Alors que les réseaux sociaux occupent une place centrale dans le quotidien des jeunes, TikTok fait face à une vague de critiques concernant l'exposition des adolescents à des contenus morbides. Selon Le Figaro, des parents dénoncent l'incapacité de la plateforme à protéger les mineurs des algorithmes qui poussent des vidéos aux thématiques extrêmes, allant jusqu'à des tutos sur le suicide. Une enquête en cours, soutenue par seize familles, pourrait prochainement élargir ses investigations sur les mécanismes de modération de l'application.

Ce qu'il faut retenir

  • Seize familles ont demandé l'élargissement d'une enquête sur TikTok, accusée de promouvoir des contenus suicidaires auprès des adolescents.
  • Des parents témoignent avoir découvert que leurs enfants étaient exposés à des tutos détaillant des méthodes pour se donner la mort.
  • Les algorithmes de TikTok, critiqués pour leur opacité, sont pointés du doigt pour leur rôle dans la diffusion de contenus extrêmes.
  • Contrairement à une télévision placée dans un espace commun, les écrans des smartphones rendent le contrôle parental bien plus complexe.

Des parents désemparés face à l'exposition des mineurs

Pour beaucoup de parents, le contrôle de ce que regardent leurs enfants relève désormais du casse-tête. Aude, mère de trois adolescents, évoque avec nostalgie l'époque où les écrans étaient partagés en famille. « C'est idéal, elle est plein milieu du salon ! », souligne-t-elle. Aujourd'hui, les jeunes sont souvent « terrés au fond de leur lit avec un iPhone ou une Switch », ce qui rend toute surveillance bien plus ardue. Les parents espèrent alors que leurs enfants se contentent de vidéos de danse ou de chats mignons — une illusion que certains découvrent trop tard être loin de la réalité.

L'histoire de Maylis : quand TikTok bascule dans l'extrême

Laetitia, une mère de famille, a découvert avec effroi le contenu auquel sa fille de 15 ans, Maylis, était exposée sur TikTok. Une collègue lui avait rapporté que sa fille « mettait des trucs bizarres » sur la plateforme. Intriguée, Laetitia a créé un faux compte pour comprendre ce qui se tramait. Le choc fut immédiat : « Je suis tombée du dixième étage », confie-t-elle. L'essentiel du flux de Maylis consistait en des vidéos détaillant des méthodes pour se donner la mort, comme démonter un taille-crayon pour se couper les veines ou ingérer une dose excessive de Doliprane. Ces contenus, bien que signalés, restaient accessibles malgré les restrictions d'âge.

Un algorithme sous le feu des projecteurs

Les témoignages de parents comme Laetitia révèlent une faille majeure dans le système de modération de TikTok. L'algorithme de la plateforme, réputé pour sa puissance, est accusé d'enchaîner les vidéos en fonction des réactions des utilisateurs, sans égard pour leur âge ou leur maturité. Résultat : un jeune déjà en détresse peut se voir proposer des contenus de plus en plus morbides, renforçant ainsi un cycle dangereux. Les critiques pointent aussi le manque de transparence de l'application, qui ne fournit que peu d'informations sur les critères de recommandation ou les mesures de protection mises en place.

Des familles unissent leurs voix pour une enquête élargie

Face à l'ampleur du phénomène, seize familles ont décidé de se mobiliser pour demander une enquête plus large sur les pratiques de TikTok. Leur objectif ? Comprendre comment la plateforme, utilisée par des millions de jeunes en France, peut laisser proliférer des contenus aussi dangereux. L'affaire rappelle les pressions exercées sur les géants des réseaux sociaux après des cas similaires aux États-Unis, où des parents ont porté plainte contre Meta pour le rôle joué par Instagram et Facebook dans des drames similaires. En France, les autorités pourraient être contraintes d'intervenir plus fermement, notamment en exigeant des garanties sur la protection des mineurs.

Et maintenant ?

Une audience au tribunal pourrait être organisée d'ici la fin du mois de juin pour statuer sur l'élargissement de l'enquête. Si les familles obtiennent gain de cause, TikTok pourrait se voir imposer des audits indépendants de ses algorithmes et de ses systèmes de modération. Par ailleurs, la Commission européenne, déjà en discussion avec les plateformes pour renforcer le Digital Services Act, pourrait accélérer ses travaux sur la protection des mineurs en ligne. Dans l'attente, les associations de parents appellent à une prise de conscience collective, estimant que les solutions ne peuvent plus attendre.

Pour l'instant, TikTok n'a pas réagi publiquement aux accusations portées contre elle. La plateforme s'est contentée, lors de précédents scandales, de rappeler qu'elle interdit les contenus promouvant le suicide et qu'elle travaille avec des experts pour améliorer ses filtres. Pourtant, pour des parents comme Laetitia, ces mesures restent insuffisantes : « On ne laisserait pas notre enfant aller dans un sex-shop ou une salle de torture. Pourquoi accepterions-nous qu'il soit exposé à ce genre de contenus en ligne ? »

Selon les témoignages rapportés par Le Figaro, TikTok exposerait les adolescents à des contenus extrêmes, notamment des tutos détaillant des méthodes pour se donner la mort, comme l'utilisation d'objets du quotidien pour se blesser ou l'ingestion de médicaments à haute dose.

Seize familles ont demandé l'élargissement de l'enquête sur les pratiques de TikTok, selon les informations révélées par Le Figaro.