Face à l’augmentation des risques d’incendies en Corse, des chercheurs de l’université de Corte ont mis au point une solution innovante pour protéger les habitations. Selon Ouest France, ils ont développé une peinture ignifuge à base de liège local, conçue pour agir « comme un matelas protecteur » contre les flammes. Cette initiative s’appuie sur les ressources naturelles de l’île pour offrir une réponse durable à un enjeu de plus en plus pressant.
Ce qu'il faut retenir
- Des chercheurs de l’université de Corte ont créé une peinture ignifuge à base de liège corse.
- Cette solution vise à protéger les habitations des incendies en formant une barrière isolante.
- Le liège, matériau naturel, est utilisé pour ses propriétés résistantes à la chaleur.
- La Corse, régulièrement touchée par des feux de forêt, constitue un terrain d’expérimentation idéal.
- Cette innovation s’inscrit dans une démarche d’utilisation des ressources locales pour répondre à des défis environnementaux.
Le projet, mené par une équipe pluridisciplinaire, repose sur une idée simple : exploiter les propriétés naturelles du liège. « Le liège est un matériau déjà connu pour sa résistance au feu, mais nous l’avons adapté sous forme de peinture pour faciliter son application sur les bâtiments », explique un membre de l’équipe, cité par Ouest France. Contrairement aux peintures traditionnelles, cette solution ne se contente pas de ralentir la propagation des flammes. Elle crée une couche isolante qui limite la transmission de la chaleur vers les structures.
Les essais réalisés en laboratoire et sur le terrain ont montré des résultats encourageants. Selon les chercheurs, la peinture, appliquée en couche épaisse, pourrait résister jusqu’à plusieurs heures à des températures extrêmes. « On a observé une réduction significative de la chaleur transmise aux murs, ce qui donne plus de temps aux occupants pour évacuer ou aux pompiers pour intervenir », précise l’un des scientifiques. Pour l’instant, les tests portent sur des maisons individuelles, mais les chercheurs envisagent d’étendre la solution à d’autres types de bâtiments.
La Corse, avec ses paysages de maquis et ses étés souvent caniculaires, est particulièrement exposée aux incendies. En 2025, plus de 3 000 hectares de végétation ont été ravagés par les flammes dans l’île, selon les données du service départemental d’incendie et de secours (SDIS). « Face à ce constat, il était essentiel de trouver des solutions locales, à la fois efficaces et respectueuses de l’environnement », souligne un chercheur. La peinture au liège, produite à partir de matières premières disponibles sur place, s’inscrit dans cette logique.
Cette avancée intervient alors que les incendies de forêt deviennent un enjeu majeur en Europe, avec des saisons de feux de plus en plus longues et intenses. En France, selon le ministère de la Transition écologique, près de 6 000 départs de feu ont été recensés en 2025, entraînant la destruction de milliers d’hectares. Dans ce contexte, des solutions comme la peinture au liège pourraient représenter une piste sérieuse pour renforcer la résilience des territoires face à ce phénomène.
Si les résultats se confirment, cette innovation pourrait inspirer d’autres régions confrontées à des risques similaires. D’autres pays méditerranéens, comme l’Espagne ou le Portugal, suivent de près ces avancées, alors que les vagues de chaleur et les sécheresses s’intensifient.
Selon les chercheurs, la peinture au liège est particulièrement adaptée aux incendies de végétation, comme ceux qui ravagent régulièrement la Corse. Cependant, son efficacité peut varier en fonction de l’intensité du feu et de la durée d’exposition. Des tests supplémentaires sont nécessaires pour évaluer sa résistance dans des conditions extrêmes.