Une stratégie de large union autour d’une candidature consensuelle issue du Nouveau Front populaire représente la seule voie viable pour éviter une défaite électorale, selon trois historiens signataires d’une tribune publiée par Le Monde - Politique.

Jean-Luc Chappey, Dinah Ribard et Nicolas Schapira y défendent l’idée que l’organisation d’une primaire interne à gauche ne pourrait que renforcer les rivalités entre les différentes sensibilités politiques, au détriment d’une cohésion nécessaire face à la droite et à l’extrême droite. Dans ce texte, les trois universitaires rappellent que l’histoire récente des élections montre qu’un candidat unique, issu d’un compromis entre les forces de gauche, offre de meilleures chances de succès qu’une compétition interne.

Ce qu'il faut retenir

  • Trois historiens – Jean-Luc Chappey, Dinah Ribard et Nicolas Schapira – publient une tribune dans Le Monde - Politique pour s’opposer à l’idée d’une primaire à gauche.
  • Ils estiment qu’une candidature de compromis, issue du Nouveau Front populaire, serait plus efficace pour contrer les autres forces politiques.
  • Selon eux, une primaire ne ferait qu’exacerber les tensions entre les différentes sensibilités de gauche.
  • Ils s’appuient sur l’histoire électorale récente pour justifier leur position.

Les auteurs de la tribune, tous trois spécialistes de l’histoire politique et culturelle, soulignent que la gauche française a souvent payé cher ses divisions internes. « Une primaire ne peut qu’exacerber la compétition au sein de la gauche, au lieu de la rassembler », écrivent-ils. Ils rappellent que les défaites électorales de 2017 et 2022, où la gauche était divisée, ont contribué à faciliter l’accès au pouvoir des candidats de droite et d’extrême droite.

Leur analyse s’inscrit dans un contexte politique marqué par la montée du Nouveau Front populaire, une alliance large qui regroupe des partis comme La France insoumise, le Parti socialiste, Europe Écologie-Les Verts et le Parti communiste. Depuis sa création, cette coalition a permis de rassembler plusieurs forces politiques autour de programmes communs, mais des tensions persistent sur la question de la désignation d’un candidat unique pour les prochaines élections.

Pour les trois historiens, une candidature de compromis, négociée en amont, serait bien plus stratégique qu’une primaire. « Une alliance à gauche autour d’une candidature de compromis dans le sillage du Nouveau Front populaire est la seule option pour empêcher la défaite », affirment-ils. Ils ajoutent que cette approche a déjà fait ses preuves dans d’autres contextes politiques, où des coalitions larges ont permis de remporter des victoires électorales.

Le débat sur la pertinence d’une primaire à gauche s’inscrit dans un calendrier politique chargé. Les prochaines élections législatives, prévues en 2027, approchent, et la question de la stratégie à adopter pour la gauche reste ouverte. Certains responsables politiques, comme Jean-Luc Mélenchon, ont déjà exprimé leur préférence pour une désignation par les urnes internes, tandis que d’autres défendent l’idée d’un compromis négocié en amont.

Et maintenant ?

La question d’une éventuelle primaire à gauche devrait rester au cœur des discussions dans les prochains mois, à l’approche des échéances électorales. Les partisans d’une candidature de compromis, comme ceux d’une primaire interne, devront convaincre leurs alliés respectifs de la légitimité de leur approche. Reste à voir si les différents courants de la gauche parviendront à surmonter leurs divergences avant les prochaines élections.

Cette tribune des trois historiens relance donc un débat déjà vif au sein de la gauche. Si leur position est défendue par certains, elle n’est pas forcément partagée par l’ensemble des acteurs politiques. Les prochaines semaines pourraient être déterminantes pour trancher cette question, alors que la gauche cherche à se structurer face à un paysage politique de plus en plus fragmenté.

Le Nouveau Front populaire est une alliance politique regroupant plusieurs partis de gauche en France, dont La France insoumise, le Parti socialiste, Europe Écologie-Les Verts et le Parti communiste. Elle vise à rassembler les forces de gauche autour de programmes communs pour les prochaines élections.