Les tensions au Liban s’inscrivent dans un contexte régional en pleine recomposition, selon Euronews FR. Depuis l’annonce d’un protocole d’accord entre les États-Unis et l’Iran, le dossier libanais est devenu un point de friction entre Washington et Tel-Aviv. Le texte, dévoilé le 15 juin 2026, prévoit notamment le retrait des forces israéliennes du sud du Liban, une condition immédiatement rejetée par Israël.
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a rappelé cette exigence lors d’une déclaration publique : « Tant que les forces israéliennes ne se seront pas retirées des territoires qu’elles ont occupés durant cette guerre, celle-ci ne sera pas véritablement terminée », a-t-il souligné. Cette position place le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, dans une position délicate, alors que les négociations pour un accord-cadre entre les États-Unis et l’Iran doivent aboutir dans les prochains jours.
Ce qu'il faut retenir
- Un protocole d’accord USA-Iran signé le 15 juin 2026 exige le retrait israélien du Liban, rejeté par Tel-Aviv.
- Le ministre iranien Abbas Araghchi a qualifié ce maintien de « violation » de l’accord.
- Donald Trump a appelé Netanyahu à plus de « responsabilité » au Liban et proposé que la Syrie gère le Hezbollah.
- Une frappe israélienne sur Beyrouth dimanche a fait trois morts et une dizaine de blessés, malgré un cessez-le-feu en vigueur.
- Les frappes israéliennes depuis le début du conflit ont causé près de 4 000 morts, dont des centaines de civils, et déplacé plus d’un million de personnes.
Un désaccord public entre Trump et Netanyahu sur la gestion du Hezbollah
Lors d’une rencontre bilatérale avec l’émir du Qatar, Tamim ben Hamad Al Thani, médiateur dans les négociations, organisée ce mardi 16 juin 2026 en marge du sommet du G7 à Évian-les-Bains, Donald Trump a exprimé ses réserves sur la stratégie israélienne au Liban. « Israël se bat contre le Hezbollah depuis trop longtemps, et trop de gens sont tués », a-t-il déclaré, critiquant l’ampleur des représailles israéliennes.
Le président américain a jugé que certaines actions, comme l’utilisation de drones pour des frappes, étaient « vicieuses » et « allées trop loin ». Il a ajouté : « Vous n’êtes pas obligés de raser tout un immeuble à chaque fois que vous cherchez quelqu’un, parce qu’il y a beaucoup de gens qui vivent dans ces appartements et ils ne sont pas tous du Hezbollah ». Selon lui, le Liban « a été le pays le plus maltraité et il ne peut pas se défendre ».
Trump a ensuite proposé une solution alternative : confier la gestion du Hezbollah au président syrien Ahmed al-Sharaa, qu’il décrit comme un dirigeant « tout à fait capable » et « de très bon ». « C’est lui qui fera le travail », a-t-il affirmé. Cette prise de position marque un changement dans l’approche américaine, après des années de soutien inconditionnel à Israël.
Netanyahu maintient sa présence militaire malgré les pressions
Face à ces critiques, Benjamin Netanyahu a réaffirmé, sans ambiguïté, la position israélienne. « Nous resterons au Liban aussi longtemps que nécessaire », a-t-il déclaré, confirmant que les opérations militaires contre le Hezbollah se poursuivraient. Cette fermeté expose Israël à un dilemme stratégique : poursuivre ses frappes pour affaiblir le Hezbollah tout en risquant de fragiliser son alliance avec les États-Unis, son principal soutien.
Le Premier ministre israélien se retrouve ainsi pris entre deux feux : d’un côté, la nécessité de restaurer la dissuasion israélienne face au Hezbollah, de l’autre, la pression exercée par l’administration Trump pour modérer les actions militaires. Cette tension a été illustrée par des échanges tendus rapportés par Axios : Trump aurait vertement critiqué Netanyahu après la frappe sur Beyrouth, lui reprochant de n’avoir « aucun putain de jugement ».
Une frappe israélienne controversée malgré le cessez-le-feu
Dimanche 14 juin 2026, l’armée israélienne a mené une frappe aérienne sur un immeuble à Beyrouth, malgré l’instauration d’un cessez-le-feu. L’opération visait, selon Tel-Aviv, un centre de commandement du Hezbollah. Le bilan provisoire fait état de trois morts et plus d’une douzaine de blessés, principalement des civils. Cette attaque a suscité une vague de condamnations internationales et ravivé les craintes d’une escalade régionale.
Les frappes israéliennes au Liban, en cours depuis le début du conflit, ont déjà causé près de 4 000 morts, dont une majorité de civils, et provoqué le déplacement de plus d’un million de personnes. Ces chiffres, relayés par des ONG et des observateurs internationaux, illustrent l’ampleur humanitaire de la crise.
Le Hezbollah, mouvement armé soutenu par l’Iran, reste au cœur du conflit. Ses miliciens affrontent régulièrement l’armée israélienne dans le sud du Liban, une zone historiquement sous tension. La question de son désarmement et de son intégration dans les institutions libanaises reste un sujet de division, tant au Liban qu’à l’échelle régionale.
En attendant, la situation sur le terrain reste volatile. Les déclarations de Trump et de Netanyahu montrent que les désaccords stratégiques persistent, tandis que la population libanaise paie le prix des violences. Les prochains jours diront si la diplomatie peut l’emporter sur la logique militaire.
Selon Euronews FR, ce retrait est une condition centrale de l’accord USA-Iran signé le 15 juin 2026. Washington cherche à stabiliser la région et à éviter une escalade entre Israël et le Hezbollah, soutenu par Téhéran. Le maintien des troupes israéliennes est considéré comme une « violation » de l’accord par l’Iran, qui menace de bloquer son application.
Donald Trump a suggéré que le président syrien Ahmed al-Sharaa pourrait être en mesure de « gérer le Hezbollah ». Cette proposition repose sur l’hypothèse que Damas, allié historique du mouvement chiite, pourrait exercer une pression pour limiter ses actions militaires. Cependant, cette option est largement contestée, notamment en raison du rôle ambigu de la Syrie dans la région et de ses propres intérêts stratégiques.