises, devrait faciliter le transport de produits agricoles, de minerais et de passagers entre les deux capitales. Le Cameroun mise sur ce projet pour consolider son rôle de plateforme logistique en Afrique centrale, tandis que le Tchad cherche à sécuriser un accès plus direct à la mer via le corridor camerounais. Pourtant, les deux pays peinent à s’accorder sur le passage précis de la ligne.

Côté tchadien, on insiste sur la nécessité d’un tracé qui tienne compte des réalités locales et des coûts de construction. « Une concertation est indispensable pour éviter des surcoûts ou des retards », a expliqué un haut fonctionnaire de Ndjamena à RFI. À Yaoundé, en revanche, on défend un linéaire déjà étudié et jugé optimal pour relier les deux pays.

Quelles suites pour ce projet ferroviaire ?

Pour l’instant, le Cameroun semble tenir à son tracé, mais le Tchad ne l’entend pas de cette oreille. Les deux parties devront trouver un compromis sous peine de voir le projet s’enliser. « Le dialogue doit reprendre rapidement », a insisté un diplomate africain sous couvert d’anonymat. Les prochaines semaines seront donc cruciales pour éviter une paralysie du dossier.

Rappelons que ce projet s’inscrit dans une dynamique plus large d’intégration économique en Afrique centrale, où plusieurs initiatives similaires sont en cours. La Banque africaine de développement (BAD) et la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC) ont déjà exprimé leur soutien à ce type d’infrastructures, mais leur réalisation dépendra in fine de la capacité des États à s’entendre.

Et maintenant ?

Une réunion de haut niveau entre les ministres des Transports des deux pays est attendue d’ici la fin du mois de juin, selon des sources diplomatiques. Si un accord n’est pas trouvé rapidement, le Cameroun pourrait être tenté de lancer les travaux sur son tracé, risquant d’aggraver les tensions avec Ndjamena. Dans le pire des cas, le projet pourrait être revu à la baisse, avec des sections moins ambitieuses.

Reste à savoir si les deux pays parviendront à dépasser leurs divergences avant que les travaux ne commencent. Pour l’heure, le dossier reste en suspens, et les opérateurs économiques des deux rives du fleuve Logone suivent la situation de près.

Le Tchad estime que le tracé retenu par Yaoundé ne tient pas suffisamment compte des contraintes locales, notamment en termes de coût et de faisabilité technique. Ndjamena demande donc une concertation pour revoir ensemble le linéaire du futur train.