L’affaire Chris Watts, qui a défrayé la chronique aux États-Unis en 2018, refait surface grâce à un documentaire Netflix récemment diffusé. Selon Le Figaro, cette tuerie familiale reste l’une des plus marquantes de ces dernières années, souvent comparée à l’affaire Jonathan Daval en France.

Ce qu'il faut retenir

  • Le 13 août 2018, Shanann Watts et ses deux filles, Bella (4 ans) et Celeste (3 ans), disparaissent dans leur résidence de Frederick, dans le Colorado.
  • Leur disparition est signalée par une amie de Shanann, Nicole Atkinson, après que cette dernière n’a pu joindre la jeune femme depuis la veille.
  • Chris Watts, le mari, est rapidement suspecté après avoir évoqué une possible relation extraconjugale avec une collègue, Nichol Kessinger.
  • Le 6 novembre 2018, Chris Watts plaide coupable pour neuf chefs d’accusation, dont quatre meurtres avec préméditation : Shanann, Bella, Celeste et l’enfant à naître.
  • Il avoue avoir étranglé sa femme, puis avoir tué ses deux filles en leur déclarant : « Non... papa. »

Une disparition qui interroge dès les premiers instants

Le matin du 14 août 2018, la maison des Watts à Frederick, dans le Colorado, est sous le feu des projecteurs. Shanann Watts et ses deux filles, Bella et Celeste, ont disparu depuis la veille. Leur disparition est signalée par Nicole Atkinson, une amie proche, qui s’inquiète après avoir déposé Shanann à son retour d’un voyage professionnel en Arizona. Lorsque les policiers se rendent sur place, ils découvrent une maison apparemment rangée, mais vide. Les objets personnels de Shanann, comme son téléphone et son sac à main, sont abandonnés dans la cuisine. « Les doudous de mes filles ont disparu », déclare Chris Watts, visiblement agité, devant les enquêteurs et les journalistes massés devant sa demeure.

Dès les premières heures, des détails troublent les forces de l’ordre. Pourquoi une mère partirait-elle sans son téléphone ni ses affaires ? Un voisin, interrogé par les caméras embarquées des policiers, observe Chris Watts et glisse, à mi-voix : « Il n’est jamais comme ça. D’habitude, il est calme. Là, il ne fait que jacasser. C’est louche. » Pourtant, à ce stade, personne n’imagine encore l’ampleur du drame qui se cache derrière cette disparition.

Une famille présentée comme idéale, mais des tensions croissantes

Pendant des années, les Watts ont incarné le couple modèle américain. Shanann, originaire de Caroline du Nord, était une femme ambitieuse et énergique, fondatrice d’une entreprise de vente directe. Malgré un diagnostic de lupus et une dépression consécutive, elle avait rencontré Chris, un technicien pétrolier discret et réservé, qu’elle avait épousé. Leur mariage, célébré sous les yeux admiratifs de sa famille, semblait solide. Deux enfants, Bella et Celeste, complétaient ce tableau familial parfait.

Pourtant, dès l’été 2018, des fissures apparaissent. Une dispute éclate entre Shanann et la mère de Chris au sujet des allergies alimentaires de Celeste. Chris, de son côté, devient distant, voire froid. Shanann, qui suspecte une liaison extraconjugale, écrit à son mari dans un dernier espoir : « J’ai compris ce qui manque à notre couple. Les émotions et les sentiments ne vont que dans un sens. » Elle confie à ses amies que Chris ne l’embrasse plus et ne la touche plus depuis des semaines. La métamorphose physique de ce dernier, passé de quelques kilos en surpoids à un physique athlétique, alimente les soupçons.

La révélation d’une liaison et les aveux sous pression

Le 15 août 2018, deux jours après la disparition, une nouvelle éclate : Nichol Kessinger, une collègue de Chris, contacte la police. Elle révèle une relation naissante avec lui, qu’elle décrit comme « un homme bien ». Mais Chris lui avait caché un détail crucial : Shanann était enceinte de quinze semaines, d’un garçon. Les enquêteurs comprennent alors que les mensonges de l’époux s’accumulent.

