Selon Le Figaro, une étude de grande envergure menée au Royaume-Uni vient pour la première fois établir une comparaison chiffrée des risques de blessures graves entre les utilisateurs de trottinettes électriques et ceux des motos. Réalisée sur plus de 15 000 accidents de la route enregistrés entre 2020 et 2022, cette analyse révèle que les conducteurs de trottinettes électriques sont davantage exposés aux traumatismes crâniens, mais aussi aux lésions internes et aux hémorragies, que les motards.

Ce qu'il faut retenir

  • Une étude britannique analyse 15 000 accidents entre 2020 et 2022 pour comparer les risques des trottinettes électriques et des motos.
  • Les conducteurs de trottinettes électriques présentent un risque accru de traumatismes crâniens, de lésions internes et d’hémorragies.
  • Cette première étude nationale sur le sujet apporte des données concrètes pour alimenter le débat sur la sécurité de ces engins.

Des données inédites pour éclairer le débat sur la sécurité

En moins d’une décennie, les trottinettes électriques ont envahi les grandes villes, suscitant des polémiques récurrentes sur leur dangerosité et leur intégration dans le trafic urbain. Si des études locales, comme celles menées à Liverpool ou Lyon, avaient déjà pointé des risques accrus, aucune analyse nationale n’avait encore été publiée pour comparer objectivement ces engins aux autres moyens de transport motorisés, comme les motos. Le Figaro rappelle que cette lacune datait en partie de l’absence de recul sur ces nouveaux modes de déplacement, dont l’usage s’est démocratisé à grande vitesse.

C’est désormais chose faite grâce à une équipe de chercheurs britanniques, qui a passé au crible les données d’accidents enregistrés entre 2020 et 2022. Leur travail, inédit par son ampleur, permet pour la première fois de quantifier les risques spécifiques aux trottinettes électriques, et de les mettre en perspective avec ceux encourus par les motards. Autant dire que les résultats devraient alimenter les discussions sur la régulation de ces engins, entre partisans de leur interdiction et défenseurs de leur encadrement.

Des traumatismes crâniens plus fréquents, mais des blessures variées

Les chiffres sont sans appel : les conducteurs de trottinettes électriques sont davantage touchés par les traumatismes crâniens que les motards. Mais ce n’est pas le seul risque identifié. L’étude révèle également une hausse des lésions internes et des hémorragies chez les utilisateurs de ces engins, souvent moins protégés que les motards équipés de casques et de vêtements adaptés. Le Figaro souligne que ces résultats confirment les craintes des autorités sanitaires, qui alertent depuis des années sur le manque de protection des usagers de trottinettes.

Les données montrent aussi que les accidents impliquant des trottinettes électriques ont tendance à entraîner des blessures plus graves, en raison de la vulnérabilité physique des conducteurs. En effet, contrairement aux motards, les utilisateurs de trottinettes sont rarement équipés de protections individuelles, et leur stabilité sur l’engin reste précaire, surtout en cas de freinage brutal ou de collision. Bref, l’étude britannique apporte une preuve scientifique à un débat jusqu’alors alimenté par des observations ponctuelles.

Un succès fulgurant qui interroge sur la responsabilité des usagers

L’essor des trottinettes électriques s’est accompagné d’une explosion du nombre d’accidents, mais cette hausse est-elle le simple reflet de leur popularité croissante ou le signe d’une dangerosité structurelle ? Le Figaro rappelle que la question divise les experts. Certains estiment que les accidents sont inévitables dès lors que des milliers d’engins circulent dans des environnements mal adaptés, comme les pistes cyclables ou les axes routiers partagés avec les voitures. D’autres, en revanche, pointent du doigt le manque de formation des utilisateurs et l’absence de contrôles stricts sur leur équipement.

Deux tiers des trottinettes en circulation en France, par exemple, circulent sans assurance obligatoire, un phénomène qui aggrave les risques financiers et juridiques en cas d’accident. Cette situation, couplée à l’absence de port systématique du casque – pourtant recommandé –, explique en partie la gravité des blessures observées. Les chercheurs britanniques soulignent d’ailleurs que les pays où le port du casque est obligatoire pour les utilisateurs de trottinettes voient une baisse significative des traumatismes crâniens.

Et maintenant ?

Cette étude britannique devrait servir de base aux discussions sur la régulation des trottinettes électriques en Europe. En France, où le débat est particulièrement vif, les autorités pourraient s’inspirer de ces résultats pour renforcer les contrôles sur l’assurance et l’équipement des usagers. Une révision de la législation est attendue d’ici la fin de l’année 2026, avec la possibilité d’imposer le port du casque ou d’étendre les zones de circulation autorisées. Reste à voir si ces mesures suffiront à réduire le nombre d’accidents, ou si une interdiction partielle ou totale des trottinettes en ville sera envisagée.

Plus largement, cette étude rappelle que l’introduction de nouveaux modes de transport doit s’accompagner d’une réflexion globale sur leur intégration dans l’espace public. Entre innovation, sécurité et acceptabilité sociale, le défi est de taille pour les pouvoirs publics, qui devront concilier liberté de déplacement et protection des usagers.

Selon l’étude britannique publiée et rapportée par Le Figaro, les conducteurs de trottinettes électriques sont moins protégés que les motards, souvent équipés de casques et de vêtements renforcés. Leur vulnérabilité physique, combinée à l’absence fréquente de protections individuelles, explique leur exposition accrue aux traumatismes crâniens en cas d’accident.

Parmi les pistes évoquées, le renforcement du port obligatoire du casque, l’obligation d’assurance pour tous les engins, et une meilleure séparation des voies de circulation dédiées figurent en tête de liste. Les chercheurs britanniques insistent également sur la nécessité de campagnes de sensibilisation ciblées auprès des utilisateurs.