Un exemplaire exceptionnel de la première édition de « Wuthering Heights » d’Emily Brontë, conservé dans sa reliure d’éditeur en toile originale et incluant ses fameuses coquilles typographiques, sera mis aux enchères par Christie’s à Londres le 30 juin 2026. Selon Euronews FR, il s’agit du premier exemplaire de cette édition à être proposé à la vente depuis 1908.

Ce qu'il faut retenir

  • Un exemplaire historique : première édition de 1847, reliure toilée d’origine, l’un des 250 exemplaires imprimés et conservés dans une bibliothèque privée depuis sa parution.
  • Des fautes d’orthographe emblématiques : publication hâtive après le succès de « Jane Eyre », marquée par des erreurs comme l’orthographe erronée de « heights ».
  • Estimation record : entre 400 000 et 600 000 livres sterling (462 000 à 925 000 euros), accompagné d’un exemplaire d’« Agnes Grey » d’Anne Brontë.
  • Un scandale à sa sortie : en 1848, un critique qualifiait le roman de « vulgarité dépravée et d’horreurs contre nature ».
  • Une référence culturelle : l’œuvre a inspiré arts, musique et adaptations, dont le film d’Emerald Fennell avec Margot Robbie et Jacob Elordi en 2026.

Un trésor littéraire oublié des enchères depuis plus d’un siècle

La maison de ventes Christie’s annonce la mise aux enchères d’un exemplaire unique de la première édition de « Wuthering Heights », roman gothique majeur d’Emily Brontë publié en 1847. Selon les informations d’Euronews FR, il s’agit du premier exemplaire en reliure toilée d’origine à être proposé à la vente depuis 1908. Sur les quelque 250 exemplaires imprimés à l’époque, la majorité ont été re-reliés pour des collectionneurs ou des bibliothèques, ce qui rend les exemplaires originaux extrêmement rares.

Cet exemplaire, resté dans une collection privée depuis sa parution, est vendu avec un autre livre d’Anne Brontë, « Agnes Grey », et son prix estimé oscille entre 400 000 et 600 000 livres sterling, soit entre 462 000 et 925 000 euros. Pour Mark Wiltshire, spécialiste des livres et manuscrits chez Christie’s, « l’immense majorité des exemplaires encore en circulation ont été re-reliés, ce qui fait que les exemplaires en toile d’origine sont aujourd’hui extrêmement rares ».

Des coquilles qui font l’histoire de la littérature

La première édition de « Wuthering Heights » est célèbre pour ses erreurs typographiques, nées de la précipitation de son édition. Publié peu après le succès de « Jane Eyre » de Charlotte Brontë, le roman d’Emily Brontë a été imprimé dans l’urgence. Parmi les fautes les plus connues, l’orthographe erronée du mot « heights » revient régulièrement, comme l’a souligné Mark Wiltshire. Ces imperfections en font aujourd’hui un objet de collection recherché, témoignant des aléas de l’édition du XIXe siècle.

À l’époque, le roman avait choqué une partie de la critique. En 1848, un journaliste dénonçait une œuvre marquée par « la vulgarité dépravée et les horreurs contre nature ». Pourtant, malgré cette réception mitigée, « Wuthering Heights » s’est imposé comme une référence incontournable de la littérature mondiale.

D’un scandale littéraire à une icône culturelle

Au fil des décennies, « Wuthering Heights » a dépassé le cadre strict de la littérature pour devenir une œuvre matricielle, inspirant des artistes, des musiciens et des cinéastes. Mark Wiltshire explique que le roman « a dépassé le seul cadre littéraire pour devenir une référence culturelle ». Son atmosphère gothique, sa puissance émotionnelle et son intensité psychologique en font une œuvre constamment revisitée.

Parmi les adaptations récentes, le film d’Emerald Fennell, sorti en 2026 avec Margot Robbie et Jacob Elordi, s’inscrit dans cette lignée. Pourtant, la critique d’Euronews FR était sévère : « Fennell ne parvient pas à pousser jusqu’au bout la soif de désir, le côté camp et l’étrangeté, seulement esquissés à travers quelques choix de décor audacieux. » Le film est qualifié de « nouveau sommet d’ennui », avec une analyse qui pointe un manque de subversion et de sensualité par rapport à la source littéraire.

« C’est une œuvre vers laquelle les artistes reviennent sans cesse, en raison de sa puissance émotionnelle, de son atmosphère et de son intensité psychologique, ce qui lui assure une place non seulement dans l’histoire littéraire, mais aussi dans l’imaginaire culturel au sens large. »
— Mark Wiltshire, spécialiste des livres et manuscrits chez Christie’s

Un marché des livres rares en pleine effervescence

La vente aux enchères du 30 juin s’inscrit dans un contexte où les livres anciens et les premières éditions attirent de plus en plus de collectionneurs. Les exemplaires conservés dans leur état d’origine, sans re-reliure, sont particulièrement recherchés. Pour Christie’s, cette vente représente une opportunité rare de proposer un objet historique, à la fois littéraire et matériel.

Les estimations pour ce type de pièces varient considérablement, mais les premières éditions des Brontë figurent parmi les plus prisées. En 2019, un exemplaire de « Jane Eyre » en édition originale s’était vendu pour plus de 100 000 livres sterling. Avec « Wuthering Heights », Christie’s mise sur un engouement similaire, voire supérieur, en raison de l’état exceptionnel de l’exemplaire et de son histoire.

Et maintenant ?

La vente du 30 juin à Londres pourrait marquer un nouveau record pour une première édition des Brontë, si l’estimation de 600 000 livres sterling est dépassée. Les collectionneurs et bibliophiles auront l’occasion de se disputer un morceau d’histoire littéraire, tandis que les amateurs d’Emily Brontë pourront, pour certains, découvrir enfin un exemplaire d’origine. Reste à voir si cette vente suscitera un regain d’intérêt pour les autres éditions rares des sœurs Brontë.

Les prochaines enchères chez Christie’s, prévues en automne 2026, pourraient également mettre en lumière d’autres trésors littéraires, confirmant l’attrait persistant pour les ouvrages du XIXe siècle.

La majorité des exemplaires de la première édition de « Wuthering Heights » ont été re-reliés au fil du temps pour des collectionneurs ou des bibliothèques. Seuls quelques-uns ont conservé leur reliure originale en toile d’éditeur, ce qui en fait des pièces exceptionnelles. Selon Christie’s, moins d’une dizaine d’exemplaires en état d’origine sont encore répertoriés dans le monde.

Christie’s et d’autres maisons de ventes proposent régulièrement des éditions originales des Brontë. En 2024, un exemplaire de « The Tenant of Wildfell Hall » d’Anne Brontë s’était vendu pour environ 50 000 livres sterling. Les œuvres de Charlotte Brontë, comme « Shirley » ou « Villette », sont également mises aux enchères, mais moins fréquemment que « Jane Eyre » ou « Wuthering Heights ».