Un trentenaire a été arrêté mercredi 13 mai par des agents fédéraux près de Seattle pour avoir lancé une pierre sur « Lani », un phoque moine d’Hawaï, une espèce en danger critique d’extinction, selon BMF - International.
Ce qu'il faut retenir
- Un homme de 38 ans, originaire de Covington (Washington), a été arrêté pour avoir jeté une pierre sur un phoque moine nommé « Lani » le 5 mai 2026 au large de Maui.
- La vidéo du geste, montrant l’homme visant et lançant une pierre de la taille d’une noix de coco, a provoqué une vague d’indignation à Hawaï.
- L’animal, bien connu des habitants, avait déjà survécu aux incendies dévastateurs de 2023 dans l’archipel, rappelle Richard Bissen, maire de Maui.
- L’accusé risque jusqu’à un an de prison et une amende pouvant atteindre 50 000 dollars pour maltraitance d’une espèce protégée.
- Le phoque moine d’Hawaï, l’une des espèces les plus menacées au monde, ne compte plus que 1 600 individus à l’état sauvage.
Une arrestation près de Seattle après un geste filmé et diffusé
L’homme, identifié comme un résident de Covington, dans l’État de Washington, a été interpellé mercredi par des agents du Fish and Wildlife Service américain. Son arrestation fait suite à la diffusion d’une vidéo montrant l’incident du 5 mai au large de l’île de Maui, selon les procureurs fédéraux cités par BMF - International.
Sur les images, on distingue l’individu tenir une pierre d’une main avant de la lancer en direction du phoque. La pierre, décrite comme une noix de coco par un témoin, a frôlé la tête de l’animal, provoquant un changement immédiat de son comportement. Interpellé par un passant, l’homme aurait répondu avec indifférence : « Qu’il s’en fiche et qu’il est assez riche pour payer n’importe quelle amende », rapportent les autorités.
Des accusations graves sous plusieurs chefs d’inculpation
L’accusé fait face à deux chefs d’accusation : maltraitance et tentative de maltraitance d’un animal protégé, en vertu de deux lois fédérales. D’une part, il encourt une peine maximale d’un an de prison et une amende de 50 000 dollars (environ 42 800 euros) au titre de la Endangered Species Act, qui protège les espèces en danger. D’autre part, il risque 20 000 dollars (environ 17 100 euros) d’amende pour violation de la Marine Mammal Protection Act, qui interdit toute atteinte aux mammifères marins.
La comparution de l’accusé est prévue ce jeudi 14 mai devant le tribunal fédéral de Seattle. Les procureurs n’ont pas encore précisé s’il pourrait bénéficier d’une libération sous caution en attendant son procès.
Un symbole de résilience pour les Hawaïens, victime d’un acte de violence gratuit
Le phoque moine d’Hawaï, surnommé « Lani » par les locaux, était devenu un symbole d’espoir après les incendies meurtriers de 2023. Ces feux, parmi les plus dévastateurs de l’histoire récente de l’archipel, avaient causé la mort de dizaines de personnes et détruit une partie importante de l’écosystème. Le retour de l’animal, comme d’autres espèces, avait été perçu comme un signe de récupération naturelle, explique Richard Bissen, maire de Maui.
— « Le retour de Lani après les incendies a apporté un sentiment d’apaisement et d’espoir en cette période difficile », a-t-il déclaré. Ce geste de violence envers un animal déjà si fragile frappe d’autant plus les habitants, pour qui ce phoque représentait bien plus qu’une simple espèce menacée.
Un contexte écologique et juridique déjà tendu
Le phoque moine d’Hawaï, l’une des six espèces de phoques les plus rares au monde, est classé en danger critique d’extinction par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Selon les dernières estimations, seulement 1 600 individus peuplent encore les côtes de l’archipel, où ils sont protégés par des lois strictes depuis des décennies.
Les infractions à ces réglementations, bien que rares, sont prises très au sérieux par les autorités américaines. En 2024, plusieurs cas de harcèlement ou de perturbation d’espèces protégées avaient déjà donné lieu à des poursuites, avec des amendes allant jusqu’à 25 000 dollars. Cette affaire pourrait donc s’inscrire dans la continuité des efforts fédéraux pour préserver les écosystèmes marins, d’autant plus fragilisés par le changement climatique et la dégradation des habitats.
L’affaire rappelle également les enjeux de sensibilisation autour des espèces menacées, alors que les écosystèmes hawaïens restent sous pression. Les autorités locales et fédérales pourraient renforcer les campagnes de prévention auprès des touristes et des résidents, tout en maintenant une répression ferme contre les actes de violence envers la faune.
Le phoque moine d’Hawaï (Neomonachus schauinslandi) est menacé par la perte de son habitat, les collisions avec des bateaux, les maladies et les perturbations humaines. Sa population, estimée à seulement 1 600 individus, est particulièrement vulnérable aux changements climatiques, qui réduisent ses zones de reproduction et de repos.
Les peines peuvent aller jusqu’à un an de prison et 50 000 dollars d’amende pour une infraction à l’Endangered Species Act, selon la gravité des actes. En cas de mort ou de blessure grave à un animal protégé, les peines peuvent être alourdies, avec des amendes pouvant dépasser 100 000 dollars et plusieurs années d’emprisonnement.