Un éducateur sportif de Villeurbanne a été interdit d’exercer pendant six mois après avoir été filmé en train de donner de violents coups de pied à de très jeunes élèves lors d’un cours de MMA, selon RMC Sport. L’arrêté préfectoral, pris ce mercredi 6 mai 2026, s’appuie sur une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux il y a une semaine et ayant suscité une vive polémique.
Ce qu'il faut retenir
- Interdiction de six mois prononcée contre Yom Tidikes, coach de MMA âgé de 34 ans, par un arrêté préfectoral en date du 6 mai 2026.
- La sanction est justifiée par des coups de pied et de poing portés sur des mineurs immobiles, projetant certains à plusieurs mètres.
- La vidéo, devenue virale, montre l’entraîneur frappant les enfants alignés dans une salle, sommés d’écarter les bras.
- L’arrêté précise que ces agissements sont « non conformes à ce qui est attendu d’un éducateur sportif ».
- Le coach assume une méthode d’apprentissage « à la dure », validée selon lui par les parents des enfants.
La vidéo, diffusée il y a une semaine sur les réseaux sociaux, a rapidement circulé et alimenté une controverse autour des méthodes pédagogiques utilisées dans ce club de Villeurbanne. Les images montrent Yom Tidikes, 34 ans, frappant à plusieurs reprises de jeunes élèves avec une force visible. Les enfants, alignés en rang d’oignons, sont contraints de maintenir leurs bras écartés tandis que le coach leur assène des coups au niveau du torse, de l’abdomen et des côtes. Certains enfants, sous le choc, pleurent après avoir été projetés à plusieurs mètres par la violence des impacts.
Dès la diffusion de la vidéo, les réactions ont été vives. Les images ont été partagées des milliers de fois, suscitant des interrogations sur la légitimité des méthodes éducatives en vigueur dans certains clubs sportifs. Le club de MMA concerné n’a pas encore réagi publiquement à cette affaire, et l’entraîneur n’a pas fait de déclaration officielle depuis la publication de la vidéo.
Des méthodes justifiées par le coach, mais condamnées par l’autorité préfectorale
Interrogé par BFM Lyon — qui a pu consulter l’arrêté préfectoral —, Yom Tidikes assume sa méthode d’apprentissage « à la dure ». Selon ses dires, cette approche aurait été validée par les parents des enfants, qui accepteraient cette forme d’encadrement exigeante. Pourtant, l’autorité administrative a estimé que ces pratiques dépassaient les limites acceptables pour un éducateur sportif.
L’arrêté préfectoral, daté du 6 mai 2026, précise que les coups portés sur des mineurs immobiles, ainsi que les projections violentes, constituent une violation grave des principes d’encadrement sportif. Le document souligne que « la force des coups de pied et de poings portés à des pratiquants mineurs immobiles au niveau du torse, de l’abdomen et des côtes, et les projetant à plusieurs mètres » ainsi que « les pleurs de certains enfants engendrés par les coups » sont incompatibles avec la mission d’un éducateur. « Des agissements qui ne sont pas conformes à ce qui est attendu d’un éducateur sportif », conclut l’arrêté.
Un contexte légal strict pour l’encadrement des mineurs en sport
En France, l’encadrement des mineurs dans le cadre sportif est encadré par une réglementation stricte, notamment par le Code du sport. Toute violence physique ou psychologique envers un enfant pratiquant une activité sportive est passible de sanctions disciplinaires, administratives et, le cas échéant, pénales. Les éducateurs sont tenus de respecter un principe de bienveillance et de protection de l’intégrité physique et morale des jeunes pratiquants.
Dans ce dossier, l’arrêté préfectoral s’appuie sur ces dispositions pour justifier la suspension immédiate de l’entraîneur. La décision administrative intervient après une instruction rapide, motivée par l’urgence de protéger les mineurs concernés. Si Yom Tidikes conteste la sanction, il devra en revanche respecter l’interdiction d’exercer pendant six mois, sous peine de poursuites supplémentaires.
Cette affaire rappelle les débats récurrents sur les méthodes éducatives dans le sport, entre exigence de performance et respect de l’intégrité physique des jeunes. Elle intervient alors que plusieurs fédérations sportives renforcent leurs dispositifs de contrôle et de formation des éducateurs sur les questions de protection de l’enfance.
Yom Tidikes pourrait faire l’objet d’une enquête administrative ou pénale si les faits sont jugés suffisamment graves. À l’issue de la suspension de six mois, il devra obtenir une nouvelle validation de ses pratiques pédagogiques pour reprendre son activité, sous peine de voir sa licence définitivement retirée.
Aucune réaction officielle des parents n’a été rapportée à ce stade. Leur position pourrait influencer la suite des procédures, notamment en cas de plainte ou de demande de réparation.