La rédaction de Nice-Matin a fermement condamné l’agression d’une de ses journalistes, perpétrée mercredi 6 août par le fils d’un propriétaire terrien à Cagnes-sur-Mer. L’élu municipal, Ugo Massi, conseiller municipal délégué à la jeunesse, a bousculé et projeté au sol la professionnelle avant de lui arracher son téléphone, selon les éléments rapportés par le directeur adjoint de la rédaction, Guilhem Ricavy. Ce dernier a immédiatement réagi en publiant un éditorial dans lequel il dénonce un acte « inacceptable » et apporte « tout son soutien » à la victime. « Nous ne pouvons cautionner cette agression », a-t-il affirmé.

Ce qu'il faut retenir

  • Une journaliste de Nice-Matin a été agressée mercredi 6 août à Cagnes-sur-Mer alors qu’elle couvrait un incendie dans une exploitation agricole du Val de Cagne.
  • L’agresseur, Ugo Massi, fils du propriétaire des lieux et conseiller municipal délégué à la jeunesse, l’a bousculée, projetée au sol et lui a arraché son téléphone avant de tenter de se suicider.
  • La journaliste et une riveraine l’accompagnant ont été prises à partie par le propriétaire, avant d’être exfiltrées par ses proches qui leur ont restitué l’appareil. Une plainte a été déposée.
  • Le maire RN de Cagnes-sur-Mer, Bryan Masson, a appelé à « attendre sereinement » les conclusions de la justice, tout en soulignant l’absence d’« élément objectif » sur les faits.
  • Le Parti communiste des Alpes-Maritimes a dénoncé des agissements révélant, selon lui, « le véritable visage de l’extrême droite » au pouvoir.

Une intervention sur un site ravagé par les flammes

Mercredi 6 août, une journaliste de Nice-Matin s’est rendue sur une exploitation agricole située dans le Val de Cagne, à Cagnes-sur-Mer, pour couvrir un incendie qui avait détruit plusieurs serres. Sur place, elle a constaté la présence de carcasses de voitures de luxe incendiées sous certaines serres, ainsi qu’une banderole évoquant une activité de garage. C’est alors qu’elle a été prise à partie par le propriétaire des lieux, accompagné de son fils, Ugo Massi, agriculteur sur l’exploitation et conseiller municipal délégué à la jeunesse.

Selon le récit du directeur de la rédaction, rapporté par Nice-Matin, le fils du propriétaire a ensuite bousculé la journaliste, l’a projetée au sol et lui a arraché son téléphone. Une riveraine engagée dans la vie associative, qui accompagnait la professionnelle, a également été impliquée dans cette altercation. Ce sont finalement des proches de l’élu qui ont permis à la journaliste d’être exfiltrée des lieux et lui ont restitué son appareil.

Une plainte déposée et une réaction immédiate de la rédaction

Le directeur adjoint de Nice-Matin, Guilhem Ricavy, a immédiatement réagi en publiant un éditorial dans lequel il condamne sans réserve l’agression. « La journaliste s’est rendue sur cette exploitation agricole dans le cadre de l’exercice de sa mission d’informer », a-t-il souligné. La rédaction a également décidé d’adresser un courrier au maire de Cagnes-sur-Mer, Bryan Masson, pour lui faire part de son indignation et demander des explications. « Nous ne pouvons cautionner cette agression. La rédaction apporte tout son soutien à la journaliste agressée », a-t-il déclaré.

Les faits, survenus dans un contexte local marqué par un drame ayant touché une famille d’agriculteurs dont l’exploitation a été ravagée par un incendie, soulèvent des questions sur les tensions locales. La direction du quotidien régional a choisi de saisir la justice et de prendre position publiquement, reflétant l’importance accordée à la protection des journalistes dans l’exercice de leur métier.

Le maire de Cagnes-sur-Mer appelle à la prudence judiciaire

Contacté par l’AFP, le maire RN de Cagnes-sur-Mer, Bryan Masson, a indiqué ne disposer « d’aucun élément objectif » sur les faits et appelé à « attendre sereinement » les conclusions de la justice. « Cette affaire intervient au lendemain d’un drame ayant frappé une famille d’agriculteurs, dont l’exploitation a été ravagée par un incendie. Dans un tel contexte, chacun mesure l’émotion que cela peut susciter », a-t-il précisé. Il a également rappelé que les faits « seraient intervenus dans le cadre de l’activité professionnelle de l’intéressé et non dans l’exercice de son mandat d’élu ».

Pour le maire, « la liberté de la presse est une liberté fondamentale. La présomption d’innocence l’est tout autant », a-t-il ajouté, soulignant ainsi l’importance de respecter les principes républicains. Cette position contraste avec les accusations portées par le Parti communiste des Alpes-Maritimes, qui a dénoncé dans un communiqué des agissements révélant « le véritable visage de l’extrême droite lorsqu’elle exerce le pouvoir : celui de la brutalité, de la pression sur les contre-pouvoirs et du mépris des principes républicains ».

Un élu entre la vie et la mort après une tentative de suicide

Dans un rebondissement tragique, Ugo Massi, mis en cause dans cette affaire, est entre la vie et la mort après avoir tenté de se suicider. Selon les informations du Figaro, qui cite le RAID, l’unité d’élite est intervenue pour interpeller le suspect. Le maire de Cagnes-sur-Mer, Éric Ciotti, a qualifié les faits d’« horreur absolue » et a remercié l’intervention du RAID. Ce dernier a confirmé l’interpellation du mis en cause, dont l’état de santé reste critique.

La tentative de suicide de l’élu municipal ajoute une dimension particulièrement sensible à cette affaire, déjà marquée par l’agression d’une journaliste en exercice. Les circonstances exactes de cet acte désespéré restent à éclaircir, tout comme les motivations profondes ayant conduit à l’altercation initiale.

Et maintenant ?

La procédure judiciaire devrait désormais suivre son cours, avec une enquête ouverte pour déterminer les responsabilités de chacun. La plainte déposée par la journaliste agressée sera examinée par les autorités compétentes, tandis que le courrier envoyé par Nice-Matin au maire de Cagnes-sur-Mer pourrait donner lieu à des échanges formels entre la mairie et le quotidien régional. Dans l’immédiat, l’état de santé d’Ugo Massi et les suites judiciaires de cette affaire restent les deux points d’attention majeurs. Une audience préliminaire pourrait intervenir dans les prochaines semaines, selon l’avancée de l’enquête.

Cette affaire rappelle, une fois encore, l’importance de protéger les professionnels de l’information dans l’exercice de leurs missions, surtout dans un contexte local où les tensions peuvent être exacerbées par des drames comme celui ayant frappé une famille d’agriculteurs.

Une plainte a été déposée par la journaliste agressée. Les autorités judiciaires devraient désormais ouvrir une enquête pour établir les faits et déterminer les responsabilités. Une audience préliminaire pourrait intervenir dans les prochaines semaines, en fonction de l’avancée de l’enquête.