Le trafic maritime dans le détroit d'Ormuz a connu une hausse significative la semaine dernière, avec 55 navires enregistrés entre le 11 et le 17 mai, selon les données de la société de suivi maritime Kpler rapportées par BFM Business. Ce chiffre marque un net rebond après un plus bas historique enregistré début mai, mais reste conforme à la moyenne observée depuis le début du conflit au Moyen-Orient.
Ce qu'il faut retenir
- 55 navires ont traversé le détroit d'Ormuz la semaine dernière, contre seulement 19 la semaine précédente — le niveau le plus bas depuis le 28 février.
- Le trafic reste largement inférieur aux volumes enregistrés en temps de paix, où le détroit assure le transit d'environ un cinquième des expéditions mondiales de pétrole et de GNL.
- L'Iran a annoncé la création d'une taxe de passage et durcit son contrôle sur les navires, notamment ceux ne respectant pas les sanctions américaines.
- Depuis le début du conflit, 663 navires ont transité par le détroit, soit une moyenne hebdomadaire de 55.
- Les principales destinations hors Golfe incluent la Chine, l'Inde, le Brésil et le Pakistan, tandis que les pays occidentaux sont rarement cités.
Un rebond après un plus bas historique, mais un trafic toujours en dessous de la normale
La semaine dernière, 55 navires transportant des matières premières ont franchi le détroit d'Ormuz, un chiffre en forte hausse par rapport aux 19 navires enregistrés la semaine précédente. Ce niveau correspond désormais à la moyenne observée depuis le début des hostilités entre Israël, les États-Unis et l'Iran, après un creux inédit début mai. BFM Business souligne que ces chiffres restent bien inférieurs aux volumes habituels en temps de paix, où le détroit d'Ormuz assure le transit d'environ 20 % des expéditions mondiales de pétrole et de gaz naturel liquéfié (GNL).
Parmi les 55 navires ayant traversé la semaine dernière, la moitié transportait des liquides, dont trois superpétroliers probablement à destination de la Chine, d'Oman et du Japon. Par ailleurs, 15 vraquiers de matières sèches et 16 méthaniers de gaz de pétrole liquéfié (GPL) ont également emprunté cette voie stratégique. Un seul méthanier de gaz naturel liquéfié (GNL), transportant du gaz qatari vers le Pakistan, a été enregistré le 12 mai, portant à huit le nombre total de traversées de ce type depuis le début de la guerre.
L'Iran resserre son contrôle et annonce une taxe de passage
Téhéran a annoncé, ce lundi 18 mai, la création d'un nouvel organisme chargé de superviser le détroit d'Ormuz et de percevoir des droits de passage. Selon les autorités iraniennes, cette mesure, déjà effective depuis le début du conflit, vise à financer la gestion du corridor maritime. La télévision d'État iranienne a indiqué vendredi que « plus de 30 navires » avaient été autorisés à transiter la veille, marquant un assouplissement par rapport aux restrictions précédentes.
Les Gardiens de la Révolution ont précisé que les navires chinois avaient été prioritairement autorisés à passer après un ralentissement constaté la semaine dernière. Les données de Kpler révèlent toutefois que seulement trois navires liés à la Chine — par leur pavillon, leur propriétaire ou leur cargaison — ont franchi le détroit la semaine dernière. Deux bâtiments battant pavillon de Hong Kong ont également transité, à destination d'Oman et des Émirats arabes unis. « Les navires ne déclarant pas toujours leur destination finale au moment de la traversée, ces chiffres ne reflètent pas nécessairement l'intégralité des flux », tempère BFM Business.
Un trafic dépendant des nationalités et des sanctions
Depuis le début du conflit, le passage des navires dans le détroit d'Ormuz dépend de leur nationalité et de leur conformité avec les sanctions américaines. Le 10 mai, l'Iran a averti que les pays ne respectant pas ces sanctions rencontreraient des difficultés pour traverser. Les données de Kpler confirment cette tendance : les destinations ou points de départ les plus fréquents hors Golfe incluent la Chine, l'Inde, le Brésil, le Pakistan, la Thaïlande et la Malaisie. À l'inverse, les pays occidentaux sont rarement mentionnés parmi les destinations déclarées.
Les méthaniers transportant du GNL qataris vers le Pakistan constituent une exception notable. Depuis le début de la guerre, huit traversées de ce type ont été recensées, reflétant les tensions persistantes autour des approvisionnements énergétiques. « Le contrôle exercé par l'Iran sur le détroit d'Ormuz reste l'un des principaux points de friction dans les négociations avec les États-Unis, qui n'ont toujours pas abouti », rappelle BFM Business.
Un enjeu stratégique au cœur des tensions géopolitiques
Le détroit d'Ormuz, par lequel transite environ un cinquième du pétrole et du GNL mondial en temps normal, est devenu un symbole des rivalités entre Téhéran et Washington. Depuis le début des frappes américano-israéliennes contre l'Iran fin février, le trafic a été divisé par deux, voire plus, selon les semaines. Les autorités iraniennes ont maintes fois répété que « le trafic ne reviendrait pas à son niveau d'avant-guerre », tant que les sanctions américaines ne seraient pas levées.
Les navires en transit cette semaine incluaient des pétroliers, des vraquiers et des méthaniers, mais leur nombre reste modeste comparé à l'activité habituelle. « Environ 30 navires traversaient quotidiennement le détroit avant le conflit. Aujourd'hui, on en compte moins de dix par jour en moyenne », indique un analyste maritime cité par BFM Business. Cette situation illustre l'impact des tensions régionales sur les routes commerciales mondiales, alors que l'Europe et l'Asie cherchent à sécuriser leurs approvisionnements énergétiques.
En attendant, les armateurs devront composer avec un cadre réglementaire plus strict et des coûts de passage en hausse, ce qui pourrait peser sur les prix de l'énergie dans les mois à venir.
Le trafic a chuté en raison des tensions géopolitiques entre l'Iran et les États-Unis, des frappes militaires, et des sanctions américaines qui limitent les échanges avec certains pays. L'Iran a également renforcé ses contrôles, imposant des restrictions ciblées en fonction de la nationalité des navires et de leur conformité avec les sanctions.