Confronté à ces révélations et après un test au détecteur de mensonges dont les résultats sont catastrophiques, Chris Watts craque enfin lors d’un interrogatoire. « Elle leur a fait du mal. Alors je l’ai tuée, je n’avais pas le choix », déclare-t-il en pleurs. Pourtant, cette version ne tient pas. Sous la pression, il finit par avouer l’intégralité de ses actes : il a étranglé Shanann après une violente dispute, puis tué ses deux filles avant de se débarrasser de leurs corps sur un site pétrolier où il travaillait.

« Bella entre dans la chambre à ce moment précis. « Qu’est-ce qui arrive à maman ? », souffle-t-elle, à demi réveillée. Je la rassure, enveloppe le corps de Shanann dans un drap, le charge à l’arrière de mon pick-up, puis demande à mes deux filles de monter à bord. »
— Déposition de Chris Watts devant les enquêteurs, selon les retranscriptions judiciaires.

Selon ses aveux, les deux fillettes, blotties l’une contre l’autre, ont voyagé près du corps de leur mère avant d’être assassinées à leur tour. Celeste a été tuée en premier, puis Bella, qui aurait murmuré : « Non... papa. »

Un procès expéditif et une condamnation historique

Le 6 novembre 2018, Chris Watts plaide coupable pour neuf chefs d’accusation, dont quatre meurtres avec préméditation. Il reconnaît avoir tué Shanann Watts, ses deux filles et leur enfant à naître. Le procès, expéditif, se conclut par une condamnation à la prison à perpétuité sans possibilité de libération conditionnelle. Cette peine, la plus sévère possible dans l’État du Colorado, enterre définitivement toute chance de rédemption pour l’accusé.

L’affaire, souvent comparée à celle de Jonathan Daval en France pour ses similitudes médiatisées, reste gravée dans la mémoire collective américaine. Elle soulève des questions sur la capacité à déceler les signes avant-coureurs d’un drame familial, mais aussi sur la manipulation médiatique et les apparences trompeuses.

Et maintenant ?

Plus de huit ans après les faits, l’affaire Chris Watts continue de susciter des débats aux États-Unis. En 2026, des documentaires comme L’Affaire Watts : Chronique d’une tuerie familiale, diffusé sur Netflix, relancent l’intérêt du public. La famille de Shanann, représentée par ses proches en Caroline du Nord, a toujours refusé tout commentaire public, préférant se concentrer sur la mémoire des victimes. Côté judiciaire, aucune nouvelle procédure n’est attendue, la condamnation de Chris Watts étant définitive. La maison de Frederick, lieu du drame, a été vendue en 2020 à un nouveau propriétaire, qui a fait raser les lieux pour effacer toute trace du passé.

Pour autant, l’affaire laisse plusieurs questions en suspens : dans quelle mesure les proches, les amis ou les collègues de Chris Watts auraient-ils pu prévenir le drame ? Comment une relation toxique peut-elle se construire sans que personne ne s’en aperçoive ? Autant de réponses que l’histoire de cette famille, présentée comme idéale, ne fournira jamais.

Selon ses aveux, Chris Watts a assassiné sa femme Shanann après une violente dispute au cours de laquelle il lui a annoncé vouloir mettre fin à leur mariage. Il a ensuite tué ses deux filles avant de se débarrasser de leurs corps. Il a expliqué aux enquêteurs avoir agi pour « permettre à un seul homme de commencer une nouvelle vie », selon les retranscriptions judiciaires.

Oui, lors de ses premières déclarations aux enquêteurs, Chris Watts a prétendu que Shanann avait tué leurs deux filles avant qu’il ne l’étrangle sous le coup de la rage. Cette version, jugée peu crédible par les policiers, a été rapidement abandonnée sous la pression des preuves et de ses mensonges répétés.