Le secteur du transport aérien traverse une période particulièrement difficile, marquée par l’annulation massive de vols et la suppression de sièges. Selon Cryptoast, les compagnies aériennes mondiales ont supprimé **2 millions de sièges** pour le mois de mai et annulé des milliers de vols, en raison d’une hausse spectaculaire des coûts opérationnels, directement liée à l’envolée des prix du kérosène.

Ce qu'il faut retenir

  • Les compagnies aériennes ont supprimé **2 millions de sièges** et annulé des milliers de vols pour mai 2026, selon Cryptoast.
  • Le kérosène représente **entre 30 % et 50 % des dépenses** des compagnies aériennes, un coût devenu insoutenable avec la flambée des prix du pétrole.
  • La compagnie allemande **Lufthansa** a annulé **20 000 vols** pour les six prochains mois, faute de rentabilité.
  • Le prix du baril de Brent a progressé de **55 %** depuis le début du conflit en Iran, tandis que le WTI a augmenté de **59 %** sur la même période.
  • En France, le prix du Sans Plomb 95 dépasse désormais **2 euros par litre**, et le gazole atteint **2,20 euros**. Les incertitudes géopolitiques entretiennent la volatilité des cours.

La hausse des prix du pétrole, qui a plus que doublé depuis fin février, a plongé les compagnies aériennes dans une situation financière critique. Le kérosène, composante majeure de leurs coûts, pèse désormais entre **30 % et 50 %** de leurs dépenses globales. Cette dépendance les rend particulièrement vulnérables aux fluctuations des cours, comme l’explique Cryptoast dans son analyse.

Pour le mois de mai, les compagnies aériennes ont drastiquement réduit leur offre. Selon les données rapportées par Cryptoast, **2 millions de sièges** ont été supprimés, et des milliers de vols ont été purement et simplement annulés. Cette situation s’accompagne de perturbations logistiques, notamment en raison des tensions persistantes dans le détroit d’Ormuz, une voie maritime stratégique pour le transport de pétrole.

Un secteur sous pression : les annulations se multiplient

Parmi les compagnies les plus touchées, **Lufthansa** figure en première ligne. La compagnie allemande a annoncé l’annulation de **20 000 vols** pour les six prochains mois, une décision motivée par l’absence de rentabilité sur ces trajets. «

La perturbation de ces flux a créé de sérieux déséquilibres entre l’offre et la demande dans le transport aérien mondial,
» a souligné Ben Smith, directeur général d’**Air France-KLM**, dans un entretien cité par Cryptoast.

En France, la situation n’est pas moins alarmante. Le secteur des transports, fortement dépendant des carburants fossiles, subit de plein fouet la hausse des prix. En avril 2026, le prix du Sans Plomb 95 a dépassé les **2 euros par litre** en moyenne nationale, tandis que le gazole s’affiche à **2,20 euros**. Ces hausses se répercutent directement sur les coûts des compagnies aériennes, déjà en difficulté.

Des prix du pétrole toujours volatils

Le baril de Brent, référence mondiale, a enregistré une progression de **55 %** depuis le début du conflit en Iran. Le prix du baril de WTI, autre indice majeur, a quant à lui grimpé de **59 %** sur la même période. Ces augmentations reflètent l’instabilité des marchés pétroliers, aggravée par les tensions géopolitiques dans la région du Golfe.

Les incertitudes persistent, notamment en raison des déclarations contradictoires des États-Unis. Après avoir lancé l’opération « Freedom » pour sécuriser le passage des navires dans le détroit d’Ormuz, Washington a finalement fait marche arrière le lendemain. Cette instabilité politique contribue à maintenir les prix du pétrole à un niveau élevé, sans perspective de stabilisation à court terme.

Des répercussions sur l’ensemble de l’économie

Les conséquences de cette crise dépassent le cadre du transport aérien. Les prix à la pompe, en forte hausse, impactent directement le pouvoir d’achat des ménages. En France, la facture énergétique des automobilistes a bondi, et les professionnels du secteur s’attendent à une nouvelle augmentation des coûts logistiques pour les mois à venir.

Les compagnies aériennes, déjà fragilisées par la pandémie de Covid-19, peinent à absorber ces nouveaux chocs. Certaines envisagent de revoir leurs stratégies commerciales, tandis que d’autres pourraient être contraintes de réduire encore davantage leurs effectifs ou leurs dessertes.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines seront déterminantes pour le secteur aérien. Les compagnies devront arbitrer entre maintenir leurs vols à perte ou réduire encore davantage leur offre. Les gouvernements pourraient être amenés à étudier des mesures de soutien, notamment si la situation devait s’aggraver. Par ailleurs, la stabilisation des prix du pétrole, dépendante de l’évolution du conflit en Iran et des décisions géopolitiques, reste un facteur clé pour la reprise du secteur.

En attendant, les voyageurs sont invités à se tenir informés des annonces des compagnies, certaines pouvant ajuster leurs programmes de vol au dernier moment. La situation, déjà complexe, pourrait encore évoluer dans les semaines à venir, en fonction des développements sur le terrain.

Le kérosène représente entre 30 % et 50 % des coûts opérationnels des compagnies aériennes. C’est un carburant spécifique, dont le prix est directement indexé sur celui du pétrole brut. Avec la flambée des cours, ces dépenses deviennent insoutenables sans une hausse des tarifs ou une réduction de l’offre.

Parmi les compagnies les plus affectées figure Lufthansa, qui a annoncé l’annulation de 20 000 vols pour les six prochains mois. D’autres acteurs majeurs, comme Air France-KLM, subissent également des perturbations importantes, bien que dans une moindre mesure.