Selon BFM Bourse, l’action de The Magnum Ice Cream Company (TMICC), propriétaire des marques Magnum, Cornetto ou encore Ben & Jerry’s, a bondi de 12,7 % à la Bourse d’Amsterdam ce vendredi 15 mai 2026. Cette hausse spectaculaire intervient dans un contexte de rumeurs persistantes concernant un possible rachat du groupe par des fonds d’investissement spécialisés dans le capital-investissement.
Ce qu'il faut retenir
- L’action TMICC a atteint un pic de 18,7 % en séance, après l’annonce selon laquelle Blackstone et CD&R étudieraient une offre de rachat.
- Le groupe, indépendant depuis décembre 2025, s’était introduit en Bourse avec une valorisation initiale de 7,8 milliards d’euros.
- La société subit la baisse de la consommation de produits sucrés en Europe et aux États-Unis, accentuée par l’essor des médicaments anti-obésité comme ceux de Novo Nordisk et Eli Lilly.
- Selon une enquête UBS, 60 % des utilisateurs de médicaments GLP-1 ont réduit leur consommation de glaces.
- Les discussions restent à un stade préliminaire et dépendent des résultats estivaux de l’entreprise.
Une introduction en Bourse mouvementée et une valorisation sous pression
Créée en décembre 2025 après sa séparation avec le géant Unilever, The Magnum Ice Cream Company s’était introduite à la Bourse d’Amsterdam, ainsi qu’à New York et Londres, avec une valorisation initiale de 7,8 milliards d’euros. Depuis, l’entreprise subit les effets d’un changement radical des habitudes de consommation. Les consommateurs se tournent de plus en plus vers des alternatives plus saines, tandis que les médicaments anti-obésité, comme ceux développés par Novo Nordisk et Eli Lilly, réduisent l’appétence pour les produits sucrés.
Cette tendance a déjà pesé sur les résultats du groupe. En février 2026, TMICC avait enregistré une chute brutale de son titre après la publication de résultats inférieurs aux attentes. Les craintes d’une disruption durable du marché des glaces avaient alors été alimentées par l’essor des traitements GLP-1, connus pour leurs effets sur la satiété. « Une plus grande exposition au marché américain, où les médicaments GLP-1 ont le taux d’adoption le plus élevé, expose les entreprises à un risque plus élevé », avait alors souligné UBS dans une note publiée en novembre 2025.
Un rebond boursier spectaculaire porté par des rumeurs de rachat
L’emballement de ce vendredi 15 mai survient après que Reuters a rapporté que Blackstone et CD&R, deux géants du capital-investissement, étudieraient la possibilité de lancer une offre sur TMICC. L’action a atteint un sommet à 18,7 % en séance, un niveau jamais enregistré depuis son introduction en Bourse. À la clôture du jeudi 14 mai, le titre évoluait légèrement au-dessus de son cours d’introduction, fixé à 12,80 euros.
Les discussions en sont encore à un stade préliminaire. Selon des sources citées par Reuters, les deux fonds attendraient notamment la publication des chiffres d’affaires estivaux de TMICC — une période charnière pour le secteur des glaces — avant de prendre une décision. « Les deux prétendants ont indiqué surveiller le cours de l’action avant d’agir », a précisé une source anonyme à l’agence de presse. Magnum Ice Cream Company, Blackstone, CD&R et Unilever ont pour leur part refusé de commenter ces informations.
Un marché des glaces en mutation face à l’essor des alternatives saines
Le secteur des glaces en Europe et aux États-Unis traverse une période de transition marquée par une baisse structurelle de la consommation de produits sucrés. Selon les données compilées par UBS, la consommation par habitant a reculé de manière constante aux États-Unis, en Allemagne, en France et même au Royaume-Uni depuis la pandémie de Covid-19 — même si ce dernier pays a connu un rebond en 2025. Cette tendance s’explique par une prise de conscience accrue des consommateurs pour des régimes plus équilibrés, mais aussi par l’impact des traitements anti-obésité.
Une enquête menée par UBS Evidence Lab auprès de 500 utilisateurs de médicaments GLP-1 aux États-Unis a révélé que 60 % d’entre eux ont réduit, voire stoppé, leur consommation de crème glacée. Ces médicaments, qui agissent sur la satiété, modifient les comportements alimentaires d’une partie significative de la population. Pour les industriels du secteur, cette évolution représente un défi de taille, d’autant plus que les glaces occupent une place centrale dans leur portefeuille de produits.
Un actionnariat encore marqué par la présence d’Unilever
Malgré son indépendance, The Magnum Ice Cream Company conserve un lien avec son ancien propriétaire. Unilever, qui a cédé TMICC en décembre 2025, détient toujours une participation minoritaire de moins de 20 % dans le capital du groupe. Cette situation pourrait jouer un rôle dans un éventuel processus de rachat, bien que la direction de TMICC n’ait pas souhaité réagir aux rumeurs pour l’instant.
La volatilité récente du titre reflète les incertitudes qui pèsent sur le secteur. Après un départ en Bourse difficile, marqué par une chute des cours en février, TMICC voit désormais son avenir dépendre de deux facteurs : sa capacité à séduire les consommateurs dans un marché en mutation, et l’intérêt que lui porteront les acteurs du capital-investissement. Pour l’heure, les spéculations restent vives, et les investisseurs surveillent de près l’évolution des discussions entre les fonds et la direction du groupe.
Pour l’instant, The Magnum Ice Cream Company reste un acteur clé du marché des glaces en Europe, malgré les défis qui l’attendent. Son destin dépendra autant de sa capacité à innover et à s’adapter à de nouveaux comportements de consommation que de l’appétit des investisseurs pour un secteur en pleine mutation.
Parmi les principaux concurrents de TMICC, on retrouve des marques comme Nestlé (avec des produits comme Häagen-Dazs), Mars (avec Pedigree ou Twix), ou encore General Mills (avec Häagen-Dazs et Yoplait). Le marché est également disputé par des acteurs locaux et des marques de distributeurs.
Les médicaments GLP-1, comme Ozempic ou Mounjaro, agissent sur la satiété en ralentissant la vidange gastrique. Ils réduisent ainsi l’appétit et peuvent entraîner une diminution de la consommation d’aliments sucrés, dont les glaces font partie. Cette tendance est particulièrement marquée aux États-Unis, où l’adoption de ces traitements est la plus élevée.