Comme le rapporte Top Santé, le Dr William Li, spécialiste reconnu en nutrition et président de l’Angiogenesis Foundation, met en lumière l’impact de certains aliments sur la progression du cancer de la thyroïde. Selon ses travaux, ces derniers pourraient influencer un processus biologique clé : l’angiogenèse, mécanisme naturel de formation de nouveaux vaisseaux sanguins souvent détourné par les tumeurs pour croître. Une piste thérapeutique complémentaire, mais qui ne saurait remplacer les traitements conventionnels.

Ce qu'il faut retenir

  • Le Dr William Li, expert en nutrition et président de l’Angiogenesis Foundation, a partagé ses conclusions sur le rôle de l’alimentation dans la modulation de l’angiogenèse liée au cancer de la thyroïde.
  • L’angiogenèse, processus de création de nouveaux vaisseaux sanguins, est un mécanisme exploité par les tumeurs pour se développer et métastaser.
  • Certains aliments, dont un thé spécifique, pourraient ralentir cette prolifération vasculaire tumorale, selon les observations du médecin.
  • Ces résultats s’inscrivent dans une approche nutritionnelle complémentaire, mais ne constituent pas une alternative aux traitements oncologiques classiques.

L’angiogenèse, un levier potentiel contre la progression tumorale

Le cancer de la thyroïde, bien que souvent de bon pronostic lorsqu’il est détecté tôt, peut dans certains cas évoluer vers des formes agressives. D’après le Dr Li, la clé réside dans la capacité à limiter l’angiogenèse, un phénomène par lequel les tumeurs stimulent la croissance de vaisseaux sanguins pour s’alimenter en oxygène et en nutriments. « En agissant sur ce processus, on peut potentiellement freiner la progression des cellules cancéreuses », a-t-il expliqué à Top Santé. Ses recherches, publiées ces dernières années, suggèrent que certains composés alimentaires pourraient moduler cette activité biologique.

Le thé, un allié méconnu dans la prévention ?

Parmi les aliments cités par le Dr William Li, un thé se distingue particulièrement. Riches en polyphénols et en antioxydants, ses feuilles contiendraient des molécules capables d’inhiber partiellement l’angiogenèse tumorale. « Ce thé, consommé régulièrement et dans le cadre d’une alimentation équilibrée, pourrait jouer un rôle de soutien », précise le spécialiste. Toutefois, il insiste sur le fait que ces effets restent à confirmer par des études cliniques plus poussées. Autant dire que l’alimentation seule ne suffirait pas à traiter un cancer avéré.

D’autres aliments sont également mentionnés par le médecin, comme les légumes crucifères (brocoli, chou kale) ou les baies riches en anthocyanes. Leur consommation régulière pourrait, selon lui, contribuer à réduire le risque de développement tumoral ou ralentir son évolution. Pour autant, ces recommandations s’adressent davantage à la prévention qu’au traitement curatif.

Une approche complémentaire, pas un remède miracle

Le Dr Li tient à rappeler que ses conclusions ne doivent pas être interprétées comme une solution miracle contre le cancer de la thyroïde. « Ces aliments peuvent soutenir l’organisme, mais ils ne remplacent en aucun cas les traitements médicaux standards », a-t-il souligné. Ses travaux s’inscrivent dans une démarche de médecine intégrative, où la nutrition joue un rôle adjuvant. Les patients concernés doivent donc consulter leur oncologue avant d’intégrer ces suggestions à leur régime alimentaire.

Cette mise en garde est d’autant plus importante que les mécanismes précis de l’angiogenèse tumorale varient selon les individus. Ce qui fonctionne pour un patient peut ne pas avoir d’effet chez un autre. Les essais cliniques en cours visent justement à affiner ces recommandations pour en tirer des protocoles personnalisés.

Et maintenant ?

Les prochaines étapes pourraient inclure des études cliniques randomisées pour évaluer l’efficacité réelle de ces aliments sur des cohortes de patients atteints de cancer de la thyroïde. Selon les experts du domaine, ces travaux pourraient aboutir d’ici deux à cinq ans, si les financements nécessaires sont alloués. En attendant, le Dr Li encourage une approche prudente : intégrer progressivement ces aliments dans son alimentation, sans pour autant modifier radicalement ses habitudes sans avis médical.

Quant aux patients en rémission, ces conseils nutritionnels pourraient s’avérer utiles pour réduire les risques de récidive. « Une alimentation riche en composés anti-angiogéniques pourrait contribuer à maintenir un environnement défavorable aux cellules cancéreuses résiduelles », a-t-il ajouté. Reste à voir si les futures recommandations officielles intégreront ces données dans leurs protocoles.

Le médecin cite principalement le thé vert, notamment grâce à sa teneur élevée en épigallocatéchine gallate (EGCG), un polyphénol connu pour ses propriétés anti-angiogéniques. Il précise que d’autres variétés, comme le thé matcha, pourraient également présenter des bénéfices similaires.